Nourrir la bête olympique

Au lendemain des Jeux de Sotchi, le CIO... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Au lendemain des Jeux de Sotchi, le CIO avait adopté 40 mesures pour renforcer le  mouvement olympique, dont une ouverture à des candidatures communes pour réduire les coûts.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Après avoir peiné tout l'hiver à déneiger ses rues, Québec ouvre la porte à une nouvelle candidature olympique. Parler de Jeux d'hiver, de tremplins et de bosses aidera peut-être à faire oublier la glace et les nids-de-poule.

J'avoue ne pas l'avoir vu venir, mais je commence à mieux comprendre pourquoi le maire est devenu tout à coup moins pressé de démolir le vieux Colisée.

Depuis l'ouverture de l'amphithéâtre, on sent que la Ville n'a pas trouvé encore le prochain grand projet rassembleur. 

À part le retour des Nordiques, mais la Ville n'y peut plus rien. Elle a livré tout ce qu'elle pouvait faire. La suite lui échappe, comme la valeur du dollar et les ronds de jambe de Las Vegas.

À défaut de Nordiques, Québec pourrait faire un peu de millage olympique avec la bénédiction du gouvernement du Québec.

Et même si les Nordiques devaient arriver plus vite qu'on le pense, il faudra toujours quelque chose pour nourrir la bête et se projeter dans l'avenir.

Il est ironique que le réveil de l'idée olympique survienne tout juste après la sortie de piste de celui qui l'aura incarnée avec le plus de vigueur, Marcel Aubut. Comme si son départ avait ouvert les portes plutôt que les fermer.

Mais n'allons pas trop vite. Québec n'a pas pris de décision, et l'argument des coûts prohibitifs tient toujours.

Il y a un an encore, le maire Régis Labeaume constatait que «l'ère de la démesure n'est pas terminée». Il a raison. 

Au lendemain de Sotchi (2014), le Comité international olympique (CIO) a adopté 40 mesures pour renforcer le mouvement olympique, dont une ouverture à des candidatures communes pour réduire les coûts.

Bien. Cela suscitera peut-être plus de candidatures et ajoutera au suspens sur le choix des villes. Mais ce n'est pas une garantie de Jeux plus modestes. 

Cette modestie dépendra de la volonté du CIO. Pour ma part, j'en doute. Il faudrait un gros changement de culture que nous n'avons pas vu encore. 

***

Avant de partir pour Lausanne écouter ce que le CIO a à lui dire, le maire Labeaume a posé quatre conditions à une éventuelle candidature : acceptabilité sociale; soutien des gouvernements; respect du cadre financier de la ville; et chances réelles de gagner.

Ce n'est rien de nouveau. Ces mêmes conditions ont prévalu lors des candidatures précédentes. Québec avait d'ailleurs choisi de ne pas être candidate pour 2006 parce qu'elle ne croyait pas avoir de chance de gagner. 

Le maire ne place pas la barre très haut avec ces conditions. Il la place là où elle a toujours été.    

***

Il y a un an, le maire de Québec avait montré peu d'intérêt pour une candidature commune avec Lake Placid. Je ne vois pas ce qui rendrait ce partenariat plus intéressant aujourd'hui. 

Il en faudra davantage pour infléchir la réflexion de la Ville. Le contexte y est cependant favorable. 

Le CIO est mal pris. Les villes ne se bousculent plus aux portes des Jeux d'hiver. Dans la course pour 2022, toutes les candidates européennes se sont désistées. Il n'est resté que Pékin (Chine) et Alma-Ata (Kazakhstan). 

Après Pyeongchang (2018) et Tokyo (2020), le CIO aurait certainement préféré ne pas devoir retourner une troisième fois de suite en Asie.

Jusqu'où le CIO est-il prêt à assouplir les règles pour susciter de meilleures candidatures? 

Accepterait-il une épreuve de descente en deux manches plutôt qu'une seule plus longue, pour qualifier le Massif de Petite-Rivière-Saint-François? 

Pourrait-il renoncer à des épreuves «marginales»et coûteuses comme le bobsleigh? Ce sont des questions que la Ville de Québec pourrait vouloir poser au CIO. 

***

On peut imaginer des Jeux d'hiver qui coûteraient moins cher en équipements sportifs et en infrastructures publiques de transport, de logement, de routes, etc. Il suffirait de réduire les exigences techniques, le nombre d'épreuves ou de choisir des villes mieux préparées.

Il est cependant difficile d'imaginer des Jeux qui puissent coûter moins cher en sécurité.  

Avec tous ces attentats terroristes, c'est le contraire qui risque d'arriver. Rien pour aider à dégonfler la facture des Olympiques.

***

Une nouvelle candidature aux Jeux d'hiver peut-elle servir de levier à Québec pour faire débloquer (et financer) de grands projets qui tardent à débloquer? 

Anneau de glace couvert, service rapide par bus, train à grande fréquence vers Montréal et l'Ontario, etc. Peut-être bien.

Cet effet de levier était recherché lors des candidatures olympiques précédentes. Ce n'est certainement pas moins vrai maintenant qu'il y a à Ottawa un gouvernement enthousiaste à l'idée d'investir.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer