New York, Paris et maintenant Bruxelles...

Des fleurs ont été déposées sur la Place... (AP, Geert Vanden Wijngaert)

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Des fleurs ont été déposées sur la Place de la bourse, à Bruxelles, à la suite du double attentat de mardi.

AP, Geert Vanden Wijngaert

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(Québec) CHRONIQUE / Double attentat à Bruxelles... Tout comme la semaine dernière à Québec, l'actualité détourne les caméras d'un autre budget, à Ottawa cette fois. C'est comme si on voulait nous démontrer une fois de plus à quel point l'instantanéité de l'information sur la planète peut chambarder et même dicter les priorités et les préoccupations de nos gouvernements.

Depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme ne connaît plus de frontières. Les attentats au Bataclan et maintenant à Bruxelles ne sont que des étapes supplémentaires dans cette guerre nouveau genre où s'affrontent la police et des groupes terroristes, par opposition aux conflits conventionnels opposant des militaires. Faut-il se décourager? Ou se résigner?

Mardi matin, mon collègue Simon Boivin m'a fait remarquer qu'en dépit de l'horreur et du sentiment d'impuissance que nous inspirent ces actes de barbarie, le nombre de victimes demeure très petit si on le compare aux 60 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale. C'est vrai. La différence cependant, c'est que les pays et les experts sont sans solution devant ce phénomène, alors que les guerres finissent toujours par finir... 

À certains égards, les guerres conventionnelles sont «régies» par des traités internationaux comme la Convention de Genève. Mais le terrorisme ne respecte rien et ne recule devant rien. Les grands conflits armés se terminent généralement par la victoire d'une partie, ou encore par l'épuisement des deux belligérants. Ce n'est pas le cas de la lutte contre le terrorisme, qui oppose les États à des organisations, des groupuscules ou même des individus isolés qui se cachent parmi la population civile. Les mesures de prévention comme la surveillance des médias sociaux ou l'infiltration des groupes radicaux donnent certains résultats, mais elles ne règlent pas le problème. Hier encore, les experts interrogés par les médias disaient ne pas savoir comment mettre fin au terrorisme, ni même s'il existait des moyens de le faire.

Assis devant le téléviseur, on peut se sentir loin de ces événements, mais nous en subissons également les conséquences. La multiplication des mesures de sécurité dans les aéroports n'est qu'un exemple. Les méthodes de surveillance autorisées par les gouvernements permettent des intrusions dans la vie privée que l'on n'imaginait pas possibles ni acceptables auparavant dans les sociétés démocratiques.

Même nos choix de voyages à l'étranger sont conditionnés par ces actes terroristes. Les conseils aux voyageurs donnés par les gouvernements nous dissuadaient déjà de visiter certains pays à cause de la criminalité ou de la guerre. Le terrorisme international a eu pour effet d'accroître cette liste d'endroits à éviter.

Ira-t-on jusqu'à nous déconseiller de visiter certaines grandes villes européennes comme Paris ou Bruxelles? Ce serait invraisemblable. Mais la peur fera le reste. On sait déjà que le tourisme a diminué à Paris depuis l'attentat au Bataclan. J'y ai passé deux semaines pendant la conférence sur les changements climatiques et je ne me suis jamais senti menacé. Pourtant, on m'a souvent posé la question avant mon départ et à mon retour.

La peur n'a pas de frontières.

Vus de loin, les attentats comme celui d'hier à Bruxelles sèment une inquiétude bien réelle. Contrairement aux Bruxellois pour qui la vie doit continuer chez eux, les touristes ont le choix de leur destination. Tout comme les agences de voyages qui se font plus frileuses devant certaines destinations. Mais en bout de piste, ce sont les voyageurs qui décident. Et dans bien des cas, la peur l'emporte sur le désir de voir et de découvrir.

Lorsqu'on a dit «Je suis Charlie», c'était beaucoup par sympathie pour les victimes. Mais dorénavant, c'est parce que nous sommes tous concernés qu'il faudra dire «Je suis Bruxelles».

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