Attention: créatures en liberté

Régis Labeaume et Philippe Couillard ont officialisé mercredi... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Régis Labeaume et Philippe Couillard ont officialisé mercredi l'entente qui confèrera un statut de capitale nationale à la Ville de Québec.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) CHRONIQUE / «Fini le temps des créatures», s'est félicité le premier ministre Couillard sous l'oeil attendri du maire Labeaume.

C'était fête au village mercredi pour célébrer les nouveaux pouvoirs de la capitale. Les grands acteurs locaux y étaient, Université Laval, CCN, Lévis, Aéroport, milieux d'affaires, ce qui est inhabituel et révélateur. 

Il y a dans ce projet de loi sur la capitale un symbole et une direction claire qui méritent d'être soulignés.

Québec et d'autres villes vont gagner en autonomie. Reste à voir ce que les citoyens y gagneront. Ou y perdront. 

Plus de pouvoirs n'est pas bien ou mal en soi. Cela dépend de ce qu'on en fait et de la façon dont on l'exerce.

Ceux qui aiment le maire Labeaume se réjouiront qu'il obtienne plus de pouvoirs. Ceux qui le craignent ou l'exècrent y verront de nouveaux motifs d'inquiétude. Surtout que le projet de loi donne plus de pouvoirs à la ville centrale et au comité exécutif.

Les premiers articles de la loi feront facilement l'unanimité. Pour la première fois, un gouvernement fait de Québec le «lieu privilégié et prioritaire» de la diplomatie, des grandes rencontres politiques et des négociations publiques.

Je note qu'on n'a pas écrit «lieu exclusif», ce qui ouvre la porte aux glissements. Reste que le gouvernement s'impose une pression pour tenir les activités officielles dans la capitale. C'est une bonne nouvelle pour l'économie locale.

L'élément le plus spectaculaire et plus controversé de cette loi est l'abandon du «droit» au référendum. Pour plusieurs, c'était un rempart démocratique contre les abus possibles d'autorité.

Il n'y a eu qu'une poignée de référendums à Québec depuis les fusions, mais de savoir la chose possible était vu comme une sécurité.

Le maire L'Allier, héros de la démocratie locale, en était pourtant venu à croire que ce droit au référendum ne servait pas toujours l'intérêt collectif. 

Un petit nombre de citoyens pouvaient bloquer un projet intéressant pour la collectivité. Mieux valait, croyait M. Lallier, consulter davantage les citoyens en amont des projets afin de les bonifier, plutôt que d'envoyer projets et citoyens sur le champ de bataille d'un référendum.

Dans l'euphorie du moment, les élus, le maire de Québec en tête, se sont beaucoup réjouis de l'abandon de ces référendums. 

J'aurais aimé qu'ils mettent autant d'enthousiasme à promettre d'améliorer l'information et de faire participer davantage les citoyens à l'atterrissage des projets. La qualité de la vie démocratique en dépendra.

Québec s'apprête à obtenir des pouvoirs accrus mais beaucoup reste à faire.

Plusieurs des compétences revendiquées par la Ville (logement social, accueil des immigrants, itinérance, contrôles en environnement, relations de travail, etc.) n'ont pas même été abordées dans le projet de loi.

Il faudra négocier des transferts fiscaux ou financiers pour que la ville puisse assumer ces responsabilités nouvelles. 

On va vite trouver qu'il est plus difficile de discuter d'argent que de consentir à des allègements réglementaires. 

Le projet de loi accorde à Québec un «pouvoir général de taxation». Les mots peuvent inquiéter. La liste des taxes interdites est cependant assez longue pour rassurer. 

Dans les faits, l'administration Labeaume pense s'en servir pour taxer les terrains vacants du centre-ville utilisés en stationnement. Une bonne façon de forcer la main aux propriétaires qui tardent à construire.

Imposer de nouvelles taxes a un prix politique. Je vois mal que la Ville s'y risque. Elle n'utilise d'ailleurs pas son droit de percevoir une taxe sur l'essence pour ne pas en porter l'odieux.

Bien qu'elle gagne en liberté, Québec demeurera une «créature» du gouvernement du Québec, le statut des villes n'étant toujours pas reconnu dans la Constitution.

Ce qui change, c'est que la créature aura plus long de corde, pourra rentrer plus tard le soir sans demander de permission et touchera un peu plus d'argent de poche. Beaucoup d'ados n'en demandent pas plus.

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