Ce quelque chose qui cloche

Le 26 février, à la suite de la... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le 26 février, à la suite de la baisse du mercure en dessous du point de congélation, la sloche s'était transformée en glace.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) CHRONIQUE / Ce soir du 24 février, on savait tous que ça pressait de sortir pelleter nos allées et dégager nos portes.

La neige venait de tourner en pluie. La sloche était lourde et le gel s'en venait. C'était ce soir-là qu'il fallait sortir. Après, il serait trop tard et on serait pris dans la glace jusqu'à la fin de l'hiver.

La ville aurait dû le savoir aussi. 

Elle aurait dû rappeler le soir même ses équipes de déneigement et des entrepreneurs privés. Personne n'en a donné l'ordre, ou alors l'ordre ne s'est pas rendu.

Ce n'est que le lendemain que les équipes sont entrées de nuit, mais il était trop tard. Elles se sont butées à la glace et depuis, la ville n'a plus repris le contrôle de ses rues. 

Pourquoi l'ordre de sortie n'a-t-il pas été donné ce soir-là et à qui la responsabilité? 

Je pose la question à la ville depuis le début de la semaine, à la fois aux niveaux administratif et politique, mais je n'ai pas eu de réponse encore. 

Le maire Labeaume, qui a longtemps soutenu que seule la météo était en cause dans les déboires du déneigement de cet hiver a fini par admettre, lundi soir, qu'il y a «quelque chose qui cloche dans le système» et dans la «gouvernance».

«On va travailler là-dessus», a-t-il promis. «Il va falloir trouver la solution». 

C'est le jour de la marmotte.

Lorsque Québec a «échappé» ses côtes le 27 janvier 2014, le maire avait promis la même chose.  

La journée avait alors été difficile. Les ratés d'entretien avaient forcé la fermeture de plusieurs côtes et provoqué une congestion monstre au centre-ville.

«Y a trop de monde qui intervient là-dedans», avait dénoncé le maire en pointant la «structure et la gouvernance». «Ça ne marche pas à mon goût pantoute.»

La loi sur les fusions de 2002 avait prévu une gestion décentralisée du déneigement où chaque arrondissement était responsable de ces décisions.

«On va se sacrer de la loi et on va centraliser les décisions», avait prévenu le maire. Les décisions allaient dorénavant venir «d'en haut», a-t-il dit.

Je n'ai pas encore trouvé qui «en haut» a pris la décision de ne pas sortir les équipes de déneigement la nuit du 24 au 25 février. Ni pourquoi.  

La Ville a-t-elle fait le pari que la pluie allait faire fondre assez de neige pour réduire les besoins (et les coûts) de transport? La Ville a-t-elle voulu attendre la fin de toutes les précipitations avant de sortir?

D'un point de vue budgétaire, il est préférable d'attendre la fin d'une précipitation pour ne faire qu'un seul ramassage. Mais ça ne tient plus quand il y a imminence du gel sur une neige mouillée. Si on attend trop, ça risque de coûter pas mal plus cher.  

J'ai été saisi en fin de semaine par la blancheur de la neige, le bleu du ciel et celui du fleuve sous le soleil. La ville était radieuse et j'y ai vu en quelques heures deux spectacles qu'aucune autre ville ne peut offrir.

Le grand défi des glaces, étape finale du circuit de canot à glace devant Québec et, sur les Plaines, la poursuite du Tour du Canada en ski de fond mettant en scène Alex Harvey.

Le mouvement, la lumière, la clameur. Des jours comme ceux-là, on voudrait que l'hiver ne s'arrête jamais et que la planète entière puisse voir comme cette ville est magnifique. 

Il n'y a que dans les îles grecques où le contraste du bleu et du blanc est aussi pur.

J'ai été saisi aussi par la face cachée de l'hiver. Les nids de poule. Depuis quelques jours, une explosion comme je ne me souviens pas en avoir vu d'aussi soudaine.

Une autre conséquence sans doute d'un hiver qui n'a cessé de souffler le chaud et le froid.

Le résultat est qu'au moment où toute l'attention des travaux publics devrait aller aux nids de poule, le déneigement n'est toujours pas complété. 

Les grilles de rues sont encore prises dans la glace et l'eau ne peut s'égoutter. Le nettoyage de printemps sera inévitablement retardé. 

Ce n'est pas grave. C'est comme le ramassage de la neige. Un peu plus tôt, un peu plus tard. Ça n'a pas tant d'importance finalement. Peut-être sommes-nous trop exigeants. 

Mais il me semble y voir une tendance. Avant-hier les côtes, hier le ramassage des déchets, aujourd'hui la neige, etc. La ville s'éparpille dans toutes sortes de projets, mais ne doit pas perdre de vue ses missions de base.

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