Ça ne nous regarde pas?

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Ça va mal dans le bureau du chef de l'opposition officielle à Québec. Mais «ça ne vous regarde pas, c'est mon équipe», a lancé Pierre Karl Péladeau aux journalistes, mardi. Drôle de façon de voir les choses!

Le grenouillage et les règlements de comptes dans l'entourage d'un chef politique, c'est souvent le fait d'un mauvais leadership. Quand le coach d'une équipe ne sait pas où il va, les joueurs perdent confiance, et la division éclate au grand jour. Ces situations ne sont pas sans effet sur le travail des parlementaires. Elles sont d'intérêt public. 

Pierre Duchesne, le directeur de cabinet de M. Péladeau, qui est au centre du malaise actuel, faisait lui aussi état de telles situations lorsqu'il était journaliste à Radio-Canada. Les journaux de Québecor ont également rapporté ce grenouillage dans leur édition de lundi. M. Péladeau est donc mal placé pour dire aux journalistes que les problèmes internes de «son» équipe ne les regardent pas. D'abord, il n'est pas le propriétaire de cette équipe. Ce n'est pas de Québecor dont il est question ici. Ensuite, c'est lui qui a nommé Duchesne à ce poste, et c'est lui qui a autorisé les congédiements et les départs au sein de son cabinet. Si Pierre Duchesne est en difficulté à cause de ce remue-ménage interne, M. Péladeau l'est également.

Le chef du Parti québécois a admis, en décembre, qu'il avait encore «des croûtes à manger» dans son nouveau métier. C'est un peu court comme constat. Il n'a pas répondu aux attentes élevées qu'avait le parti à son endroit lorsqu'il a été élu pour succéder à Pauline Marois. On ne compte plus ses déclarations maladroites et ses contradictions depuis qu'il est entré en politique.

  • Novembre 2014, Saint-Jérôme : il affirme que le Bloc québécois «ne sert strictement à rien, sauf à justifier le fédéralisme». Il se rétracte par la suite et fait campagne aux côtés de Gilles Duceppe.
  • Février 2015, Rouyn-Noranda. Il interrompt la présentation en français d'un concert rock en anglais en criant «en français, s'il vous plaît». Il quitte la salle avant la fin du spectacle.
  • Mars 2015, Québec. Il affirme que le Parti québécois perd une circonscription par année à cause de la démographie et de l'immigration. Il s'en excuse par la suite.
  • Août 2015, Rimouski. Il affirme qu'un Québec indépendant devrait récupérer la part des CF-18 qui lui revient. Les CF-18 sont en fin de vie...
  • Novembre 2015, Sherbrooke. Il se dit ouvert à un possible dialogue avec les autochtones sur les frontières du Québec. Le parti publie un communiqué en fin de soirée pour corriger le tir.
  • Décembre 2015, Québec. Il corrige sans ménagement la députée Martine Ouellet devant tous ses collègues parce qu'elle déplorait qu'il participe à la Conférence de Paris sur les changements climatiques, sans avoir une cible précise sur les émissions de gaz à effet de serre. 
  • Janvier 2016, Montréal. Il envoie une mise en demeure à la Coalition avenir Québec parce qu'elle a mis en doute la légalité de son intention de faire un don personnel à son projet d'Institut de la souveraineté.
  • Janvier 2016, Saguenay. Il soutient devant la Chambre de commerce du Saguenay que la formule utilisée par Québecor pour Star Académie pourrait s'appliquer au développement des deuxième et troisième transformations au Québec.

-----

Le Parti québécois a épuisé quatre leaders depuis le début des années 2000. Pierre Karl Péladeau est le cinquième. «On ne peut quand même pas changer de chef aux deux ans», m'explique un député. Cette réaction illustre bien la situation à laquelle le parti est confronté. 

Frustrés de la défaite de Pauline Marois aux mains de Philippe Couillard en 2014, les péquistes ont été séduits par la notoriété et le sens des affaires de PKP. Ils ne peuvent plus revenir en arrière. 

Dans un tel contexte, M. Péladeau ne peut courir le risque de perdre la prochaine élection complémentaire, dont on attend le déclenchement, pour remplacer Stéphane Bédard dans Chicoutimi. S'il fallait que ce château fort péquiste tombe aux mains des libéraux, ce serait aussi douloureux pour le chef du PQ que l'a été la perte de Chauveau pour François Legault.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer