Saloperie de cancer

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La dernière semaine a été difficile pour Paul Shoiry, qui tente de tenir uni un parti qui semble miné par des rivalités internes.

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(Québec) CHRONIQUE / Ne pas renouveler le contrat d'un employé qui vient de recevoir un diagnostic de cancer pose un enjeu humain déchirant.

Personne ne souhaite ajouter au tourment d'une personne frappée par la maladie en la privant d'un emploi.

Mais renouveler un contrat pour les mauvaises raisons, que ce soit par empathie ou culpabilité, pose aussi un problème. 

Surtout quand on sait que l'employé ne pourra plus livrer le travail comme avant.

Raison de plus quand le lien de confiance est fragile et qu'il y a des divergences professionnelles sur le travail.

C'est la conclusion à laquelle était arrivé le chef de l'opposition Paul Shoiry.

Quelques mois lui ont suffi l'automne dernier pour voir que ça n'allait pas avec son nouveau chef de cabinet, Guy Beaudet.

Diriger un cabinet politique implique une complicité avec le leader «parlementaire». Il y en avait déjà peu, avant que la saloperie de cancer brasse les émotions et fasse dérailler le débat. Tous deux en sont sortis blessés. 

La vie n'est déjà pas facile dans une opposition confrontée à un adversaire sans merci. Il n'était pas besoin de cette malheureuse coïncidence.

Ce départ tourmenté cache cependant autre chose qui va au-delà d'un conflit de personnalités.

C'est le révélateur des difficultés de l'opposition à trouver sa voie, à choisir ses batailles et à établir une stratégie pour les élections de 2017.

Et n'oublions pas que ce parti est né d'une fusion laborieuse en 2013 et que ses trois élus (Paul Shoiry, Anne Guérette et Yvon Bussières) viennent d'horizons différents.  

Désigné chef de l'opposition au lendemain des élections, M. Shoiry a maintenu depuis un ton sobre et sans éclats de voix. 

Il comptait établir la crédibilité du parti par la promotion de valeurs et de contenus, plutôt que par des attaques sur l'adversaire.

Il en a résulté une opposition peu théâtrale et moins «médiatique» peut-être, mais chacun fait selon sa personnalité.

Sa collègue Anne Guérette a un style plus incisif et aime prendre le maire pour cible. Ses envolées sont virulentes, mais souvent décousues et intempestives.

C'est dans le contexte qu'est arrivé M. Beaudet, après que Mme Guérette eut suggéré sa candidature pour le cabinet.

Lors des entrevues d'embauche l'été dernier, M. Beaudet n'avait guère laissé le choix aux trois élus tant il s'est démarqué en ayant réponse à toutes les questions.

Dès son arrivée, M. Beaudet a revu les priorités et les façons de travailler au cabinet, ce qui a causé les premières frictions.    

L'automne dernier, il aurait voulu attaquer le maire à la veille de son cocktail de financement pour dénoncer ses relations avec les ingénieurs. 

Ce n'était pas l'approche de M. Shoiry, qui a lui-même déjà été maire (Sillery) et qui, incidemment, a un frère qui dirige un grand bureau d'ingénieurs.

Le choix d'une candidature à la mairie pour les prochaines élections a aussi soulevé un débat. 

M. Shoiry souhaitait reporter ce choix le plus tard possible, idéalement en 2017. Il a gardé la porte ouverte à se présenter, mais souhaitait surtout augmenter les chances de recruter une candidature externe forte.

Les meilleurs sont d'habitude occupés ailleurs et ne peuvent pas toujours se libérer longtemps d'avance. 

Un choix hâtif au début de 2016 favorisait au contraire une candidature de l'interne. Celle de Mme Guérette par exemple. Le C. A. a coupé la poire en deux. Ce sera l'automne 2016.

***

Plusieurs au parti appréhendent déjà la nomination de Mme Guérette.

En 2013, Québec autrement était la principale force d'opposition, mais avait accepté de renoncer à son nom pour favoriser la fusion avec Démocratie Québec.

Une des conditions de cette fusion était que Mme Guérette renonce à être candidate à la mairie. C'est le candidat de Québec autrement, David Lemelin, qui a ainsi affronté Régis Labeaume. 

Avec le recul, on peut toujours spéculer et se demander si Mme Guérette aurait fait mieux que M. Lemelin.

Ce qui était connu cependant, c'est qu'une partie des militants de Québec autrement aurait refusé de se ranger derrière Mme Guérette. Ils auraient préféré partir. 

***

Le portrait a changé. Une majorité de membres du C. A. sont désormais associés au «clan» de Mme Guérette. 

J'ai entendu ces jours-ci les mots prise de contrôle et putsch. Ça me semble exagéré, mais cela témoigne du climat. 

Si le parti devait choisir Mme Guérette pour la mairie, il y aura des grincements de dents et probablement des départs.

Jusqu'à nouvel ordre, M. Shoiry demeure le chef, mais on l'a vu ébranlé cette semaine. En fait, c'est tout le parti qui paraît ébranlé, désorganisé et miné par le cancer des rivalités internes. 

Espérer tenir tête à Équipe Labeaume avec une opposition éclatée tient de l'utopie. 

Il reste encore du temps avant les prochaines élections, mais face à un maire dont la popularité ne semble pas faiblir, l'opposition est en train de gaspiller ses dernières chances de faire les séries.

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