Le salut dans la dette et les infrastructures

L'énoncé économique du ministre Bill Morneau nous annonce... (La Presse canadienne, Sean Kilpatrick)

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L'énoncé économique du ministre Bill Morneau nous annonce des déficits annuels de l'ordre de 25 milliards $.

La Presse canadienne, Sean Kilpatrick

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CHRONIQUE / C'est un pari audacieux, pour ne pas dire téméraire qu'a pris le gouvernement Trudeau en relançant le pays dans les déficits et en misant sur les grands travaux d'infrastructures pour stimuler l'économie. Tous ceux et celles qui ont en mémoire les années de Pierre Trudeau et de Brian Mulroney savent à quel point la spirale des déficits a fait mal dans les années 80 et 90. De récession en récession, les ministres des Finances étaient incapables de reprendre le contrôle et de revenir à l'équilibre budgétaire. On y est finalement parvenu sous Jean Chrétien et Paul Martin grâce à une longue période de croissance économique, mais également sur le dos des provinces en coupant dans les transferts fédéraux.

Les déficits du gouvernement fédéral sont passés à plus de 40 milliards $ par année sous Brian Mulroney. C'était énorme. L'énoncé économique du ministre Bill Morneau nous annonce des déficits annuels de l'ordre de 25 milliards $. C'est moins inquiétant parce que le poids de la dette est toujours mesuré par rapport au Produit intérieur brut qui est plus élevé qu'il y a 25 ans. Le ratio actuel d'environ 30 % de la dette par rapport au PIB ne devrait pas augmenter si tout va bien. On pourrait comparer cela à la situation d'un individu : sa capacité d'emprunter est directement liée aux revenus. Tant que la personne garde son emploi et son salaire, tout va bien. Mais si elle perd son emploi et doit travailler à un salaire moins élevé, ça ne va plus.

Le pari du gouvernement Trudeau ne tient pas compte de la possibilité d'une autre récession. Si le budget du gouvernement fédéral est en déficit cette année, c'est parce que la croissance de l'économie est au ralenti. Imaginez la situation s'il fallait composer avec une récession, ce qui n'est pas du tout impossible.

Tout comme le Québec, le fédéral mise sur les travaux d'infrastructures pour stimuler l'économie. On a fait gros cas, mardi, de l'ajout de 81 milliards dans ces investissements d'ici 2027-2028. Compte tenu des programmes existants, c'est plus de 180 milliards $ qui seraient investis à ce chapitre par Ottawa au cours des 12 prochaines années. Cela peut sembler énorme, mais cela fait quand même seulement 15 milliards $ par année pour l'ensemble des 12 provinces et territoires. Le Québec à lui seul prévoit investir 89 milliards $ dans ses infrastructures d'ici 2027.

Tout le monde convient que ces dépenses d'infrastructures répondront à des besoins criants dans bien des cas. Et les économistes s'entendent pour dire que le moment est propice à de tels emprunts, en raison de la faiblesse des taux d'intérêt. Mais il reste que ce sont des emprunts qui s'ajoutent à la dette et qu'il faudra bien rembourser un jour. 

C'est là où l'énoncé économique du ministre Morneau est surprenant : aucun plan de retour à l'équilibre budgétaire...

Et c'est là aussi que se situe le pari audacieux et téméraire du gouvernement Trudeau. Un pari basé sur la relance de l'économie, à un moment où tout le monde convient que les cycles normaux de l'économie nous retourneront inévitablement en récession un de ces jours. Il ne faudrait pas que ce jour soit trop tôt...

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