Deux à zéro pour l'opposition

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Le premier ministre Philippe Couillard a été sur la défensive depuis la reprise des travaux parlementaires.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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(Québec) CHRONIQUE / Anticosti, RONA, Bombardier, Uber, centres jeunesse, financement des CPE, mauvais état des écoles, réforme de l'aide sociale, francisation des immigrants, le gouvernement Couillard a été placé sur la défensive depuis la reprise des travaux parlementaires. Il était grandement temps que l'équipe ministérielle commence à rendre des comptes. Et il était grandement temps que Pierre Karl Péladeau, pour un, se lance dans la mêlée avec un véritable point de presse, mardi, et un deuxième, mercredi matin, pour interpeller Philippe Couillard.

L'opposition n'a pas raison sur tous les points. Mais dans notre régime parlementaire, c'est à elle qu'il incombe de forcer le gouvernement à rendre des comptes. Quand elle est affaiblie ou inefficace, comme l'a été le Parti québécois (PQ) l'automne dernier, c'est la société qui en souffre.

Le gouvernement Couillard a profité des problèmes internes au PQ pour faire passer ses politiques d'austérité. Sa hausse récente dans les intentions de vote n'est pas imputable à la satisfaction des Québécois, mais bien davantage aux faiblesses des partis d'opposition. Ce déséquilibre dans les forces en présence a souvent pour effet de mener à l'arrogance et à la facilité. 

Les réponses de la ministre Lucie Charlebois concernant le retard du gouvernement dans le dossier des centres jeunesse sont un bon exemple. Ce n'est pas vrai que le passé n'est pas pertinent parce qu'on travaille sur l'avenir. Le gouvernement a des comptes à rendre, autant sur le passé que sur le présent et l'avenir. Et ce n'est pas en se disant mère ou grand-mère, comme Mme Charlebois l'a fait mercredi, que l'on rend des comptes à l'opposition officielle.

L'exercice du pouvoir n'est jamais facile. Dans le cas actuel, la «rigueur» budgétaire du gouvernement crée des problèmes et impose des choix douloureux aux acteurs sur le terrain. C'était prévisible. Politiquement, c'est d'autant plus difficile que tout devient prétexte à tenir pour responsable les coupes budgétaires, même quand c'est de la mauvaise gestion qui est en cause. Quand on voit l'Université Concordia accorder une indemnité de 235 000 $ pour obtenir la démission de sa directrice des finances après trois mois de travail, on devine des lacunes incroyables dans la gestion de cette institution. Et près ça, on viendra se plaindre du sous-financement des universités... Même chose d'ailleurs dans cette histoire du centre de désintoxication Mélaric, qui a fait porter sa fermeture sur le dos des coupes budgétaires, alors que l'établissement traînait un déficit d'un quart de millions de dollars à la suite de pratiques administratives douteuses.

Tout ça pour dire qu'on casse toujours du sucre sur le dos des gouvernements, alors que les problèmes sont parfois ailleurs. Mais peu importe où se trouve la faute, c'est au gouvernement qu'il appartient de répondre du passé, du présent, et de l'avenir. Le retour en force du PQ et de la Coalition avenir Québec cette semaine est donc une bonne nouvelle.

Deux points sur Pierre Karl Péladeau : il était beaucoup plus efficace lors de sa conférence de presse de mardi. Un petit conseil cependant : il devrait baisser un peu le niveau de décibels dans ses interventions. Pas besoin de crier pour se faire comprendre. De plus, il doit améliorer son français parlé et la structure de ses phrases s'il ne veut pas se faire comparer un jour à Yves Bolduc. Comme nos professeurs le demandaient, au collège : introduction, développement et conclusion. C'est beaucoup plus efficace.  

On a assisté par ailleurs au retour de Jean-François Lisée cette semaine. Il était là, mais on l'a sorti de son purgatoire. Qu'on l'aime ou non, Lisée est très bon communicateur lorsqu'il s'agit de placer le gouvernement devant ses contradictions ou ses erreurs.

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