L'énigmatique Martin Coiteux...

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Il n'est pas facile de décoder le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, à l'approche du rapport de force qui s'annonce dans les négociations du gouvernement avec ses employés. La semaine dernière, M. Coiteux a rencontré Le Soleil pour livrer un message : le gouvernement serait disposé à bonifier le salaire de milliers de fonctionnaires qui, pour des tâches équivalentes, ne sont pas rémunérés équitablement par rapport à d'autres employés de l'État. Mais comment parvenir à cette équité salariale? C'est moins clair. C'est d'autant plus complexe que le ministre évalue à 28 % le coût réel des demandes syndicales actuelles, si on tient compte des avantages marginaux.

L'autre message qu'a voulu lancer le ministre, c'est qu'il est faux de croire que le gouvernement veut profiter de ces négociations pour réduire le ratio maître-élèves dans le monde de l'enseignement, ou pour faire des économies dans les services à la population.

Le ton général de ces messages porte à croire que M. Coiteux croit toujours à une possibilité d'ententes avec les syndicats. Si c'est le cas, ce serait une excellente nouvelle. Le Québec n'a pas besoin d'une autre saison de grandes manifestations et de perturbations dans les services.

Mais l'optimisme modéré qu'a voulu transmettre le président du Conseil du trésor pourrait également faire partie d'une stratégie visant à préparer le public à l'adoption d'une loi spéciale en cas d'échec des négociations. C'est un classique dans les relations de travail : les parties en présence ont toujours intérêt à faire miroiter la possibilité d'ententes négociées, afin de faire porter le blâme sur l'autre en cas d'échec.

Le renouvellement des conventions collectives des employés de l'État est le plus grand défi du gouvernement Couillard depuis sa prise du pouvoir en avril 2014. Il en va de la santé des finances publiques, dans une période économique mondiale de plus en plus incertaine. Les syndicats savent bien que la marge de manoeuvre est très limitée. Mais après des années de restrictions budgétaires, ils n'ont d'autre choix que de mettre de la pression sur le gouvernement.

La campagne lancée lundi par la Fédération des infirmières du Québec (FIQ) est un bon exemple de ce qui nous attend. Le syndicat ouvre une ligne téléphonique spéciale pendant trois semaines. Il invite le public à dénoncer les situations «inacceptables» dans les services de santé.

La santé, c'est la moitié du budget du Québec. C'est inévitable qu'il y ait des lacunes dans un domaine aussi vaste et complexe. Mais la différence entre ce qui est «inacceptable» et ce qui ne l'est pas reste à définir. Et ce qui est encore moins clair, c'est de quelle façon remédier aux situations véritablement problématiques.

Le poste budgétaire de la santé et des services sociaux était de 20,9 milliards $ en 2005-2006. Dix ans plus tard, il est de 32,8 milliards $. C'est la croissance la plus importante dans les dépenses de l'État, et ce n'est pas nouveau. De 1990 à 2005, le poids des dépenses affectées à la santé et aux services sociaux est passé de 35,8 % à 43 %. Cette année, c'est près de 50 %.

Le vieillissement de la population explique en partie cette croissance, mais ces changements démographiques ne sont pas terminés. Il faut donc trouver d'autres avenues pour maintenir et améliorer nos services de santé. La campagne lancée par la FIQ permettra peut-être d'identifier des lacunes, mais elle ne sera toujours qu'une stratégie syndicale si les éléments de solution qu'elle propose se limitent à une hausse des dépenses.

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