Le fantôme du SRB

La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, s'oppose... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, s'oppose à l'élargissement des autoroutes, mais se défend de vouloir faire la guerre à l'auto.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CHRONIQUE / On se demandait si la salle serait noyautée par la droite-auto qui, des mois durant, a pourfendu le transport en commun en général et le SRB en particulier.

Ce fut tout le contraire. Pas une seule voix contre les autobus ou pour réclamer plus d'autoroutes et un troisième lien. 

Pas d'émotion, d'animosité ou d'impatience. Rien sur la collision attendue entre l'auto et le transport en commun. 

À croire que toute la grogne a fondu avec l'hiver.

Ou alors, les partisans de l'auto sont tellement convaincus que les dés sont pipés d'avance qu'ils ont cru inutile d'aller prendre la parole.

Si c'est le cas, cette première assemblée n'avait rien pour dissiper la perception. On a assisté à un exercice de vente posthume du Service rapide par bus (SRB) autant qu'à une consultation ouverte. 

Toute la première heure a servi à expliquer le projet SRB, ce qui a orienté plusieurs des questions qui ont suivi.

Je continue de regretter que l'administration Labeaume ait attendu d'avoir enterré le SRB avant de commencer à l'expliquer, mais l'exercice reste utile.  

J'ai noté que toutes les réponses aux questions sur le SRB ont été conjuguées au futur et non au conditionnel passé, comme on l'aurait fait si le projet avait vraiment été abandonné. 

On sent que le SRB ou un fantôme proche parent rôde encore dans les cartons de la ville.  

On a vite vu les limites d'une consultation publique qui n'accorde que deux minutes d'intervention par citoyen. 

Ça va alors du coq à l'âne, forcément de façon superficielle, parfois sur les enjeux tout petits ou périphériques.

Il fut (un peu) question des tracés de transport en commun, mais davantage des moyens: monorails suspendus, trains de banlieue, moteur roue, tramway, véhicules articulés, voitures automatisées, etc. Tout y est passé.

Les questions furent parfois pointues. Pourquoi un SRB au centre plutôt que sur les côtés? Avez-vous pensé à des bornes de recharge pour «quadriporteurs»? À des centres d'échange pour vélos électriques? Avez-vous pensé au réseau cyclable? 

Et la neige. Avez-vous pensé à la neige? 

Ah zut! Personne n'avait pensé à la neige. Heureusement que vous étiez là monsieur.

Sans blague, je ne sais pas où va mener cet exercice de consultation. Si la suite va comme la première assemblée, il risque de ne pas y avoir beaucoup d'angles ou d'idées nouvelles, mais attendons voir.

J'ai passé un moment avec Anne Guérette qui souhaitait revenir sur sa vision du transport et de l'aménagement. 

Sur les notes manuscrites posées devant elle, j'ai vu qu'elle avait encerclé deux mots: «volonté politique». Elle y est revenu plusieurs fois pendant l'entretien.

Dans son esprit, c'est ce qui distinguerait le plus une administration de Démocratie Québec de celle du maire Labeaume. 

Pas tant une différence de vision que la détermination à la mettre en oeuvre et un choix de moyens parfois différents. 

Mme Guérette se dit prête à enlever des voies de circulation à l'automobile pour faire de la place au transport en commun, ce que refuse le maire. Cela permettrait de faire passer un tramway en haute-ville plutôt que par le boulevard Charest.

La chef de Démocratie Québec s'oppose à l'élargissement des autoroutes, mais se défend de vouloir faire la guerre à l'auto. Comme le maire, elle rejette les «mesures coercitives». 

Elle n'écarte pas à priori un troisième lien, même si cela peut paraître contradictoire pour un parti qui veut combattre l'étalement urbain. 

Elle croit que la ville doit faire plus pour soutenir des modes de transport actifs et collectifs et inciter des jeunes familles à s'établir à Québec Elle envisage des subventions ou crédits de taxes pour les aider à acheter une maison. D'autres pour les vélos électriques, le covoiturage, les laissez-passer d'autobus pour étudiants et les promoteurs qui construisent dans les axes structurants près des services et du transport en commun.

- Même sur le boulevard Laurier? lui ai-je demandé.

- Même sur Laurier.  

- Prête à subventionner le Phare ? 

Sa réponse fut moins claire. 

Je n'ai pas osé demander à Mme Guérette combien allaient coûter toutes ces subventions. Son parti souhaite ajouter 200 M$ en quatre ans pour améliorer la mobilité et l'aménagement. Mais son parti souhaite aussi baisser les taxes.

Outre le tramway en haute-ville, Démocratie Québec parle de nouveaux liens «croisés» entre le nord et le centre-ville et ferait de Lebourgneuf un pivot du nouveau réseau de transport en commun. Il propose de nouveaux circuits d'écolobus au centre-ville et à proximité des artères commerciales des anciennes banlieues.

Hormis des doutes sur certaines subventions, je n'ai pas vu de grande hérésie dans le plan de Démocratie Québec. 

Il reste cependant beaucoup d'imprécisions encore. Trop pour bien juger de la justesse et de la pertinence de toutes ses suggestions.

Contrairement à l'administration Labeaume, Mme Guérette dit vouloir ramener Lévis à une table commune de transport en commun. Bon point.

C'est une des grandes lacunes de la consultation publique d'ailleurs. On ne cible que le territoire de Québec, comme si la ville évoluait en vase clos.  

Une partie du trafic provient pourtant de la périphérie et de la Rive-Sud. Toute solution sérieuse de transport en commun devra un jour ou l'autre en tenir compte.




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