Le retour de Sam Hamad

Sam Hamad est à nouveau à l'avant-scène, disponible... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Sam Hamad est à nouveau à l'avant-scène, disponible et empressé à commenter les sujets du jour.

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(Québec) CHRONIQUE / Sam Hamad est de retour. Discret pendant les mois qui ont suivi son exclusion du cabinet, le voici à nouveau à l'avant-scène, disponible et empressé à commenter les sujets du jour.

Officiellement, M. Hamad est toujours en pénitence pour ses relations imprudentes avec Marc-Yvan Côté lors de l'octroi d'une subvention à une entreprise de Rivière-du-Loup.

Mais dans les faits, il agit depuis quelques semaines comme s'il était redevenu le ministre de la capitale. Cela agace sans doute des collègues, mais M. Hamad n'a jamais fait dans la dentelle.

Le maire Labeaume souhaite son retour. «Les leaders de la Ville de Québec» aussi, dit-il. L'expérience de Sam Hamad est «irremplaçable».

Même l'opposition semble s'en ennuyer. «M. Blais, je pense, dans la région, n'est pas considéré comme un leader fort», a noté Agnès Maltais (PQ). Éric Caire (CAQ) parle du «fantôme de la Capitale-Nationale».

On s'était demandé quel serait l'impact du départ de M. Hamad pour la région. On a aujourd'hui la réponse. 

Le recul est apparu de façon criante à la création d'un comité consultatif sur l'économie. Sur 27 nommés, pas un seul de la région de Québec. 

Sam Hamad n'aurait jamais laissé passer ça. Le gouvernement s'est depuis ravisé et en a nommé quatre. 

Malgré sa bonne volonté, son affabilité et son ouverture d'esprit, M. Blais tarde à s'imposer. 

Essais-erreurs sur l'autoroute Félix-Leclerc, sur le tramway, sur le troisième lien, etc. Assez que M. Hamad s'est cru légitimé de sortir calmer le débat cacophonique que son successeur contribuait à nourrir.

On ne peut pas demander à un nouveau venu d'avoir la même maîtrise des dossiers que celui qui fut huit ans ministre de la capitale et deux ans le critique officiel de l'opposition.

Il faut du temps pour apprendre et bâtir des réseaux dans sa famille politique et dans la société civile.

Mais il est difficile de changer sa nature.

Les intellectuels (le mot ici n'a rien de péjoratif) comme M. Blais ou le ministre Jean-Yves Duclos à Ottawa ont une approche de «réflexion d'abord».

«Ils se mouillent moins, sont plus analytiques et méthodiques. Ils ont moins d'élans du coeur», observe le professeur Charles Baron, du Département de management de l'Université Laval.

Des leaders ont une approche plus «instinctive», parlent davantage le langage de la rue et savent «mieux improviser». Ceux-là peuvent être «frondeurs» et «mettre le pied à terre».  

Être bon leader, c'est avoir du «flair», être «pratique» et avoir une «intelligence émotionnelle», décrit M. Baron. 

Le leader se lie aux gens et est à l'écoute; il concilie les intérêts du moment, fait des compromis, trouve des alliances, donne un «sens» à ses actions et fait avancer ses causes auprès des autres élus.

Pas besoin de crier fort ou d'être autoritaire. Le leadership vient aussi de gens sans autorité officielle qui savent «faire une différence». 

Cela peut sembler difficile pour un «outsider». Venir de l'extérieur donne cependant plus de liberté et permet de «s'allier différemment», fait valoir M. Baron. Le pape François en est un bel exemple.

***

M. Hamad est un politicien résilient et opiniâtre. Tassé du siège de ministre de la Capitale-Nationale au milieu des années 2000, il est revenu et a fait alors bien meilleure impression. 

D'autres moins coriaces seraient rentrés à la maison le printemps dernier. Pas Sam Hamad, qui s'est mis à espérer une autre nouvelle vie.  

***

Si le seul critère était l'aptitude à se battre pour la capitale, le choix serait facile. Sam Hamad n'est peut-être pas le plus élégant, mais il «livre».

Le problème, c'est que 80 % des francophones perçoivent que le gouvernement Couillard est encore corrompu (Léger Marketing).

Le premier ministre risquera-t-il de ramener un élu dont la «conduite» a été jugée «contraire aux valeurs de convenance, de sagesse et de justice de l'Assemblée nationale» par le Commissaire à l'éthique? 

Aux États-Unis, la crise des régions rurales et des petites villes était telle que des citoyens sont passés par-dessus les pires ignominies en espérant changer la donne.

Le Québec n'en est pas là. 

On peut débattre de la gravité réelle du petit-déjeuner avec Marc-Yvan Côté qui a causé la perte de M. Hamad. 

D'autres (encore en poste) n'ont-ils pas aussi manqué de jugement sur des enjeux éthiques? Beau dilemme pour un prochain remaniement.

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