J'ai ma place en Nouvelle-France

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Louis Sansfaçon, l'homme derrière le projet de «Place des ancêtres».

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CHRONIQUE / L'histoire commence avec une crevaison. Louis Sansfaçon roulait à vélo. Contraint de s'arrêter pour téléphoner, il cherche l'immeuble le plus proche et aboutit au Centre d'interprétation de Château-Richer.

Il découvre sur le mur une reproduction de la carte du «gouvernement de Québec» de 1709. 

Celle-ci montre le découpage des concessions et seigneuries de l'époque avec le nom des propriétaires.

Largement ignorée du public, cette carte est bien connue des historiens qui en connaissent l'importance.

Commandée à l'arpenteur Gédéon de Catalogne, elle décrit les rives du fleuve de Cap-Rouge à Saint-Joachim et de Lotbinière à Bellechasse, en incluant l'île d'Orléans.

Commandée à l'arpenteur Gédéon de Catalogne, cette carte... (Carte fournie par bibliothèque et archives nationales du Québec) - image 2.0

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Commandée à l'arpenteur Gédéon de Catalogne, cette carte de 1709 décrit les rives du fleuve de Cap-Rouge à Saint-Joachim et de Lotbinière à Bellechasse, en incluant l'île d'Orléans. 

Carte fournie par bibliothèque et archives nationales du Québec

L'original faisait 47 pouces par 56. On y compte environ 1200 concessions dont les propriétaires portent des noms familiers : 

Gingra, Hamel, Moisan, Samson, La Rose, Dubois Mas(se), Levasseur, Turcot, Léveillé, Vaillancour, Tremblay, Grenier,  Roberge, Asselin, Ferland, Ouellet, Huot, Jobin, Gagnon, Gaudreau, Bouchart, etc.

Québec est à l'époque la plus importante agglomération de la Nouvelle-France et on y retrouve la plupart des grands patronymes qui essaimeront à travers l'Amérique du Nord.

J'ai vu que le mien n'y était pas, ses racines étant en Acadie, mais beaucoup des vôtres y sont. 

M. Sansfaçon n'est ni historien ni géographe, mais il a vite saisi le potentiel de cette carte pour une ville attachée à ses racines francophones et à ses familles souches. 

Il imagine de la reproduire au sol à grande échelle et d'en faire une place publique sur le bord du fleuve, face au Musée de la civilisation.

Les concessions seraient découpées dans du granit de couleurs différentes, sur lequel les visiteurs viendraient marcher sur les traces des premiers arrivants.

Son projet n'est pas très abouti, ne serait-ce que pour les coûts et la faisabilité, mais M. Sansfaçon le soumet aux autorités en 2006. 

Québec prépare alors le 400e et veut laisser des legs durables. Le projet de «Place des ancêtres» semble fait sur mesure, mais ne sera pas retenu.

M. Sansfaçon continue quand même d'y croire et en fait la promotion auprès de la Ville, de la Commission de la capitale nationale (CCN) et de chaque élu qu'il réussit à joindre.

On ne lui dit jamais vraiment non, mais on ne lui dit jamais oui, ce qui est tout comme.

Il a vu s'ouvrir une autre fenêtre avec le 150e du Canada et le rendez-vous naval de 2017. D'autant plus que la CCN avait obtenu 39 millions$ pour aménager un espace public et un stationnement étagé sur le site Dalhousie.

M. Sansfaçon a rencontré la CCN, qui dit avoir trouvé son idée «intéressante». Elle a cependant conclu que la «Place des ancêtres» ne cadrait pas avec le concept de «Place des canotiers», dont les détails seront dévoilés sous peu. 

Le projet de M. Sansfaçon n'a pas trouvé preneur, mais l'idée de mettre en valeur la carte de 1709 reste intéressante pour Québec. 

Si ce n'est pas sur une place publique extérieure où la neige empêcherait de lire la carte cinq ou six mois par année, ça pourrait être autrement. 

Je verrais une grande carte sur un mur avec une technologie permettant de visualiser le découpage du sol en 1709 (1200 concessions) et celui d'aujourd'hui (plus de 250 000 inscriptions dans les rôles d'évaluation).

On pourrait inscrire son adresse sur un clavier et la voir s'afficher sur la carte de 1709 avec le nom du premier propriétaire de la concession.

On pourrait y trouver de l'information sur l'histoire et la trajectoire de chacune des familles souches, sur l'évolution de la graphie des noms, sur leur dispersion sur le territoire, etc. 

Il y a plusieurs années que le maire Labeaume évoque l'idée d'un centre de généalogie pour Québec. Je ne sais pas où en est sa réflexion, mais on pourrait imaginer que la carte de 1709 y trouve une place. 

Je suis certain que les citoyens de Québec y verraient de l'intérêt, de même que les visiteurs qui viendraient y retrouver leurs racines.

Des mécènes ou corporations portant le nom des grandes familles souches pourraient être mis à contribution et être récompensés, s'il y a lieu par une mention dans les notules historiques. 

Ça pourrait s'appeler : J'ai ma place en Nouvelle-France.

La carte du «Gouvernement de Québec» en 1709 peut être consultée sur le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). 

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