Shoiry quitte, la crise s'amplifie chez Démocratie Québec

Anne Guérette et Paul Shoiry ensemble lors d'un... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Anne Guérette et Paul Shoiry ensemble lors d'un point de presse de l'opposition, début mars.

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(Québec) CHRONIQUE / Le conseiller municipal Paul Shoiry quitte Démocratie Québec et siégera à partir de lundi comme indépendant.

Ce départ aura l'effet d'une bombe à la veille de la campagne électorale. M. Shoiry était un pilier de ce parti et en fut le chef au lendemain des dernières élections. 

Il envisage maintenant d'être candidat indépendant dans Saint-Louis-Sillery à l'élection de l'automne prochain, bien que sa décision finale ne soit pas prise encore.

Il compte aviser le greffier de la Ville de son nouveau statut lundi. 

Jusqu'à vendredi après-midi, il était pourtant prévu que M. Shoiry soit candidat pour Démocratie Québec. 

L'annonce devait en être faite cette semaine, mais fut repoussée à cause de la crise intestine qui secoue le cabinet de la chef de l'opposition Anne Guérette.

Les choses se sont bousculées en après-midi, vendredi. Constatant les hésitations de M. Shoiry face au leadership de la chef, le président du parti, Me Denis Langlais, l'a poussé à faire un choix. Le conseiller rapporte avoir alors annoncé son départ.

Signe supplémentaire de la profonde division, Mme Guérette a publié quelques minutes plus tard un laconique communiqué de presse. 

Elle y affirme avoir elle-même écarté M.Shoiry pour «divergence de vision et manque de loyauté». Elle annoncera plus tard une nouvelle candidature pour le district où devait se représenter M. Shoiry. 

Jointe par Le Soleil, Mme Guérette n'a pas voulu commenter davantage le départ de M. Shoiry ni la crise de confiance à son cabinet.

Ce n'est pas d'hier qu'il y a des tensions entre Mme Guérette et les autres élus de son parti. M. Shoiry avait d'ailleurs sérieusement songé à partir l'an dernier avant de se raviser. 

Officiellement, il n'avait pas pris parti dans la course à la direction de Démocratie Québec l'automne dernier, mais c'était un secret de Polichinelle qu'il aurait préféré l'élection de François Marchand. 

La bonne performance et le changement de ton de Mme Guérette pendant cette course l'avaient incité à rester et même à envisager une nouvelle candidature. 

Les événements des dernières semaines auront fini par avoir raison de cette volonté. 

Reproches

M. Shoiry reproche à la chef une gestion «éparpillée», un style autoritaire, des «changements de cap» impromptus et son attitude envers les employés du cabinet qui font un «excellent travail», perçoit-il.

Les «mêmes reproches à Mme Guérette qu'elle-même fait au maire Labeaume», observe-t-il. 

Mme Guérette se retrouve désormais seule élue de Démocratie Québec au conseil, le conseiller Yvon Bussières ayant quitté en décembre pour devenir indépendant. Et maintenant M. Shoiry.

Ce dernier départ ne change rien au statut du parti d'opposition puisqu'aucun autre parti n'est actuellement représenté au conseil municipal.

Ce pourrait être différent si MM. Bussières ou Shoiry décidaient de joindre ou créer un autre parti. 

Ce départ ne change rien non plus au budget du cabinet de l'opposition (environ 400 000 $ par an) ni à l'allocation allouée au parti en fonction du pourcentage de votes obtenus aux dernières élections (environ 100 000 $). La seule chose qui change est que M. Shoiry part avec son budget de recherche personnel lui permettant de se faire rembourser jusqu'à 44 000 $ par an environ. 

Le départ de M. Shoiry ne compromet pas à court terme la survie du parti, mais c'est un coup dur dont Démocratie Québec aura du mal à se remettre. Il y incarnait l'expérience de gestion d'une ville, une certaine sagesse et un ton rassurant.

Conflit interne

On sait maintenant que le torchon brûlait depuis quelques semaines au cabinet de la chef de l'opposition. 

Selon nos informations, plusieurs employés avaient signé une lettre dans laquelle ils expriment du mécontentement contre le style de gestion de Mme Guérette. 

Une «rébellion» assez sérieuse pour que Mme Guérette aille chercher conseil auprès du service des ressources humaines de la Ville. M. Shoiry dit avoir perçu ces dernières semaines le désarroi des employés du cabinet, y compris celui de la nouvelle directrice Isabelle Vaillancourt. 

Le conflit portait sur les horaires de travail, la reconnaissance, les changements brusques de direction, etc.    

Ce genre de frictions n'est pas une chose anormale dans un parti politique, particulièrement lors de l'arrivée d'un nouveau chef.

Certains employés partent, d'autres restent. De nouveaux arrivent. Il y a des ajustements à faire et un nouveau modus operandi à trouver.

Cela fait partie d'une certaine routine un peu inévitable. 

Ce qui préoccupe ici, c'est que les critiques à l'endroit du style de Mme Guérette sont les mêmes que celles qui ont ébranlé le parti ces dernières années. 

Outre la gestion de personnel, ses récentes sorties sur le projet de Service rapide par bus (SRB) et sur le patrimoine ont aussi fait l'objet de débats et divisions au sein du parti. 

Annonces reportées

Le climat tourmenté à l'opposition a forcé le report de l'annonce de nouvelles candidatures prévue cette semaine et mine le moral des troupes à l'approche du congrès de la fin mai où Démocratie Québec doit statuer sur son programme électoral. 

Déjà que la préparation des candidatures semble souffrir d'une certaine désorganisation. 

Selon nos informations, un des candidats annoncés a dû revenir au parti demander de l'aide pour réussir à obtenir les 10 signatures de membres requises. 

On peut s'étonner qu'une formalité aussi élémentaire n'ait pas été complétée avant d'annoncer les candidatures.

Ça peut sembler anecdotique, mais c'est aussi un indicateur de l'état des lieux à la veille d'une bataille électorale qui n'aura rien de facile. 

Le départ de Paul Shoiry vient ajouter à l'état de crise. 

Si celle-ci se prolonge (et on voit mal comment elle pourrait s'apaiser subitement), les chances de Démocratie Québec de pouvoir offrir un choix crédible et serein aux citoyens seront compromises.




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