Le rêve et ses aléas

«On ne doit pas attendre des politiciens qu'ils... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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«On ne doit pas attendre des politiciens qu'ils prennent l'initiative des grands changements sociaux», croit Louis Roy, fondateur et pdg d'Optel.

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(Québec) CHRONIQUE / Il a dit ça sans animosité ni amertume, comme si c'était une banale fatalité de la vie.

«Il faut oublier le rêve que les gouvernements font évoluer la société. Les gouvernements sont là pour suivre la direction de la masse».

«Si on veut porter un rêve en politique, il faut ajuster ce rêve avec le rêve de la population».

Le propos m'a étonné. Probablement déçu même. J'ai encore la naïveté d'espérer des élus avec du leadership qui montrent le chemin plutôt que de le suivre.

Lorsque je suis allé voir Louis Roy après sa présentation, l'entrepreneur en a remis.

«On ne doit pas attendre des politiciens qu'ils prennent l'initiative des grands changements sociaux», croit-il. 

Ni leur demander d'avoir le courage d'aller contre l'opinion publique pour forcer des projets.

La pression pour les changements doit d'abord venir des citoyens, plaide M. Roy. Il y voit aussi une responsabilité collective de tous les acteurs publics d'informer et éduquer les citoyens aux conséquences de leurs choix.

«C'est à nous de changer les choses et d'aider les gouvernements à prendre les bonnes décisions; qu'ils se sentent à l'aise de dire non à un troisième lien ou aux élargissements d'autoroutes».

Le pouvoir pour le peuple, par le peuple. C'est le principe même de la démocratie. En théorie, rien à redire.

Louis Roy n'est pas le premier venu. Il est le pdg et le fondateur d'Optel, une entreprise du Parc technologique spécialisée dans l'inspection de produits pharmaceutiques et la traçabilité des dispositifs médicaux. 

Optel compte 1000 employés sur trois continents. Depuis 30 ans, elle se définit comme «socialement responsable», préoccupée par le sort des générations futures, de l'environnement et des communautés où elle est établie. 

Le printemps dernier, M. Roy a été nommé «pdg de l'année Investissement Québec» de l'Association québécoise des technologies (AQT).

Ça ne fait pas de lui un spécialiste des transports, direz-vous, mais j'ai trouvé utile sa contribution à la table ronde du Sommet sur la mobilité durable du RTC, mardi matin.

Sa façon pragmatique de réconcilier les idéaux de société avec les aléas de la démocratie et de l'acceptabilité sociale. M. Roy jette un regard lucide sur les mécanismes qui forgent l'opinion publique et les décisions politiques.

Les citoyens sont influencés par les lobbies favorables à l'auto, analyse-t-il. L'auto leur est présentée comme un «symbole cool», comme jadis la cigarette et la bière. Un symbole de liberté.

Les citoyens sont aussi influencés par un «manque d'information» sur les «vraies conséquences de nos actions; sur les vrais coûts des choses au plan environnemental».

«Notre mode de vie n'est pas viable, croit M. Roy. On est en train de brûler notre environnement à une vitesse astronomique». Malheureusement, les «grands influenceurs n'ont pas cette position-là». 

Il refuse de jeter la pierre aux politiciens qu'il sent «pris en plein milieu... prisonniers». 

Pour «amener un vent de changement», il faut mobiliser «les grandes corporations et les grands acteurs». 

Les citoyens ont aussi une responsabilité, croit-il. Celle de bien s'informer avant de voter, de ne pas écouter juste une chaîne de radio, un journal ou un grand parleur qui se pense scientifique, mais ne l'est pas.

Encore faudrait-il qu'ils le veuillent.

***

Je suis de ceux qui souvent s'impatientent et aimeraient plus de courage des élus pour imposer au besoin des idées qui servent l'intérêt supérieur de la ville ou de la nation, même si cela peut déplaire à court terme. 

J'admire la patience et le souci démocratique de M. Roy, mais je vois aussi un danger à laisser les élus accompagner la parade plutôt que la mener. 

C'est de les voir gouverner sans boussole, selon l'air du temps. D'entretenir les mythes, les préjugés, les idées reçues et les fake news, plutôt que de s'appuyer sur la science et le bon sens.




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