Québec et Lévis pressent le pas

Les maires Régis Labeaume et Gilles Lehouillier aimeraient... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Les maires Régis Labeaume et Gilles Lehouillier aimeraient devancer l'échéance de 2022 pour le premier tronçon du SRB.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) CHRONIQUE / Les villes de Québec et de Lévis souhaitent accélérer le projet de service rapide par bus (SRB).

Elles visent désormais la mise en service d'un premier tronçon d'une vingtaine de kilomètres en 2022, et avant si possible.

J'y vois un changement significatif. Lors de l'annonce initiale en 2015, on parlait d'étaler les travaux dans le temps et de les éparpiller pour atténuer le dérangement.

Le ministre de la région, Sam Hamad, évoquait alors un horizon de 10 à 15 ans pour compléter le réseau, ce qui nous menait au-delà de 2025.

On parle maintenant de livrer d'un coup un premier tronçon.

À moins d'empêchements techniques, la logique voudrait qu'on commence par relier le pôle d'affaires du chemin du Sault à Lévis au centre-ville de Québec.

Les maires Régis Labeaume et Gilles Lehouillier aimeraient devancer l'échéance de 2022 pour ce premier tronçon.

Reste à voir si c'est possible et, surtout, si le gouvernement accepterait de décaisser l'argent requis à un rythme plus rapide.

Lors de l'élargissement de l'autoroute Henri-IV, les premiers travaux ont été réalisés plus vite que prévu, mais l'argent n'était pas disponible pour enchaîner avec la suite.

Il est tentant de voir un lien entre l'accélération du SRB et le projet de la Caisse de dépôt et placement du Québec de livrer d'ici 2020 un train électrique pour Montréal.

Les maires s'en défendent et rappellent que les projets sont différents. Il est plus «invasif» et compliqué d'insérer des voies réservées dans les quartiers construits de Québec et de Lévis que d'utiliser des corridors ferroviaires existant à Montréal.

Sans doute, mais je suis certain que le projet de Montréal a ajouté une pression pour livrer un premier morceau du SRB de Québec.

***

Le pdg Michael Sabia et les maires de Québec et de Lévis disent garder une porte ouverte à une éventuelle participation de la Caisse de dépôt.

Ce scénario me semble cependant de moins en moins probable. Pour plusieurs raisons :

Depuis le début, le maire Labeaume doute que la Caisse puisse rentabiliser un projet de SRB à Québec. Ce n'est pas ce qu'on dit quand on veut attirer un partenaire.

La Caisse dit prioriser le projet de Montréal, ce qui mobilisera son énergie pendant quelques années. Un projet à Québec ne pourrait venir qu'après, ce qui reporterait l'échéance du SRB au moment où les maires veulent la devancer.

Il est probable que la Caisse voudrait mener les choses à sa manière et selon ses critères. À Montréal, elle prévoit récupérer l'achalandage du train de banlieue de Deux-Montagnes en y faisant passer le futur train électrique. Cet achalandage aidera à rentabiliser le projet.

En suivant cette logique, la Caisse voudrait sans doute faire passer un SRB à la Haute-Ville pour récupérer l'achalandage des Métrobus dans le corridor achalandé Université Laval - Colline parlementaire.

Or le maire de Québec continue d'exclure ce tracé pour des raisons idéologiques. Il préfère que le SRB serve à développer et à densifier le boulevard Charest, plutôt qu'à améliorer les déplacements sur les lignes Métrobus de la Haute-Ville.

Les maires de Québec et de Lévis ont confirmé qu'ils envisagent d'exproprier des terrains autour des futurs pôles d'échanges du SRB.

Ils y voient un moyen de mieux contrôler le développement autour de ces pôles, dans l'éventualité où ils ne pourraient s'entendre avec les propriétaires actuels des terrains.

Le cas échéant, les villes revendront ces terrains à leurs conditions et idéalement avec profits.

Les villes empocheront aussi tous les revenus de taxes générés par le développement autour des pôles de correspondance.

C'est ici que le bât blesse. À Montréal, la Caisse mise sur la captation de la «plus-value» foncière dans les corridors du train pour rentabiliser son projet.

Cela signifie que les villes traversées par le train ne toucheront pas aux taxes de cette «plus-value». On ne le dit pas comme ça, mais ce sera une forme de contribution des villes au projet de train électrique.

Je comprends que Québec et Lévis souhaitent empocher elles-mêmes cette plus-value foncière. Ce faisant, les gouvernements paieraient la totalité de la facture du SRB.

***

Je ne veux pas présumer des décisions futures des uns et des autres, mais tout cela suggère qu'on ne verra pas la Caisse de dépôt et placement dans le projet de Québec-Lévis.

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