Une famille pas comme les autres...

Les Trudeau-Grégoire, c'était une jeune famille comme les... (La Presse Canadienne, Adrian Wyld)

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Les Trudeau-Grégoire, c'était une jeune famille comme les autres. Et voilà que la politique vient de les catapulter à la une de l'actualité. Ils sont devenus des superstars. Les Kennedy du nord...

La Presse Canadienne, Adrian Wyld

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(Québec) CHRONIQUE / Ça se passait en janvier 2010. Un séjour de plongée et de repos sur l'île de Roatan, au Honduras. Et voilà que je me retrouve devant la famille Trudeau-Grégoire au complet. Justin, Sophie et la grand-mère qui donne un coup de main à sa fille avec les bébés.

On ne dérange pas les politiciens quand on les croise en vacances. Surtout que Justin, malgré ses bains de foule de la campagne électorale, est d'un naturel plutôt réservé. Moins que son père, mais tout de même.

Inévitablement, on finit par se croiser, et je lui rappelle qu'on a déjà voyagé ensemble au début des années 1980, quand son père l'amenait pendant ses missions officielles à l'étranger. La conversation se termine là avec Justin, mais pas avec sa femme! Sophie Grégoire, c'est tout le contraire. Elle parle à tout le monde, elle nous conseille un resto asiatique dans un village voisin, elle nous explique comment y aller... Je lui ai même ramené un de ses bébés qui avait profité d'un moment d'inattention pour explorer la plage. 

Les Trudeau-Grégoire, c'était une jeune famille comme les autres à l'époque. Et voilà que la politique vient de les catapulter à la une de l'actualité. Ils sont devenus des superstars. Tout le monde voudra les connaître. Les grands médias de la planète vont se ruer pour des entrevues exclusives, des photos, des confidences. Les Kennedy du nord... 

Même si Justin et Sophie s'y préparent depuis quelques années, ça doit donner le vertige de vivre un changement aussi soudain et d'une telle ampleur. Ils sont jeunes... ils s'y feront. Vendredi, Ben Mulroney a publié une lettre dans le Globe and Mail, à l'endroit de Justin. Il y explique que la vie au 24 Sussex, ce n'est pas traumatisant pour les enfants... à la condition qu'ils ressentent constamment l'importance que les parents accordent à leurs moments en famille. Pas de traumatisme donc pour les enfants, mais ce n'est plus une famille comme les autres.

La lune de miel

Le désir de se débarrasser du gouvernement Harper était tel que la lune de miel sera généreuse pour Trudeau. La presse nationale, boudée par Stephen Harper, sera plus clémente. La fonction publique fédérale, en froid avec les conservateurs depuis longtemps, protégera ses nouveaux maîtres politiques. Les premiers ministres des provinces, invités à définir l'avenir avec le pouvoir central, vont également collaborer. Du moins pour un bout de temps.

Mais la lune de miel et les belles intentions ne font qu'un temps en politique. Les attentes à l'endroit de Justin Trudeau étaient basses. Sa victoire l'a placé sur un piédestal. À compter de maintenant, les attentes sont très élevées. Trop élevées. Le capital de sympathie dont il jouit s'épuisera très rapidement si son gouvernement n'est pas à la hauteur. 

La compétence de son entourage et de ses ministres fera la différence entre le succès ou l'échec. Quand Brian Mulroney a pris le pouvoir, il a fait appel à son ami Bernard Roy. C'était une erreur. Roy n'était pas familier avec les rouages de la machine gouvernementale. Le recrutement de Derek Burney, un haut fonctionnaire solide et respecté, a permis de ramener l'ordre au sein du cabinet de Mulroney. Même chose pour Jean Chrétien: l'arrivée de Jean Pelletier dans son bureau a mis fin aux querelles internes et ramené l'efficacité dans son équipe. Qui sera le Jean Pelletier ou le Derek Burney de Justin Trudeau? Le premier ministre n'a pas le droit à l'erreur à ce chapitre. 

Sous Brian Mulroney, l'ancien ministre Gilles Loiselle préparait tellement bien ses dossiers que personne n'avait d'arguments forts à lui opposer pendant les réunions du cabinet. C'est un point à retenir: l'improvisation n'a pas sa place dans ce forum. Les ministres doivent avoir les mêmes exigences de compétence dans le choix de leurs adjoints.

***

 

Les incontournables

Le Québec

Quelle sera la place des Québécois au bureau de Justin Trudeau? Malgré la nomination de six élus du Québec au Conseil des ministres, l'efficacité de ce gouvernement sera sérieusement handicapée si on se contente d'y nommer des francophones de service sans influence. M. Trudeau a beau être un élu du Québec, il sera trop occupé ailleurs pour recevoir et faire traiter adéquatement les dossiers importants de sa province.

Tisser des liens

À moins d'être parfaitement bilingue, la langue est un obstacle à Ottawa. La tentation est de se retrouver entre francophones à la fin de la journée. Or l'influence au sein du cabinet dépend beaucoup des liens de confiance ou d'amitié tissés avec les autres ministres. Il faut faire un effort conscient pour connaître et gagner l'estime des élus des autres provinces. C'est difficile parce que la chimie et les sujets de conversation ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais lorsque arrive l'heure des décisions au cabinet, l'appui des collègues anglophones fait la différence entre l'échec ou la réussite. Le même raisonnement tient pour les simples députés s'ils ont de l'ambition.

Le caucus du Québec

Justin Trudeau n'aura pas de lieutenant du Québec, mais aura-t-il un caucus du Québec? Sous son père, les députés libéraux fédéraux du Québec avaient leur caucus, même s'ils étaient également présents au sein du caucus national. Les réunions de l'aile québécoise, auxquelles participaient les ministres, permettaient de discuter et de décider des gestes à poser concernant les dossiers importants.

L'erreur à éviter

Le danger qui guette les nouveaux élus est de se laisser emprisonner dans la bulle parlementaire à Ottawa et d'oublier qu'ils devront à nouveau se faire élire dans quatre ans. Parlez-en à Denis Coderre ou à Gérard Deltell: la présence dans la circonscription et dans les médias de la région est très importante. Au cours des quatre dernières années, certains députés du Nouveau Parti démocratique élus en 2011 n'ont fait aucun effort pour se faire connaître des journalistes. Quatre ans plus tard, ils étaient encore de parfaits inconnus.

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