Des «appels de courtoisie» de la SQ?

Le débat que vient de lancer Jean-François Lisée... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Le débat que vient de lancer Jean-François Lisée fait suite à la plainte déposée par Alice Paquet contre Gerry Sklavounos, et à celle du whip du Parti québécois au PLQ concernant un comportement déplacé du député à l'endroit d'une attachée politique des péquistes.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) CHRONIQUE / Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, affirme que la Sûreté du Québec (SQ) devrait prévenir le gouvernement lorsqu'un de ses élus ou membres du personnel politique fait l'objet d'une enquête. La déclaration est surprenante. D'autant plus surprenante que, selon lui, la SQ aurait agi de cette manière à trois reprises lorsque le PQ était au pouvoir. Des appels de courtoisie, a-t-il précisé.

Le débat est lancé, mais je doute que ça se rende très loin. D'une part, parce que la police n'admettra jamais avoir agi ainsi sous les gouvernements péquistes. Mais plus encore, parce qu'il serait extrêmement dangereux pour les policiers d'aviser le gouvernement lorsqu'ils enquêtent sur un de ses députés ou ministres. Imaginez que l'enquête soit abandonnée faute de preuves, mais qu'elle soit connue du public par la suite. On y verrait tout de suite un cover up.

Il est évident que tous les premiers ministres ou chefs de parti aimeraient être informés lorsqu'un député ou un adjoint fait l'objet d'une enquête. Ça leur permettrait de se protéger, de congédier ou de muter la personne visée avant que n'éclate le scandale. Mais ce serait également tentant de protéger leur député en l'incitant à quitter son poste rapidement...

Le seul moment où une enquête doit être connue du premier ministre, c'est lorsqu'il commande lui-même cette démarche de la police avant la formation de son Conseil des ministres ou l'embauche d'adjoints immédiats. J'ai fait personnellement l'objet d'une telle enquête quand Brian Mulroney m'a invité à devenir son secrétaire de presse, en 1989. Et croyez-moi, l'enquête de la GRC ne portait pas que sur mon honnêteté. On a fouillé dans ma vie privée.

Le débat que vient de lancer Jean-François Lisée fait suite à la plainte déposée par Alice Paquet contre Gerry Sklavounos, et à celle du whip du Parti québécois au PLQ concernant un comportement déplacé du député à l'endroit d'une attachée politique des péquistes. Les deux cas sont différents : la plainte d'Alice Paquet, déposée en mars dernier, n'a pas été suivie d'une enquête parce que la victime présumée n'a pas rappelé la police.

La plainte du whip du PQ soulève des questions : quel suivi lui a-t-on donné du côté libéral? A-t-elle été portée à l'attention de Jean-Marc Fournier qui était chef intérimaire? Ça reste à clarifier.

Les mentalités ont beaucoup évolué sur ces questions. S'il fallait dresser la liste de tous les politiciens à la main baladeuse ou qui ont eu des relations intimes avec des membres de leur personnel dans les années 80 ou 90, on aurait de jolis scandales. Dans le temps, on faisait des blagues sur le sujet. Aujourd'hui, c'est inacceptable. Le premier ministre et les chefs de parti doivent donc être mieux informés des moeurs de leurs élus. Mais ce n'est pas à la police de les prévenir lorsque ces «chauds lapins» font l'objet d'une enquête.

On attendait beaucoup de l'arrivée de Jean-François Lisée à l'Assemblée nationale, mais les histoires d'agression sexuelle et le décès d'une femme membre des Témoins de Jéhovah ont dominé l'actualité politique la semaine dernière. 

Lisée a tenté, la semaine dernière, de faire porter le débat sur l'économie, le sujet préféré de son rival François Legault, et maintes fois commenté par Philippe Couillard. Il est impossible de dire s'il y a eu un gagnant dans ces échanges, mais si c'est le cas, ça n'a pas fait les manchettes. Il pourra se reprendre à compter de mardi, avec la Mise à jour économique et financière du ministre des Finances. Faut-il investir les surplus dans les services ou les réductions d'impôt? Un beau débat pour qui aime l'économie et les finances publiques.

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