L'antichambre du pouvoir

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Le promoteur Michel Dallaire

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(Québec) CHRONIQUE / L'homme d'affaires Michel Dallaire n'a rien d'un bum corporatif insouciant de sa communauté.

Au contraire, la liste des honneurs pour son engagement social ne cesse de s'allonger.

L'Académie des Grands Québécois dans quelques jours, l'an dernier, l'Ordre national du Québec; en 2013, la Médaille du jubilé de la reine et cette même année, la Médaille de la Ville de Québec.

L'administration Labeaume avait alors voulu saluer sa «contribution exceptionnelle au développement de la ville» et son «action philanthropique remarquable». 

Je pourrais continuer ainsi à décliner la liste. 

Avec les années, on s'est mis à voir M.Dallaire aux mêmes tribunes que le maire, aux C. A. des mêmes oeuvres et campagnes de financement : Centraide, CHUQ, etc.

Lorsque le maire a besoin de partenaires privés pour des projets sociaux (ex. : Maison Dauphine), le maire cogne à la porte de Michel Dallaire, comme à celle d'autres mécènes.

Lorsque le maire a voulu un projet phare à l'entrée de la ville, il s'est tourné vers M. Dallaire. Et lorsque celui-ci a voulu un dézonage agricole pour un projet aux Soeurs de la Charité dans Beauport, le maire a bruyamment endossé sa demande.

Il s'est ainsi tissé une proximité où s'entremêlent les intérêts de la Ville, de la communauté et du privé. Chacun y trouve son compte, mais cela n'autorise pas à ignorer les lois.

La semonce du Commissaire au lobbyisme contre le Groupe Dallaire n'est pas un accident de parcours. 

On parle de sept communications auprès d'employés de la Ville entre 2012 et 2014. 

Pendant que la Ville terminait un processus public de consultation sur le PPU du plateau de Sainte-Foy, le promoteur menait en coulisse des discussions parallèles. 

La Loi sur le lobbyisme vise à informer le public sur l'identité de ceux qui cherchent à influencer les administrateurs publics. 

Dans ce cas-ci, il n'était pas connu que Dallaire intervenait à la Ville dès 2012 sur un projet qui ne fut rendu public qu'en 2015. 

Que le maire Labeaume en ait été ou pas le véritable instigateur ne change pas la loi.

Le Groupe Dallaire avait aussi pris des libertés pour le projet Crans à Lévis pour lequel il a été blâmé par le Commissaire et poursuivi pour pratique illégale du lobbyisme. Le jugement est attendu en mai 2016.

L'automne dernier, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a établi que le Groupe Dallaire avait contrevenu à la loi en construisant sans autorisation un chemin sur les terres des Soeurs de la Charité.

Il y a une limite à pouvoir toujours plaider la bonne foi. 

***

Il n'est pas anodin de rappeler qu'à l'été 2012, le Groupe Dallaire a embauché pendant trois mois le directeur du service d'urbanisme de Lévis, Robert Cooke, pendant un congé sans solde au bout duquel celui-ci est retourné à la Ville. 

Le syndic de l'Ordre des urbanistes ne lui en avait pas fait reproche, mais l'avait invité à la prudence pour éviter les conflits d'intérêts. On lui a demandé de se tenir loin des dossiers du Groupe Dallaire pendant deux ans.

À Québec, le Groupe Dallaire a recruté l'an dernier, pour le projet du Phare, la firme d'ingénieurs de l'ex-vice-président du comité exécutif de la Ville François Picard. 

M. Picard avait à l'époque piloté le PPU de Sainte-Foy et était encore à la Ville lorsque le projet du Phare fut lancé. 

Ces embauches n'ont rien d'illégal. Mais elles démontrent toute l'habileté du Groupe Dallaire à se faire bien conseiller sur les enjeux municipaux soulevés par ses projets.

***

Le Commissaire au lobbyisme a mis plus d'un an avant qu'aboutisse son enquête sur Le Phare et le Groupe Dallaire. Enquête qu'il avait pris soin de rendre publique dès le départ.

Laisser traîner le nom d'une cible dans le public avant d'avoir fait enquête pose un problème évident dans le cas où on ne trouverait rien. Le maire Labeaume a eu raison de dénoncer cette pratique qui devrait être revue.

On peut par ailleurs déplorer qu'aucune sanction ou plainte au criminel ne sera retenue contre le Groupe Dallaire pour Le Phare, le délai légal étant passé.

Ou bien le Commissaire ne travaille pas assez vite, ou bien sa loi est trop contraignante sur les délais, mais il y a quelque chose qui ne marche pas.

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