Quand Lévis arrive en ville

Le projet du maire de Lévis Gilles Lehouillier... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le projet du maire de Lévis Gilles Lehouillier (à droite) permettrait d'extirper des autobus de la congestion et d'améliorer les temps de déplacement.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CHRONIQUE / Quand on part d'aussi loin, tout nouvel effort de la Ville de Lévis pour améliorer son transport en commun est nécessairement le bienvenu.

C'est la meilleure façon de voir ce projet d'ajout de quelques kilomètres de voies réservées sur la route des Rivières (116) et sur Guillaume-Couture dans le secteur de la route du Président-Kennedy.

Cela permettra d'extirper des autobus de la congestion et d'améliorer les temps de déplacement. 

C'est d'ailleurs ce que visent tous les projets d'amélioration de transport en commun, peu importe la ville, le nom, les moyens et l'ampleur qu'on leur donne.

Le nouveau projet du maire Lehouillier est pertinent, mais reste bien modeste en regard du défunt projet de SRB.

Celui-ci était peut-être devenu trop ambitieux lorsque Lévis ne s'est plus contenté d'un SRB qui traverse le fleuve et a voulu étirer le corridor sécurisé (et coûteux) jusqu'au siège de Desjardins.

Le nouveau projet pèche cependant par excès contraire : une grande timidité.

Lévis avance, mais sur la pointe des pieds. Son objectif n'est pas tant d'offrir le meilleur transport en commun possible, mais d'en faire le minimum. 

Juste assez pour avoir bonne conscience et montrer qu'elle améliore les choses. On n'y sent cependant pas de véritable ambition de provoquer un transfert modal vers le transport en commun. Lévis ne se donne d'ailleurs pas de cible à ce sujet.

Dans le document officiel de présentation, le premier item en haut de la liste des «bénéfices» attendus est révélateur : «Minimise les coûts».

On sent que cela reste la principale préoccupation de l'administration Lehouillier : faire du transport en commun au moindre coût possible.

Le scénario des nouvelles voies réservées tient d'ailleurs à la possibilité de les faire payer par le gouvernement. Si cette aide ne vient pas, je ne donne pas cher du projet.

Quant aux autres améliorations projetées (synchronisation des feux, confort aux arrêts, électrification éventuelle des autobus, etc.), elles seront financées par des programmes existants.

*****

Le maire Lehouillier a décrit les voies réservées de son nouveau plan de mobilité durable comme un «pas de géant». Le mot est nettement exagéré. 

Mais il a aussi parlé d'une «opération très chirurgicale, très pointue et sur mesure pour Lévis» ce qui me semble correspondre davantage à la réalité des choses.

Ce projet est en effet sur mesure pour Lévis qui ne veut rien faire qui puisse nuire à l'auto et veut minimiser les sommes consacrées au transport en commun.

C'est un choix politique auquel adhèrent sans doute beaucoup de citoyens de Lévis qui ont l'oreille du maire Lehouillier. Mais ce n'est rien pour faire sortir Lévis du groupe des derniers de classe en transport en commun pour les villes de sa taille.

L'autre grande limite du projet est évidemment l'absence de plan d'interconnexion avec la rive nord. 

Ce n'est pas cette fois la faute du maire Lehouillier, mais de celui de Québec qui boude Lévis depuis l'abandon du SRB. Lévis a amplement de quoi s'occuper pour améliorer la desserte de son propre territoire, mais l'absence d'un lien avec Québec reste une aberration. 

Je le redis, si les deux villes n'arrivent pas à s'entendre, il faudrait envisager de forcer la fusion des deux sociétés de transport.

*****

À l'instar des banlieues qui grandissent, Lévis veut densifier et créer des milieux de vie agréables dans le corridor «structurant» de parcours d'autobus «Lévisien».

On ne peut qu'applaudir à cette vision d'un aménagement durable qui fait un meilleur usage du sol et des services publics existants.

Lévis y a notamment identifié deux «pôles structurants», un à la sortie des ponts (Saint-Romuald) et l'autre à l'est dans le centre-ville traditionnel de Lévis.

On y verra davantage d'édifices en hauteur (10 à 15 étages), de mixité d'usages, de trottoirs larges, de mobilier et de voies cyclables. 

Il restera incongru de retrouver autant de stationnements à ciel ouvert en plein coeur d'un de ces pôles.

Le mégacentre Saint-Romuald est un modèle rigoureusement à l'opposé des qualités d'urbanité que Lévis dit aujourd'hui rechercher pour ce secteur. 

Il semble qu'il faudra faire avec. Lévis ne va pas démolir les grandes surfaces qu'elle a tout fait pour attirer.

Ce ne serait pas la première contradiction de cette municipalité en plein essor qu'on sent tiraillée entre l'ambition d'arriver en ville et la nostalgie de la banlieue rurale.




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