Les infirmières et le doc Barrette

Ce n'est pas d'hier que les médecins résistent... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Ce n'est pas d'hier que les médecins résistent aux efforts des infirmières qui veulent une plus grande place dans les soins de première ligne.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CHRONIQUE / À Québec, on l'appelle l'infirmier de la rue. Son nom est Gilles Kègle, et il est louangé par tout le monde pour les soins de fin de vie qu'il apporte aux déshérités et aux clochards du quartier Saint-Roch. Kègle a été honoré par les gouvernements et le milieu universitaire. Les médecins et les hôpitaux entrent régulièrement en contact avec son équipe de bénévoles pour la prise en charge des gens malades ou à risque qui ont besoin de soins, mais que le réseau n'est pas en mesure d'accueillir.

Pourquoi vous parler de ça? Parce que le ministre Gaétan Barrette se montre beaucoup moins ouvert à l'endroit des infirmières. Il refuse de financer une clinique de soins infirmiers dans le même quartier que celui de Kègle, sous prétexte qu'il ne veut pas créer un réseau en parallèle à celui des groupes de médecine familiale, les GMF. 

Ce n'est pas d'hier que les médecins résistent aux efforts des infirmières qui veulent une plus grande place dans les soins de première ligne. La clinique de Saint-Roch est un projet-pilote visant à offrir un meilleur accès à une clientèle démunie qui ne fréquente pas les services réguliers du réseau de la santé ou les fréquente peu. Elle est sous la responsabilité d'une «superinfirmière» qui peut compter au besoin sur la collaboration d'un médecin.

Ce qui dérange le ministre, c'est qu'un deuxième projet de «clinique de proximité» est en train de s'installer à Chénéville dans l'Outaouais québécois. On me dit que le bureau du ministre a appelé les responsables pour leur dire d'oublier ça...

Pourtant, c'est un beau projet que celui des infirmières. A-t-on vraiment besoin de voir un médecin chaque fois qu'on a un petit bobo? Pendant mes vacances d'hiver, je me suis écorché une jambe en faisant de la plongée en apnée. Je craignais une infection et je suis allé voir l'infirmière de l'hôtel, qui m'a traité et rassuré. Je comprends que le ministre Barrette ne veuille pas créer des réseaux parallèles de santé. Mais les clientèles défavorisées comme celle du quartier Saint-Roch à Québec sont souvent démunies devant la lenteur ou la complexité du système de santé. Un accès rapide à une infirmière peut régler bien des petits problèmes, et au besoin accélérer une rencontre avec un médecin pour les cas plus lourds. Même chose dans un milieu rural comme celui de Chénéville dans La Petite-Nation, en Outaouais. 

Il me semble que le ministre Barrette pourrait faire preuve d'un peu plus d'ouverture au changement. Parce que de toute manière, une campagne de collecte de fonds est en cours à Québec pour assurer la survie de la clinique de Saint-Roch qui doit fermer le 1er mai. Et je vous parie que c'est la cause des infirmières qui l'emportera chez les donateurs. Un peu de créativité, docteur Barrette?

L'éthique libérale

Ainsi donc, la commission d'éthique du Parti libéral se penchera sur le sort de Nathalie Normandeau... Cette nouvelle, confirmée par Philippe Couillard, m'a étonné. D'une part à cause de la présomption d'innocence, mais surtout à cause des liens qu'a entretenus le PLQ avec Marc-Yvan Côté malgré son expulsion à vie du Parti libéral du Canada pour son rôle dans le scandale des commandites. Je comprends que le parti de Philippe Couillard se croit différent de celui de Jean Charest. Mais après avoir toléré Marc-Yvan Côté aussi longtemps, les libéraux pourraient se garder une petite gêne avant de lyncher Normandeau et de lui retirer sa carte de membre. On pourrait à tout le moins attendre le dépôt de la preuve.

Ce serait d'autant plus logique que M. Couillard a rejeté, cette semaine, la demande de François Legault de mettre en fiducie 1 million $, soit l'équivalent du financement politique recueilli par Mme Normandeau pendant une décennie. L'argument de Legault est qu'il ne faudrait pas que cet argent présumé «sale» soit utilisé par les libéraux aux prochaines élections. Réponse de Philippe Couillard : «C'est hautement fantaisiste comme scénario, parce qu'il faudrait d'abord démontrer qu'effectivement, des illégalités ont été commises.»

D'accord! Mais si la présomption d'innocence s'applique pour le fric, il me semble qu'elle doit également s'appliquer à l'ancienne ministre.

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