Le début d'un temps nouveau?

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Tous les détails de ce remaniement ministériel, y compris le protocole, avaient été planifiés pour démontrer qu'après l'austérité, c'est «le début d'un temps nouveau» qui commence au Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CHRONIQUE / Sam Hamad, l'inventeur de la «roue à trois boutons», remplace l'austère et énigmatique Martin Coiteux au Conseil du trésor... Philippe Couillard n'aurait pu trouver un meilleur signal pour convaincre les Québécois que l'État serait dorénavant plus généreux. Coiteux incarnait parfaitement la mission du Conseil du trésor, qui doit freiner les pressions budgétaires des ministères. Sam Hamad, c'est la gentillesse incarnée.

Tous les détails de ce remaniement ministériel, y compris le protocole, avaient été planifiés pour démontrer qu'après l'austérité, c'est «le début d'un temps nouveau» qui commence au Québec, comme dans la chanson de Stéphane Venne. 

Au lieu de procéder simplement à l'assermentation des nouveaux titulaires, la cérémonie a fait défiler tous les ministres et s'est terminée par la traditionnelle photo de famille d'un nouveau gouvernement. Le cabinet compte plus de femmes qu'auparavant et un plus grand nombre de représentants des communautés ethniques, avec des ministres d'origines haïtienne (Anglade), italienne (de Santis), portugaise (Leitão) et syrienne (Hamad).

Soucieux de ne pas semer la grogne à cause de la nomination de Dominique Anglade, issue de la Coalition avenir Québec, et de Sébastien Proulx, de l'Action démocratique du Québec, M. Couillard a invité deux libéraux bien enracinés, Luc Fortin et Rita de Santis. Ce choix est d'autant plus habile qu'à 33 ans, M. Fortin représente la jeunesse, et Mme de Santis, la communauté italienne.

Ce sera un remaniement «audacieux», nous avaient prévenus les communicateurs libéraux. On nous avait également expliqué que si le premier ministre se lançait dans des changements aussi risqués, c'est justement parce que l'opposition péquiste est affaiblie par les malheurs de son chef. 

***

Ce brassage des cartes comporte quand même des risques : 

> La nomination de Dominique Anglade à l'Économie, dont le gouvernement veut faire sa grande priorité, est un énorme pari. Malgré ses années dans le monde des affaires et une formation universitaire impressionnante, la ministre n'a aucune expérience en politique active.

> M. Couillard envoie un message fort en envoyant Pierre Moreau à l'Éducation, le deuxième poste budgétaire en importance après la Santé. Le ministre a excellé aux Affaires municipales, mais c'est un milieu qu'il connaissait depuis longtemps. L'Éducation, c'est autre chose! Après Yves Bolduc et François Blais, M. Moreau a l'avantage d'être la dernière carte de M. Couillard dans cet univers. Il lui sera plus facile d'obtenir un meilleur financement.

> Martin Coiteux a été d'une grande efficacité au Conseil du trésor. Mais ce docteur en économie internationale, professeur aux HEC pendant une vingtaine d'années, hérite des Affaires municipales et de la Sécurité publique. Ce sont deux univers qui exigent une grande expertise, mais surtout un bon sens des relations publiques et le goût de tisser des liens avec les élus des villes. M. Coiteux y mettra toute son énergie, mais je soupçonne qu'il aurait préféré les Finances. 

Il y a des chanceux dans ce remaniement. Julie Boulet revient au cabinet à cause du désir de M. Couillard de faire une plus grande place aux femmes et aux régions; David Heurtel a sauvé son poste à cause de la Conférence de Paris sur les changements climatiques; Jacques Daoust a obtenu une place aux Transports, où il y a de beaux défis, dont celui de la mobilité durable et de l'électrification; François Blais retourne à l'Emploi et la Solidarité sociale, son champ d'expertise.

Mais il y a aussi deux perdants. Robert Poëti et Jean-Denis Girard ont été évincés pour faire une plus grande place aux femmes. M. Girard s'y attendait, mais pas M. Poëti. C'est cruel, la politique.

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