On se calme!

Céline Dion attirent un grand nombre de spectateurs... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Céline Dion attirent un grand nombre de spectateurs au Centre Vidéotron. Un grande partie d'entre eux prendront le taxi pour rentrer chez eux.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CHRONIQUE / Il y a pire dans la vie d'une ville que d'attendre le taxi un samedi soir d'été au sortir d'un spectacle.

La vigueur des réactions politiques des derniers jours a donné l'impression d'une ville en crise parce que des clients du Centre Vidéotron ont attendu quelques minutes de trop. On se calme.

Il n'est pas plus grave d'attendre un taxi à l'amphithéâtre que de l'attendre en ville un soir de Festival d'été ou de party de bureau du temps des Fêtes.

Ces soirs de grande affluence, on sait en partant qu'on va attendre son taxi, son Nez rouge ou son autobus. On s'y résigne et on n'en fait pas un drame national.

Pourquoi cet affolement pour l'amphithéâtre? L'attente y est peut-être irritante, mais elle ne menace pas la sécurité publique et n'a pas de réelles conséquences.

Cela ne rend pas Québec inéligible à ravoir ses Nordiques, comme s'en est alarmé le maire en fin de semaine.

Attendre après un spectacle n'est pas comme si on allait rater un vol ou un rendez-vous professionnel décisif.

Même le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, s'est senti obligé, sitôt nommé, de promettre que les taxis (à Québec) seraient une de ses priorités.

Est-ce qu'on peut respirer par le nez ? On ne parle pas ici d'une crise sociale, mais de rentrer à la maison à la fin de la soirée.

Cela dit, il est certainement possible d'améliorer le transport et la fluidité de la circulation les soirs de spectacle.

Que ce soit autour de l'amphithéâtre ou ailleurs en ville, car la vie à Québec ne s'arrête pas au Centre Vidéotron, bien que le discours public puisse par moment donner l'impression contraire.

***

L'administration Labeaume et l'industrie du taxi ont convenu le printemps dernier de plusieurs mesures pour «vider» l'amphithéâtre en une heure après les spectacles : disponibilité de 300 voitures de taxi, zones d'attente, feux clignotants, policiers supplémentaires à la circulation, voie réservée sur Hamel, etc.

La Ville a depuis fait ses devoirs, mais les chauffeurs de taxi tardent à faire le leur. Samedi soir dernier, ils n'étaient pas aussi nombreux que promis au Centre Vidéotron.

Plusieurs ont préféré rentrer à la maison après une journée déjà bien remplie, plutôt que de prolonger leur «chiffre» jusqu'à la fin du spectacle.

D'autres chauffeurs rapportent avoir été empêtrés dans la circulation au sortir de l'amphithéâtre, au point de ne pas avoir envie de revenir pour un second voyage.

Le portait des effectifs et des voyages effectués samedi soir reste imprécis, mais ce qui ne fait pas de doute, c'est que ce fut un jour exceptionnellement occupé à Québec.

Le retour à des délais d'attente «normaux» lors du spectacle de dimanche soir suggère que ce samedi fut davantage une exception qu'un drame social chronique.

Faut-il chambouler le système pour ces quelques soirs d'exception? Québec a-t-elle vraiment besoin de Téo, d'Uber ou d'autre sauveur pour vider son amphithéâtre, comme l'évoque le maire? J'en doute.

Je n'ai rien contre l'idée d'une meilleure concurrence pour fouetter le taxi, si celui-ci ne veut pas travailler les soirs où Québec en aurait besoin. Mais il ne faudrait pas créer un problème social plus grave que celui qu'on veut régler. Les règles de permis et de fiscalité doivent s'appliquer à tous de façon équitable. Y compris à Uber.

***

La meilleure réponse reste à mon avis l'amélioration des navettes en attendant le jour (encore lointain) où l'amphithéâtre sera desservi par le Service rapide par bus (SRB).

Le RTC offre actuellement quatre navettes les soirs de spectacle. Le RTC refuse de divulguer les chiffres de fréquentation, mais je suis sûr qu'on pourrait faire mieux avec une meilleure promotion et une offre plus complète (p. ex. : plateau de Montcalm-Sillery-Sainte-Foy).

Le jour où il sera plus simple d'aller à l'amphithéâtre (ou ailleurs) en transport en commun plutôt qu'en auto, on parlera moins du manque de taxi les soirs de spectacle.

Je rentre des îles de la Madeleine où, les jours de grands événements (concours de châteaux de sable, course de petits bateaux), on offre des navettes efficaces vers les sites d'activité. Je ne peux pas croire qu'on ne soit pas capable de faire pareil en ville.

***

L'amphithéâtre devait servir de levier à la relance du quartier voisin. Ce n'est pas arrivé encore, mais ces choses-là prennent souvent du temps.

On peut penser que le jour où on trouvera des restos, cafés ou bars visibles en sortant de l'amphithéâtre, on sera moins pressé ou frustré d'attendre le taxi sur le trottoir.

On traversera la rue et on ira y étirer la soirée le temps que passe le trafic et que se libèrent les taxis. Comme les soirs de festival sur la Grande Allée.

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