La géolocalisation des Tanguy

Pourquoi davantage de Tanguy dans Saint-Louis-de-France , à... (123RF/Jasminko Ibrakovic)

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Pourquoi davantage de Tanguy dans Saint-Louis-de-France , à L'Ancienne-Lorette, dans Vanier, Duberger, Saint-Jérôme, le Plateau de Charlesbourg, Bourg-Royal ou à l'île d'Orléans que dans des quartiers voisins?

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(Québec) CHRONIQUE / Les femmes partent travailler plus tard que les hommes le matin à Québec.

C'est à Sainte-Brigitte-de-Laval qu'on se lève le plus tôt et que les temps de déplacement vers le travail sont les plus longs.

Dans Sillery-Saint-Louis-de-France (Sainte-Foy) qu'on trouve le revenu médian le plus élevé (suivi de Saint-Augustin, de Saint-Nicolas et de Lac-Beauport).

Dans Saint-Louis-de-France, Vanier, à L'Ancienne-Lorette, dans Saint-Jérôme (Charlesbourg) et Duberger que s'attarde la plus forte proportion de «Tanguy».

Dans Saint-Jean-Chrysostome le plus d'enfants de moins de 15 ans et Bardy (Limoilou) la plus forte concentration de citoyens de langue maternelle autre que le français et l'anglais.

C'est un citoyen qui vient de me faire découvrir ce portrait «inédit» de la population de Québec, portrait qui n'a, en fait, rien d'inédit. 

Il s'agit de données statistiques du recensement de 2011 qu'un citoyen s'est amusé à transposer sur des cartes électroniques.

Géographe de formation et analyste informatique à la retraite, Jean-Marc Frenette a colligé des données pour chacune des unités de recensement de la région.

Il en a tiré une quinzaine de cartes sur autant de thèmes, dont quelques-uns font sourire.

D'un seul coup d'oeil, on y voit le topo métropolitain et en grossissant la carte et en cliquant sur le secteur qui nous intéresse, on trouve les données précises pour chacun. 

La consultation est facile. L'exercice a cependant des limites méthodologiques. 

Il peut être hasardeux de tirer des conclusions fiables lorsqu'on compare des territoires aussi petits que les unités de recensement. Sur le plan statistique, c'est fragile.

On comprend aussi que les données commencent à dater et que le paysage a pu changer depuis 2011. 

Je pense à l'immigration qui s'est accélérée depuis quelques années. Je pense aussi au développement démographique rapide de la couronne Nord qui a attiré nombre de jeunes familles.

***

La principale limite de ce «Québec à la carte» est cependant l'absence d'explications documentées. 

C'est intéressant de noter que les femmes partent travailler plus tard que les hommes le matin, mais j'aimerais savoir pourquoi.

Occupent-elles des emplois de nature différente (usine, atelier mécanique) ou ont-elles des quarts de travail différents? 

Leur lieu d'emploi est-il plus proche de la maison ou sont-elles simplement plus nombreuses à attendre que les enfants quittent la maison pour l'école avant de partir à leur tour travailler? 

Vos hypothèses valent les miennes. Et si le recensement ne permet pas de les valider, il faudra chercher du côté de la sociologie.

En attendant, on va devoir se contenter des chiffres qui disent ceci : 

Presque partout dans les banlieues de deuxième couronne autour de Québec, à l'île d'Orléans et sur la Rive-Sud, de 35 % à 50 % des hommes partent au travail avant 7h le matin. 

La proportion atteint 60 % à Shannon et 62 % à Sainte-Brigitte-de-Laval.  

Pas de surprise de constater que la proportion de départs hâtifs décroît à mesure qu'on se rapproche du centre de l'agglomération.

Les données de Statistique Canada montrent que les femmes partent plus tard que les hommes de façon significative. 

L'écart n'est pas mesuré en minutes, mais en pourcentage de départs avant 7h le matin. Celui-ci ne dépasse jamais 28 % pour les femmes, même dans la banlieue nord éloignée (Valcartier, Sainte-Brigitte-de-Laval), où elle est la plus élevée. C'est la moitié moins que pour les hommes des mêmes quartiers.

Ici encore, la proportion de départs hâtifs est moindre à mesure qu'on s'approche du centre.

***

Québec à la carte confirme beaucoup de perceptions et de faits connus de la géosociologie de Québec. La localisation des quartiers riches, souvent près de l'eau; celle des quartiers plus âgés, souvent près du centre ou sur le versant ouest de Sainte-Foy. 

Les cartes rappellent que la plus forte densité de population à Québec est sur le plateau Montcalm-Saint-Jean-Baptiste et que les déplacements sont en moyenne plus longs quand on habite loin du centre.

Une de ces cartes continue cependant de m'intriguer : celle des Tanguy, que l'auteur définit par les 25-39 ans habitant chez leurs parents.

Pourquoi davantage de Tanguy dans Saint-Louis-de-France (25 %), à L'Ancienne-Lorette (23 %), dans Vanier (23 %), Duberger (23 %), Saint-Jérôme (23 %), le Plateau de Charlesbourg (22 %), Bourg-Royal (21 %) ou à l'île d'Orléans (21 %) que dans des quartiers voisins? 

Je ne vois pas de fil conducteur entre ces quartiers. Vous avez une explication? Je vous écoute.

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