Où est passé l'esprit de Lillehammer?

Lillehammer, en Norvège, a accueilli les Jeux olympiques... (Photothèque Le Soleil)

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Lillehammer, en Norvège, a accueilli les Jeux olympiques d'hiver en 1994.

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Des JO à Québec ?

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Des JO à Québec ?

Le maire de Québec jure qu'il n'est pas en mode olympique. N'empêche, il a visité le Comité international olympique... Alors, il y aura des JO à Québec ? »

(Québec) CHRONIQUE / «Si des Jeux peuvent être présentés dans un trou comme ici [Lillehammer], c'est à croire que Québec ne peut pas offrir les Jeux.»

La déclaration de Marcel Aubut, alors au C. A. du comité de candidature de Québec 2002, avait provoqué un malaise. Il y avait là toute la délicatesse du «bully» de la Grande Allée.

Lillehammer, petite ville de 20 000 habitants à 200 km d'Oslo, est depuis devenue «la» référence des Olympiques d'hiver.

Qualité d'organisation, proximité des sites, ferveur du public, convivialité d'un petit centre-ville magnifiant «l'esprit olympique».

Pour le Québec, ce furent les Jeux de la fierté, avec 9 des 13 médailles canadiennes, dont l'or à Myriam Bédard (2) et Jean-Luc Brassard.

Étrange ironie que le jour même où Lillehammer revient dans l'actualité, un de ses héros, M. Brassard, quitte la mission olympique canadienne, mal à l'aise avec l'attitude du Comité olympique canadien envers Marcel Aubut.

De passage au Comité international olympique (CIO), le maire Labeaume a rappelé la «chaleur et l'aspect festif de Lillehammer».

On partage tous sa nostalgie. Sauf peut-être Pierre Foglia pour qui Lillehammer a consacré la dérive vers le sport-spectacle avec le ski acrobatique et le patinage courte piste. Mais c'est là un autre débat.

Penser pouvoir recréer l'esprit de Lillehammer à Québec en 2026 tient de l'utopie.

La sécurité rendrait impossibles la spontanéité et le climat bon enfant de l'époque.

Près de 100 000 policiers ont été mobilisés à Sotchi. Il n'y aurait pas la même menace terroriste tchétchène à Québec, mais ce serait plus lourd qu'à Lillehammer : clôtures, portillons de contrôle, uniformes, limitations de circulation, etc.

Les Jeux de 1994 avaient réuni 1800 athlètes de 67 pays pour 61 épreuves couvertes par 8000 journalistes.

Ceux de 2014, près de 3000 athlètes de 90 pays pour 98 épreuves épiées par 13 000 journalistes. Un bond de 66 %. Rien n'indique que ça va ralentir. L'idée de Jeux modestes semble devenue inaccessible.

***

Le président des Jeux de Lillehammer, Gerhard Heiberg, avait été «surpris» lors de sa visite à Québec en 1995. «Je croyais que l'esprit de Lillehammer n'existait qu'à Lillehammer.»

M. Heiberg, qui siège au CIO, pensait alors que cet «esprit» pouvait faire la différence pour 2002.

Plusieurs autres membres du CIO que j'avais interviewés pensaient de même.

«J'imagine très bien la fête le soir en ville dans le centre restreint, comme pendant le carnaval», avait noté Denis Oswald (Suisse).

«C'est aussi bon qu'à Lillehammer», disait Kaltschmitt Lujan (Guatémala) en vantant la «saveur» de Québec. 

On connaît la suite : 7 votes pour Québec, loin derrière Salt Lake City (54), Sion (14) et Ostersund (14).

Salt Lake City avait au départ une avance insurmontable. Tant par ses équipements sportifs que dans les cadeaux aux membres du CIO.

L'esprit olympique a été célébré cette année-là dans la ville des mormons et ses bars sans alcool. Au diable Lillehammer.

***

Le maire Labeaume croit que les Jeux vont changer avec l'ouverture à des candidatures conjointes.

Il est vrai que ça peut susciter de l'intérêt. On évoque des partenariats possibles pour 2026 : Auckland et Queensland (Nouvelle-Zélande) avec Melbourne (Australie); aussi, la Suède avec la Norvège.

C'est beau en théorie. Ça reste à voir le jour venu.

Entre une candidature éclatée en deux ou trois villes et une autre avec village d'athlètes unique près des sites, je parie que le CIO choisit ce second scénario.

Le succès d'une candidature conjointe de Québec dépendra toujours de la force des candidatures concurrentes. 

***

Le maire L'Allier était rentré de Lillehammer en 1994 convaincu que «l'éclatement d'un site» nuit à une candidature. Il croyait que tout devait se passer dans un «périmètre vivable» à une heure au maximum du centre.

Vingt ans plus tard, le maire Labeaume rentre du CIO convaincu du contraire : le salut olympique de Québec passe par une candidature éclatée, croit-il. Possible, mais on s'éloigne de l'esprit de Lillehammer.

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