Quand Québec s'invite à Paris...

Il est difficile pour un premier ministre de... (Associated Press, Michel Euler)

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Il est difficile pour un premier ministre de passer ses messages lorsqu'il est à l'étranger... dans le cas de Philippe Couillard, c'est le sujet du pétrole à Anticosti qui le poursuit à la COP21 (on le voit en discussion avec un membre du gouvernement régional italien, dimanche).

Associated Press, Michel Euler

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(Paris) CHRONIQUE / Depuis que Philippe Couillard est arrivé ici avec Pierre Karl Péladeau, François Legault et Manon Massé, il m'a fallu quitter la COP21 pour monter dans la caravane québécoise.

C'est dommage, parce que la politique québécoise dans le contexte de la Conférence de Paris, c'est un peu comme du manger mou pour les journalistes: le premier ministre s'impatiente et dénonce l'exploration à Anticosti? On va chercher la réaction de Péladeau, de Legault, et voilà! Pas besoin de se forcer.

Alors qu'au Bourget, c'est l'inverse. C'est la découverte de la planète, des conférences pointues sur les changements climatiques, des nouvelles technologies, des espoirs et des craintes. C'est souvent complexe: à force d'entendre les pourcentages de réduction des GES avec telle technique agricole, tel effort contre la déforestation, tel ceci ou tel cela, on a l'impression que si on fait l'addition de tous les pourcentages de réductions possibles, on arrivera à 1000%!

Bref, ça réfléchit fort au Bourget, c'est important, et ça explique en partie la saute d'humeur du premier ministre. On nous a expliqué dimanche qu'il avait déjà été interrogé sur Anticosti la semaine dernière, par Céline Galipeau de Radio-Canada. Or c'est une journaliste de la société d'État qui est revenue sur ce sujet samedi. Et contrairement à son ministre Gaétan Barrette, Philippe Couillard n'aime pas avoir à se répéter. Sauf que cette fois-ci, il a haussé le ton à un point tel que le message a une portée beaucoup plus considérable pour l'industrie pétrolière.

Il est difficile pour un premier ministre de passer ses messages lorsqu'il est à l'étranger. Les médias ont besoin de nouvelles et les incidents de parcours sont nombreux.

Exemple: dimanche matin, M. Couillard s'assoit avec des représentants de l'Institut international de développement durable pour une discussion sur les négociations de Paris. Pendant la prise d'images, son interlocuteur Frédéric Gagnon-Lubrun, pensant bien faire, le félicite pour sa clarification de la veille sur Anticosti... Le pauvre homme venait de relancer le sujet tabou de la veille. Les médias ont demandé à le voir. Il est arrivé tout stressé et il a battu en retraite dans le désordre lorsqu'on lui a demandé son opinion sur Anticosti et Énergie-Est.

M. Couillard a donné un autre point de presse dimanche. On n'a pas parlé d'Anticosti, mais on lui a fait dire que le gaz n'est qu'une «mesure de transition» vers une énergie verte, et que son utilisation devra être «réduite» d'ici 2050. Fini le gaz dans 30 ans? Non! a dit M. Couillard. Mais des perspectives à la baisse. C'est ce matin que le ministre Pierre Arcand participe à l'événement de la Chambre de commerce du Montréal métropolitaion intitulé: «Ressources naturelles - projets, enjeux et occasions d'affaires». On lui a suggéré de réviser son discours...

Brian Mulroney avait l'habitude de dire qu'il fallait donner un «gainsburger» par jour aux journalistes sur la route, afin qu'ils puissent justifier leur voyage auprès de leurs patrons sans avoir à fouiller dans les poubelles. Il n'avait pas tort.

***

Retour au Bourget: la COP21, c'est comme une exposition universelle avec des pavillons invitants et des échanges culturels parfois surprenants...

Vendredi, je me suis retrouvé à une conférence à la délégation du Mali. Ils sont accueillants les Maliens, même après l'attentat de Bamako. J'ai engagé la conversation avec mon voisin de droite, un ingénieur, qui m'a appris qu'il avait deux conjointes: une femme et une épouse. C'est quoi la différence? «Avec la première, je suis marié devant la loi, et la deuxième, devant la religion.

- Mais... avec laquelle dormez-vous?

- Deux jours avec l'une, deux jours avec l'autre.

- Deux conjointes... ça doit être épuisant!

- Non, je suis musulman!»

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