«Nos foyers et nos droits...»

Le parlement fédéral, à Ottawa... (Photo Sean Kilpatrick, Archives La Presse Canadienne)

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Le parlement fédéral, à Ottawa

Photo Sean Kilpatrick, Archives La Presse Canadienne

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(Québec) CHRONIQUE / Le titre serait approprié pour une chronique sur le jour du Souvenir. Mais ce n'est pas mon propos de texte, même s'il traite de liberté et de protection des droits.

La semaine dernière, on a appris que les scientifiques et les employés du gouvernement fédéral avaient recouvré leur droit de parler aux journalistes. La nouvelle a fait l'actualité, mais sans plus.

Pourtant ce n'était pas banal : nous vivons dans un monde choyé où l'on tient la liberté et le respect de nos droits pour acquis. Le Canada s'est donné une constitution et une charte des droits qui sont censées garantir le respect de ces droits. Notre hymne national scande que le Canada «protégera nos foyers et nos droits». Mais toutes ces garanties n'ont pas empêché le gouvernement précédent de museler ses fonctionnaires, ses scientifiques et même ses élus.

On a entendu quelques grognements ici et là, quelques protestations de la part des journalistes ou d'organismes internationaux, mais sans plus. Pas de grandes manifestations dans les rues ou de campagnes de dénonciation sur les médias sociaux. C'est un peu comme si les Canadiens avaient jugé que ce comportement politique du gouvernement était passager et ne mettait pas le pays en péril.

Il n'y a rien de plus dangereux, en démocratie, qu'une lente érosion des droits. On s'y fait petit à petit, sans trop se rendre compte de ce qui se passe, jusqu'au jour où on en devient victime.

Avant le gouvernement Harper, il était possible d'appeler un ministère et de demander une séance d'information technique sur un sujet d'actualité. Les fonctionnaires n'étaient pas autorisés à émettre des opinions politiques, mais ils expliquaient la situation. On pouvait obtenir des entrevues avec les ministres. On pouvait interroger librement le premier ministre. Mais petit à petit, ces libertés ont été compromises.

Imaginez un peu le danger d'une telle forme de censure et de contrôle de l'information dans une société supposément libre où il est permis de débattre publiquement des grands enjeux. Accepter une telle situation, c'est ouvrir la porte toute grande à la propagande.

Il y a des risques et des coûts politiques à la libre diffusion de l'information. Mais les coûts de l'ignorance sont pires encore.

Ce qui vient de se passer à Ottawa devrait nous éveiller à une plus grande vigilance collective.

Le sort de Bombardier

On a beaucoup fait état, la semaine dernière, du fait que les ministères économiques du gouvernement Trudeau avaient été donnés à des élus des autres provinces, principalement de l'Ontario. Certains y ont vu un mauvais présage pour l'aide à Bombardier demandée par Québec. Réflexion faite, c'est peut-être l'inverse : il serait délicat pour un ministre québécois au fédéral de se porter au secours de Bombardier. On l'accuserait de privilégier sa province. Alors que pour un ministre ontarien, ce sera très gênant de dire non à Bombardier après l'aide fédérale de plusieurs milliards de dollars accordée à l'industrie automobile de sa province.

Le bouc émissaire

C'est un classique : quand la grogne éclate chez les élus et les militants d'un parti politique, on blâme le directeur des communications ou le directeur de cabinet. Côté communications, on chuchote que «le message ne passe pas». Côté cabinet, on déplore le manque d'organisation, ou l'arrogance à l'endroit des élus et du personnel politique.

Bref, on ne blâme pas le chef, mais c'est tout comme. Pierre Karl Péladeau a raison de dire que les tensions au sein de son caucus sont normales dans un contexte de changement. Mais à travers son directeur de cabinet Pierre Duchesne, qui prend tout le blâme, c'est M. Péladeau qui soulève bien des interrogations au sein du Parti québécois.

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