Fini l'approche rond-de-cuir!

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La ministre de l'Économie Dominique Anglade souhaite une approche beaucoup plus agressive pour stimuler des investissements au Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CHRONIQUE / Dominique Anglade l'admet : elle n'est pas patiente. La ministre de l'Économie du gouvernement Couillard veut une approche beaucoup plus agressive pour attirer ou stimuler des investissements au Québec. La nomination de Monique Leroux à la tête du conseil d'administration d'Investissement Québec envoie un signal très clair.

«On a besoin d'opérer une transformation chez Investissement Québec. Parce que traditionnellement, ç'a été beaucoup plus des gens qui attendent, qui reçoivent un projet, et qui disent : est-ce que ça rentre dans mon programme? Ça ne marche pas!» a expliqué la ministre en entrevue. «Il faut qu'on soit à l'affût, à l'avant-scène, démarchant des projets. Puis quand ça ne rentre pas dans le programme, il faut se demander si le programme est adapté ou si on devrait le changer.»

Mme Anglade réclame donc des changements chez Investissement Québec (IQ). Des changements dans la façon de travailler, dans les ressources, et dans la manière d'évaluer la performance.

«Combien de fois avez-vous vu Investissement Québec cité par les gens comme étant un organisme pour lequel ils ont une perception positive? Si vous cherchez, vous ne le trouverez pas souvent. Il faut que les gens se rendent compte qu'Investissement Québec est là pour les aider et les accompagner. Et on n'a pas cette perception-là.»

Selon elle, il faut en général trois ans pour transformer une organisation. Il faudra donc «mettre le pied sur l'accélérateur. Il faut que ce virage-là se fasse. Il faut se donner le temps, mais une qualité que je n'ai pas, c'est la patience. Je ne suis pas une personne patiente, je ne l'ai jamais été».

Elle veut une démarche proactive avec les gens de l'industrie. «On n'a pas besoin de réinventer la roue, mais on a ce devoir d'ouverture et d'intégration des meilleures pratiques. Est-ce que nos personnes d'Investissement Québec challengent l'équipe qui est devant eux? Est-ce qu'elles sont capables de vraiment les accompagner, de leur dire, "va un peu plus loin dans ta réflexion pour l'innovation"? C'est pour ça qu'on a besoin d'opérer une transformation chez IQ.»

La ministre mise sur trois piliers pour le développement économique : le manufacturier innovant, l'exportation et l'entrepreneuriat. Elle veut une plus grande cohérence entre Investissement Québec, Montréal International, Québec International, et les organismes régionaux. «Ce n'est pas vrai qu'on va compétitionner entre nous.»

Selon elle, il faut établir la liste des 30 entreprises susceptibles d'investir au Québec dans les deux prochaines années. «Il n'y en a pas 4000, il y en a 30. Pourrait-on non seulement faire la liste, envoyer des lettres cosignées par la ministre et dire qu'on est intéressés, mais également envoyer une équipe sur place, faire des task forces qui vont leur dire : vous nous donnez un projet et en dedans de trois semaines, on peut répondre. On a besoin de créer ce niveau d'agilité dans la machine.»

Mme Anglade fait remarquer que l'exportation est également le fait des entreprises étrangères qui viennent s'installer au Québec. Elle signale que la principale question évoquée par ces entreprises, c'est celle de la main-d'oeuvre. Or à ce chapitre, le Québec est dans une position vulnérable : «Avant les années 2010, bon an, mal an, c'est 40 000 personnes entre 15 et 65 ans qui entraient dans la population active. Aujourd'hui, c'est moins 5000 par année. L'enjeu démographique est énorme et il nous frappe de plein fouet. On a bien beau créer des jobs, il faut que les gens soient là pour répondre présents.» D'où l'importance d'offrir dans nos écoles, des formations adaptées aux besoins des entreprises.

Tous les vendredis, Dominique Anglade réunit son équipe avec celle d'Investissement Québec. «Je dis à tout le monde : si vous avez des projets, je veux le savoir. Je passe mes projets un par un. Je veux savoir où on en est.»

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