Le double standard des «faux jumelés» 

Le projet contesté prévoit deux bâtiments sur un... (tiré d'un document déposé à la rencontre du conseil d'arrondissement de la Haute-Saint-Charles du 14 décembre 2015)

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Le projet contesté prévoit deux bâtiments sur un terrain boisé de la rue Beaubien, dans le secteur Montchâtel. Le promoteur a lui-même contribué à la confusion l'automne dernier en annonçant des «jumelés».

tiré d'un document déposé à la rencontre du conseil d'arrondissement de la Haute-Saint-Charles du 14 décembre 2015

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(Québec) CHRONIQUE / Cherchez l'erreur. Le règlement municipal interdit les jumelés dans une rue, mais y permet des unités de deux condos avec mur mitoyen.

Ça se ressemble, direz-vous. C'est ce que je trouve aussi. 

La différence est surtout d'ordre sémantique et d'ordre légal : pour les jumelés, le bâtiment chevauche deux terrains; pour les condos, le bâtiment occupe un seul terrain. 

Raymond Dion est le conseiller du quartier et président de l'arrondissement de la Haute-St-Charles. Il s'interroge sur le règlement municipal de Québec.

«Si un jumelé n'est pas accepté, pourquoi accepter des faux jumelés qui contournent de façon technique le règlement?» demande-t-il.

Le projet dont il est ici question prévoit deux bâtiments (quatre unités) sur un terrain boisé de la rue Beaubien, dans le secteur Montchâtel.

Des citoyens ont signé une pétition pour s'y opposer. Le Conseil d'arrondissement doit rendre une décision d'ici la mi-mars.

Outre l'enjeu de la conformité au zonage, la ville est en discussion avec le promoteur sur l'apparence des futurs bâtiments. 

Elle suggère de briser la symétrie des unités d'habitations pour atténuer l'impression qu'il s'agit de jumelés.  

Le promoteur a lui-même contribué à la confusion l'automne dernier en annonçant des «jumelés» sur le terrain de la rue Beaubien.

Un second promoteur a depuis pris le relais et remplacé le mot «jumelés» par «maisons». Dans les faits, il s'agira de condos. 

En suivant cette logique, il deviendrait possible de construire des jumelés partout sur le territoire, y compris là où le zonage l'interdit. 

Cette ambiguïté légale devra être résolue. Ou on permet les jumelés, ou on ne les permet pas.

La Ville devra sans doute dire oui pour la rue Beaubien, car les demandes de permis sont déjà déposées. Si elle refusait, elle risquerait de devoir indemniser le promoteur. Voilà pour les enjeux légaux.

Sur le fonds, c'est une autre histoire. 

J'ai reconnu dans ce débat un cas classique de «pas dans ma cour» et de résistance à la densification.

Des citoyens accusent le promoteur de dénaturer un paysage bucolique avec des constructions neuves mal intégrées. 

On m'a décrit une rue Beaubien champêtre et exceptionnelle. Une canopée de vieux érables et une «trame architecturale harmonieuse» au «style anglais» plein de «cachet» avec ses bardeaux et ses ruelles privées.

Sauf que tout est dans le regard. 

Pour ma part, je n'y ai vu qu'une rue de banlieue plutôt ordinaire. Une enfilade de bungalow et cottages des années 70-80 aux formes, matériaux et couleurs hétéroclites. 

De minuscules maisons, des plus grandes et d'autres aux ambitions de châteaux. Certaines très jolies, d'autres banales, voire résolument moches. Rien d'un patrimoine homogène qu'il faille absolument garder intact. 

J'ai vu sur le terrain convoité un boisé clairsemé d'érables donnant vue sur des maisons derrière. Rien d'une forêt enchantée.

C'est toujours dommage de couper des arbres, mais les plans suggèrent que tous ne sont pas menacés.

Comme souvent dans les projets contestés, les voisins qui les dénoncent semblent avoir oublié qu'il a fallu à l'époque en abattre aussi pour construire la maison qu'ils habitent.

Quant à l'argument voulant que la construction de jumelés force à souffler plus de neige chez les voisins, je n'arrive pas à m'en émouvoir.

Le conseiller Dion plaide pour une «densification pertinente et intelligente», en «harmonie avec le secteur». Cela implique, dit-il, des «analyses fines».

Absolument d'accord. 

On sent d'ailleurs que le balancier de la ville revient après être allé très loin dans la densification tous azimuts. Je n'arrive cependant pas à voir en quoi quelques jumelés menacent cette harmonie.

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