Bilan de mi-mandat des chefs de l'opposition

Pierre Karl Péladeau connaît mieux ses dossiers, il... (Archives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

Agrandir

Pierre Karl Péladeau connaît mieux ses dossiers, il a apprivoisé les relations avec les journalistes il semble mieux préparé et plus à l'aise pendant la période des questions.

Archives La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Pierre Karl Péladeau a amélioré sa prestation générale à l'Assemblée nationale. Il connaît mieux ses dossiers, il a apprivoisé les relations avec les journalistes, on le sent mieux préparé et plus à l'aise pendant la période des questions. Bref, il fait ses devoirs et il est efficace lorsqu'on parle d'emplois et de maintien des sièges sociaux d'entreprises au Québec. Comme c'est à son parti que l'on doit l'assainissement du financement des partis politiques, il réclame que l'on fasse la lumière sur les finances du Parti libéral dans les années Charest.

Il serait plus convaincant s'il pouvait prêcher par l'exemple dans un passé tout aussi récent que celui de Jean Charest. Difficile d'oublier qu'il n'a pas tenu sa promesse de mettre ses actions de Québecor dans une fiducie sans droit de regard et qu'il a refusé de dévoiler le mandat qu'il a confié à Claude Béland et à deux autres administrateurs pour la garde de ses actions de contrôle de l'entreprise.

Cette semaine, il a mis en doute l'indépendance de la firme Aviseo Conseil, à qui le gouvernement a confié le mandat d'évaluer les retombées économiques d'Énergie Est. Les liens passés entre deux actionnaires de la firme et le directeur de cabinet du ministre Leitão portaient ombrage à l'indépendance de la firme. Le gouvernement a dû annuler le contrat. Mais on aimerait voir le même souci chez M. Péladeau, qui a confié à James A. Woods, l'avocat qui a représenté Québecor dans sa poursuite en diffamation contre Radio-Canada, le mandat de garde de ses actions de Québecor.  Belle garantie d'indépendance... Chaque fois que l'occasion se présente, M. Péladeau déplore les pertes d'emplois. Pourtant, c'est sous sa direction que Québecor a cassé les reins de ses syndicats de journalistes à Montréal et à Québec, et que de nombreux employés ont perdu leur emploi. C'est également sous sa direction que l'entreprise a tenté d'imposer des scabs présumés à la Tribune de la presse de l'Assemblée nationale, contre la volonté du président de la Tribune, Pierre Duchesne, qui est aujourd'hui son directeur de cabinet. Et c'est sous sa direction que Québecor a fait faire la mise en page de ses journaux à Kanata en Ontario. 

M. Péladeau a considérablement amélioré sa prestation en politique, mais son défi demeure de nous faire oublier un peu son passé.

Monsieur Résilience

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) aurait eu mille bonnes raisons d'abandonner la politique et d'aller profiter de la vie que lui autorise sa fortune personnelle. Lorsqu'il a fondé la CAQ, ses anciens amis du Parti québécois (PQ) prédisaient qu'il ne serait pas là très longtemps. L'été dernier, François Legault a continué à perdre ses meilleurs éléments, dont Dominique Anglade. On raconte qu'il avait l'humeur sombre à l'automne. Mais voilà qu'avant les Fêtes, il a perdu du poids et s'est remis au travail. Le sondage CROP de cette semaine a été sa récompense : à l'exception d'une petite baisse en mars, la CAQ est en hausse constante dans les intentions de vote et se retrouve au coude à coude avec le PQ. Plus encore, Legault est sur un pied d'égalité avec Philippe Couillard et Pierre Karl Péladeau lorsqu'on demande aux gens lequel ferait le meilleur premier ministre.

Qu'est-ce qui motive François Legault? L'économie toujours. Après l'échec de son parti à l'élection complémentaire de Chicoutimi, on aurait pu croire que le découragement s'installerait à nouveau. Le dernier CROP vient confirmer que les efforts du chef n'ont pas été inutiles. À ce chapitre, il mérite bien le titre de Monsieur Résilience.

Madame Cohérence

Françoise David a dû se réjouir en voyant le dernier CROP qui accorde 14 % à Québec solidaire (QS) dans les intentions de vote et 18 % chez les francophones. Mais ce n'est pas demain la veille que son parti pourra prétendre au pouvoir. Son plus grand succès n'est pas dans les chiffres, mais dans «l'enracinement» de QS qu'elle dit constater chez les Québécois. Québec solidaire, c'est le parti des bonnes causes, collé sur la réalité de bien des gens, pas seulement des démunis. En dépit des propos parfois excessifs d'Amir Khadir, la formation de Françoise David a gagné le respect et l'écoute de tous les parlementaires, y compris le premier ministre. À ce chapitre, Mme David est demeurée cohérente avec ses objectifs depuis son entrée en politique.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer