Faut-il changer le système électoral?

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Même si le système de vote préférentiel a ses avantages, il n'est pas parfait. Par exemple, un candidat qui est le premier choix du plus grand nombre risque d'être écarté au final, ce qui heurte nos traditions électorales.

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(Québec) CHRONIQUE / London est devenue cette semaine la première ville en Ontario à adopter un système de «vote préférentiel».

Au moment de voter à l'automne 2018, les citoyens indiqueront par un chiffre leur ordre de préférence parmi les candidats : 1 pour leur premier choix, 2 pour leur second choix et ainsi de suite.

Si aucun candidat n'obtient 50 % des votes, le candidat le plus faible sera éliminé et ses votes redistribués aux autres, jusqu'à ce que quelqu'un obtienne 50 %.

Le vote et le dépouillement s'en trouvent plus compliqués que dans notre système uninominal majoritaire. On évite cependant qu'un maire (ou une mairesse) soit élu avec une minorité des voix.  

C'est vrai aussi des élections provinciales et fédérales où je n'ai plus souvenir de la dernière fois qu'un gouvernement a été élu avec une majorité de voix.

Le PQ a choisi son dernier chef au vote préférentiel et les conservateurs feront de même à la fin du mois.

Ce système reste cependant l'exception pour le choix d'un gouvernement. L'Australie et le Nauru (en Océanie) sont les seuls pays à y recourir. On commence à en parler un peu au Royaume-Uni, et quelques villes des États-Unis (San Francisco, Minneapolis, Oakland, Portland [Maine]) l'ont aussi adopté.  

Le système offre des avantages. 

L'élu est choisi par une majorité de citoyens, ce qui accroît sa légitimité.

Un citoyen peut exprimer ses véritables préférences, ce qui limite le vote stratégique qui nous fait parfois voter contre nature, juste pour bloquer un autre candidat qui nous révulse.

Le système préférentiel favorise les mains tendues et les discours rassembleurs. On cherche à séduire les partisans des autres candidats pour obtenir leur vote de deuxième choix.

Il y a moins de votes «perdus», les partisans d'un candidat marginal pouvant au final avoir leur mot à dire dans le résultat de l'élection.

À la différence d'un système proportionnel, le vote préférentiel ne menace pas la stabilité des gouvernements.

Sauf qu'il n'y a pas de système parfait. Un candidat qui est le premier choix du plus grand nombre risque d'être écarté au final, ce qui heurte nos traditions électorales.

Dans un reportage diffusé l'automne dernier, Radio-Canada a décrit le cas de Burlington au Vermont, qui est passée au vote préférentiel en 2005 pour revenir à l'ancien système en 2010.

Parmi les critiques : la frustration d'avoir vu un maire perçu comme impopulaire être réélu en profitant de la succession des tours de scrutin.

Autre constat : la grande similitude des discours politiques. Les candidats cherchaient à ratisser le plus large possible et à ne déplaire à personne. 

Bon point. Le débat public et la démocratie gagnent en effet à ce qu'il y ait un vrai choix entre des visions et programmes différents.

***

Le vote préférentiel provoquerait une révolution dans les résultats de nos élections provinciales et fédérales.

Les libéraux, malgré l'usure du pouvoir et les scandales à répétition, seront toujours réélus tant que le vote d'opposition sera aussi divisé entre PQ, CAQ et QS.

Un système préférentiel permettrait de sortir de ce cul-de-sac.

Le résultat serait moins concluant sur la scène municipale de Québec. 

Régis Labeaume a gagné ses élections avec 59 % (2007), 80 % (2009) et 74 % (2013). Il aurait gagné, peu importe le système. Comme Jean-Paul L'Allier en 1989 (60 %), en 1993 (65 %) et en 2001 (59 %).

On peut toujours spéculer sur ce qui serait arrivé en 1997 lorsque M. L'Allier n'a eu que 42 % du vote. Comme on peut spéculer sur l'élection de l'ex-mairesse Andrée Boucher en 2005 avec 46 % des voix. 

Un système différent aurait peut-être mené à des résultats différents et changé le cours de l'histoire de Québec. Mais peut-être pas non plus. 

***

Tant que les maires sont élus avec de fortes majorités, il n'y a pas d'ambiguïté ni d'utilité à souhaiter un changement de système électoral.

Ce serait différent le jour où plusieurs candidats se partageraient le vote populaire et que naîtrait un doute sur ce que veut la majorité de citoyens. 

Ce doute existe actuellement au provincial, mais pas (encore) sur la scène municipale de Québec.




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