Merci, Monsieur Gélinas

Le Festival d'été est aujourd'hui considéré comme l'un... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Festival d'été est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs festivals de musique de la planète.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CHRONIQUE / Daniel Gélinas aura mené le Festival d'eté au-delà de ce Québec pouvait imaginer même dans ses moments plus fous.

Au-delà de ce que lui-même imaginait lorsqu'il en a pris les commandes à l'hiver 2002.

Ce petit festival, né il y a cinquante ans d'un désir de reproduire à Québec l'esprit et l'ouverture au monde d'Expo 67, est aujourd'hui consacré parmi les meilleurs festivals de musique sur la planète.

On reconnaît sa grande stabilité financière, son pouvoir d'attraction sur de grandes vedettes, son impact touristique, ses succès de foule et plus encore peut-être, les souvenirs, impérissables, qu'il continue de semer dans la vie de Québec. 

Il faut se souvenir du contexte dans lequel Daniel Gélinas est entré en scène pour mesurer sa contribution.

Au début des années 2000, la ville était morose et le Festival dans un creux de vague, boudé par les jeunes et les radios locales. 

Le nouveau DG (sous l'impulsion du CA) a alors piloté un virage vers une plus grande diversité musicale et de grosses pointures internationales. 

Les résultats n'ont pas tardé. Le Festival a depuis atteint des sommets de ventes, d'affluence et d'adhésion collective.

On en était encore à célébrer ce succès lorsque sont apparus de nouveaux signaux d'alarme. Économie locale au ralenti, concurrence resserrée; on découvrait aussi que la cohue et l'inconfort des grandes scènes du Festival devenaient un obstacle pour la population vieillissante de Québec. 

Pour la première fois après plusieurs années, le Festival n'a pas vendu tous ses laissez-passer en 2013 et les relations avec les propriétaires de sites étaient difficiles. 

Une nouvelle réflexion s'imposait. Il faudrait de nouveaux efforts, un nouveau virage peut-être pour maintenir le Festival au sommet.

Daniel Gélinas m'avait alors confié qu'il n'était pas certain d'avoir encore l'énergie nécessaire. À 53 ans, il disait ressentir la «lourdeur» de la tâche et une «fatigue accumulée». 

C'est cette année-là qu'il a pris la décision de partir. Il avait alors le sentiment d'avoir atteint tous ses objectifs, d'avoir mené l'événement «exactement» où il l'avait imaginé, avec ses «vedettes sur les Plaines» et sa «grosse programmation».

Quatre années ont ajouté à cette usure et au sentiment d'avoir fait le tour du jardin. 

Si quelque chose doit surprendre aujourd'hui, ce n'est pas que Daniel Gélinas quitte le Festival mais qu'il ne l'ait pas quitté plus tôt. 

Dire que le départ de Daniel Gélinas laisse un grand vide est un euphémisme. Son leadership fort et inspirant en ont fait un acteur majeur de la vie et des succès de Québec de la dernière décennie. 

La personne qui lui succédera devra avoir cette qualité de leadership pour espérer incarner le Festival avec la même crédibilité.

Selon mes informations, la succession ne viendra pas de l'interne, personne n'en ayant exprimé le désir. 

Avant de venir au Festival, M.Gélinas avait touché à tout dans des organisations culturelles plus petites. Maîtriser la logistique des scènes et du spectacle est un atout pour diriger un festival.

Il faut aussi avoir la sensibilité de ce que veut le public et de ce qui peut le surprendre et lui faire plaisir.

Plus essentiel encore, un DG doit maîtriser l'art des budgets, de la gestion de projets et de la planification. 

Il ne lui suffira pas de bien parler, bien paraître ou d'avoir les bonnes relations. Ce n'est pas le genre de poste où on parachute un politicien pour le remercier de ses bons services.

Parlant de politique, la rumeur y a souvent envoyé Daniel Gélinas.

Lui a toujours dit ne pas être intéressé. La politique ne convient pas à sa personnalité, a-t-il fini par croire. 

Il aime pouvoir prendre des décisions qui donnent des résultats rapides et n'aurait pas la patience pour la politique. 

En 2013, il disait ne pas avoir de «plan de carrière». Il se voyait peut-être dans un rôle de gestionnaire public ou de «général en arrière de quelqu'un qui est en front». Il n'avait pas précisé derrière qui. 

J'imagine que ce ne sont pas les offres qui vont manquer maintenant qu'il devient agent libre sans compensation. En ce qui nous concerne, il ne nous reste qu'un mot à lui dire: merci Monsieur Gélinas. Merci pour tout.




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