La contre-attaque de Normandeau

Nathalie Normandeau a fait son retour à la... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Nathalie Normandeau a fait son retour à la radio de Québec en animant sa première émission mardi, lors de laquelle elle a déchiré sa carte de membre du Parti libéral du Québec.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CHRONIQUE/ Nathalie Normandeau a le sens de la nouvelle : elle savait qu'elle ferait les manchettes en déchirant sa carte de membre du Parti libéral à sa première émission sur les ondes de BLVD 102,1. Elle comptait sur la sympathie de l'auditoire en révélant que les ministres du gouvernement Couillard n'avaient pas été consultés sur la décision des libéraux de «boycotter» son émission.

Mais cette partie de l'émission, c'était de la radio, du spectacle. Ce qui est plus significatif, c'est son attaque en règle contre l'Unité permanente anticorruption (l'UPAC) et son commissaire, Robert Lafrenière.

Je la cite : «Aujourd'hui, je vais vous dire ceci : je n'ai pas commis d'acte criminel. Je n'ai pas fait ce que la poursuite me reproche. La poursuite s'est trompée et je vais le démontrer en cour au cours des prochaines semaines et des prochains mois.»

Jusque-là, ça va : tous les accusés ou presque clament leur innocence. Mais ce qui m'a surpris, c'est qu'elle se lance dans une dénonciation en règle de l'UPAC : «En terminant, j'aimerais vous dire ceci : l'UPAC m'a déclaré la guerre, mais moi, aujourd'hui, je vous dis, je suis prête pour le combat.»

L'UPAC, dans l'esprit de Mme Normandeau, ce ne sont pas les policiers. C'est le commissaire Robert Lafrenière. Ce que l'ancienne ministre entend démontrer, devant les tribunaux, c'est que sa mise en accusation est le résultat d'un jeu politique de la part de M. Lafrenière. Elle fera valoir les circonstances troublantes de son arrestation le 17 mars dernier, la journée même du dépôt du budget par le gouvernement Couillard. «Troublantes», parce que M. Lafrenière était à l'époque en attente de renouvellement de son mandat et que le gouvernement aurait été fort malvenu de lui refuser ce renouvellement après un tel coup de filet de ses policiers. Bref, une game de la police...

Cet argument n'a peut-être pas de valeur juridique devant un tribunal, sauf que l'idée ici est de saper la crédibilité de l'enquête policière et de son arrestation.

Sur le fond, la défense de Nathalie Normandeau reposera essentiellement sur le pouvoir discrétionnaire des ministres du gouvernement. Un ingénieur des Affaires municipales, Yvan Dumont, a révélé devant la commission Charbonneau que l'ex-ministre avait majoré ou forcé l'octroi de subventions dans 32 des 50 dossiers qui ont suivi un cheminement particulier entre 2002 et 2012. Des dossiers intéressant principalement l'Est-du-Québec dont Mme Normandeau avait la responsabilité au cabinet. Or l'exercice du pouvoir discrétionnaire n'est pas un crime, mais il est soumis au principe de la légalité. L'enquête de l'UPAC va-t-elle établir la preuve que la ministre a sciemment utilisé ce pouvoir en retour de financement politique pour le Parti libéral? Il est plus facile de l'affirmer que d'en faire la preuve. Voilà un cas où l'UPAC n'a pas le droit d'échouer si elle tient à sa crédibilité.

*****

Retour au boycottage des libéraux... Mme Normandeau a suffisamment d'expérience en politique pour savoir que la décision aurait été la même si les membres du caucus avaient été consultés. La prudence la plus élémentaire aurait dicté une telle conduite, à tout le moins chez les ministres. Quant aux députés, on conviendra qu'ils ne sont pas souvent sollicités pour expliquer les décisions du gouvernement... Il faut aussi rappeler que les autres partis politiques ont pris la même décision que le PLQ. Au bureau de François Legault, par exemple, on explique que c'est le chef de la CAQ qui a pris la décision spontanément, lorsqu'il a été interrogé sur le sujet par un journaliste. Le caucus n'a pas été consulté.

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