Minable petit «cover up»

Jacques Daoust passe pour un menteur, et on garde... (Archives, La Presse canadienne)

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Jacques Daoust passe pour un menteur, et on garde l'impression que le bureau du premier ministre a tenté de le couvrir malgré tout.

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(Québec) CHRONIQUE / Jacques Daoust n'a pas «autorisé» la vente des actions d'Investissement Québec (IQ) dans RONA, mais il en a été «informé» par son chef de cabinet Pierre Ouellet. Il a donc menti sur ce dernier point.

Voilà où on en est si tout le monde a dit la vérité ce jeudi, devant la commission parlementaire chargée d'élucider cette affaire.

Le ministre, a dit Ouellet, n'était pas d'accord avec l'intention du conseil d'administration d'IQ, mais il aurait déclaré que c'était «la responsabilité» des membres du C. A. et qu'ils «vivront avec les conséquences».

Ouellet soutient par ailleurs qu'il aurait agi autrement si la demande d'avis d'IQ avait mentionné que la résolution du C. A. avait été prise «sous réserve» de l'approbation du ministre. Mais comme ce n'était pas précisé, il n'a pas poussé plus loin sa recherche. C'est ainsi qu'il aurait donné son «OK» à la vente de ces actions, ce qui a laissé au président d'Investissement Québec l'impression qu'il avait une véritable autorisation du ministre.

Que faut-il retenir de tout ça? Si c'est vrai, cet épisode illustre des lacunes graves, pour ne pas dire de l'incompétence, dans les communications entre IQ et le bureau du ministre. Et même plus, une surprenante attitude de la part du ministre qui se serait lavé les mains de la transaction à laquelle il était pourtant opposé.

Le problème, c'est qu'on ne sait toujours pas où se situe la vérité dans cette affaire. La crédibilité de Pierre Ouellet a été sérieusement ébranlée lorsqu'il a soutenu ne pas avoir rétabli les faits lors de sa rencontre avec Jean-Louis Dufresne, le directeur de cabinet de Philippe Couillard, au lendemain du rapport de la vérificatrice générale sur cette affaire. Ce rapport affirmait que le ministre avait été informé de la vente des actions d'IQ dans RONA. Le ministre avait nié cette conclusion. Or, affirme Pierre Ouellet, il n'aurait pas discuté de ce point avec le chef de cabinet de Philippe Couillard lors de leur rencontre sur le sujet. Ça, c'est invraisemblable. Il a été convoqué au bureau du premier ministre parce que la controverse venait d'éclater. Il ne nous fera pas croire que le chef de cabinet du premier ministre ne lui a pas demandé si son ministre disait la vérité. En bon soldat, Ouellet a défendu le bureau du premier ministre. Il a compris son intérêt.

Bref, on n'a toujours pas un portrait complet de qui savait quoi, à quel moment et à quel niveau. Mais Jacques Daoust passe pour un menteur, et on garde l'impression que le bureau du premier ministre a tenté de le couvrir malgré tout, jusqu'au dévoilement des courriels révélant son mensonge.

Ce n'est pas le Watergate, mais tout de même... 

Il aurait été tellement plus simple de dire la vérité dès le départ et de défendre la décision d'Investissement Québec de se départir de ses actions dans RONA.

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