Gilles Lamontagne: respect et reconnaissance

Les élus municipaux se sont succédé pour saluer... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Les élus municipaux se sont succédé pour saluer une dernière fois l'ancien maire de Québec Gilles Lamontagne et transmettre leurs condoléances aux membres de sa famille.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(ZANZIBAR, Tanzanie) CHRONIQUE / Le hasard veut que je sois à l'extérieur du pays la journée des funérailles de Gilles Lamontagne... Ce n'est pas que je sois un assidu de ce genre de cérémonie, sauf lorsqu'il s'agit de mes proches. Mais j'aurais aimé assister aux funérailles de M. Lamontagne par respect. Parce que c'est à son contact que j'ai pris la mesure de la dette énorme que nous avons à l'endroit de ces hommes et de ces femmes qui ont défendu nos libertés au prix de leur santé physique et mentale et souvent de leur vie pendant les deux guerres mondiales.

«Tu ne peux pas comprendre», m'avait dit M. Lamontagne lorsque je lui ai demandé une première fois pourquoi il ne voulait pas raconter sa guerre. Comme bien des anciens militaires, il avait gardé le silence sur ses souffrances, même avec sa famille, m'a raconté son fils Michel. Ce n'est qu'un an plus tard, lorsque je lui ai suggéré de témoigner dans un livre pour aider les soldats de retour de mission en Bosnie et en Afghanistan, qu'il a accepté. C'est ainsi qu'est né Blessures de guerre, un livre qui m'a ouvert les yeux sur un univers totalement inconnu, celui du syndrome du stress post-traumatique. Le problème est encore bien réel, même si le gouvernement canadien a déployé des efforts supplémentaires pour aider ces militaires.

Pour Gilles Lamontagne, il se manifestait de différentes manières. Le simple fait de croiser un grand chien lui ramenait l'image des bergers allemands dans les camps de concentration. Imaginez le reste, les cauchemars, la culpabilité d'avoir survécu tout en voyant d'autres prisonniers trop faibles pour marcher être froidement abattus par leurs gardiens.

J'ai connu M. Lamontagne à Ottawa, lorsqu'il était ministre de la Défense sous Pierre Elliott Trudeau. Je l'ai retrouvé à mon arrivée à Québec, en 1994, et nous avons pris l'habitude de prendre un repas ensemble une fois l'an, de préférence au Continental, où il avait sa table. Pas facile de manger avec «Monsieur le maire» sans se faire déranger...

Et je n'oublierai jamais cette cérémonie de relève de la garde devant l'hôtel de ville, avec des dignitaires et des spectateurs, sous un soleil de plomb. Ça n'en finissait plus, on cherchait l'ombre, mais M. Lamontagne est resté là, bien droit, sans montrer le moindre signe de fatigue. Le vieux soldat en lui était toujours là.

Il avait ses faiblesses, il a fait ses erreurs, mais il mérite le respect. Un grand respect. Ce fut un privilège de le connaître.

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