Le mauvais pari des tours de ville à rabais

Pourquoi ne pas imposer par exemple des formations... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Pourquoi ne pas imposer par exemple des formations aux guides des tours de calèche, chauffeurs de taxi et autres ambassadeurs de la ville auprès des visiteurs?

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Québec se tire dans le pied en abandonnant la formation obligatoire pour les permis de guides touristiques.

On comprend que la réglementation en vigueur depuis 30 ans est devenue difficile à appliquer. L'objectif d'offrir des tours de ville de qualité reste cependant valable.

N'importe qui peut commenter une visite en autobus en donnant des statistiques et de l'information générique sur la fondation de Québec ou la bataille des plaines d'Abraham.

Il y manquera cependant la couleur locale, les anecdotes et les souvenirs personnels sans lesquels un tour guidé peut facilement devenir un pensum.

Un guide local formé pourra mieux répondre aux questions hors du corpus appris par coeur et donner aux visiteurs les références à l'actualité et les humeurs locales du moment.

Sans cette couleur locale, on se condamne à des tours de ville neutres et menés sur le pilote automatique. Le contraire de l'image chaleureuse et accueillante que Québec cherche depuis des décennies à transmettre à ses visiteurs.

«Le bon guide est celui qui offre un tour équilibré entre l'histoire et le quotidien; qui va raconter sa ville avec une énergie hors de l'ordinaire et avec ses filtres personnels», plaide Geneviève Désy, guide touristique à ses heures et enseignante au programme touristique du Collège Mérici.

On ne sera pas angélique.

Une formation obligatoire n'est une garantie de rien. Dans tous les métiers, il y a des artisans plus doués et d'autres qui le sont moins.

Des guides sans formation peuvent être des conteurs fabuleux et inversement, des diplômés patentés peuvent être assommants.

Je pense cependant que les chances de résultat sont meilleures avec des guides qui ont une formation théorique et pratique adéquate.

La ville de Québec justifie l'abandon de la formation obligatoire par la difficulté pour les voyagistes internationaux d'obtenir pour leurs guides les certifications requises.

Elle semble craindre que ces voyagistes renoncent à venir à Québec si on maintient l'obligation de recourir à des guides formés. Ça reste à prouver.

Comme voyageur, je me plie aux conditions de visite exigées (visa, taxes, horaires, contraintes d'accès aux lieux, etc.) si je pense qu'une destination vaut la peine.

Québec donne ici l'impression qu'elle ne croit pas à son «produit» et à son pouvoir d'attraction.

Elle a l'air de penser que des voyagistes tourneront le dos à Québec pour éviter de payer une formation à leurs guides ou d'embaucher des guides locaux le temps d'un tour de ville.

Il est vrai que les marges de profit sont souvent minces dans l'industrie des voyages de groupe.

Mais un guide touristique ne coûte pas une fortune et la facture est partagée entre plusieurs dizaines de passagers.

Québec fait valoir qu'elle était une des rares villes d'Amérique du Nord (avec Montréal et Niagara) à imposer encore une formation.

Dans les faits, il y en a d'autres, mais il est vrai que cette tradition est davantage européenne.

Mais n'est-ce pas justement ce que Québec cherche à vendre aux Américains : la différence de notre culture et de nos façons de faire.

La Ville parle par ailleurs d'un contexte de virage numérique et de mondialisation qui amène à Québec des visiteurs qui parlent de multiples langues.

Elle marque ici un point. Mont­réal trouve plus facilement des guides locaux pouvant parler chinois, japonais ou autres langues exotiques.

C'est plus difficile à Québec où il faudra parfois ajouter des coûts de traduction pour les visites guidées.

Cette différence explique peut-être pourquoi personne à Mont­réal ne parle d'abandonner la formation obligatoire des guides, pense Pierre Bellerose, vice-président de Tourisme Montréal.

Je vois mal ce que Québec pense gagner en encourageant des tours de ville de moindre qualité.

Un touriste qui a eu du plaisir en découvrant la ville et dont on aura piqué la curiosité aura il me semble davantage le goût de revenir.

On aurait intérêt ici à hausser la barre plutôt qu'à l'abaisser.

Pourquoi ne pas imposer par exemple des formations aux guides des tours de calèche, chauffeurs de taxi et autres ambassadeurs de la ville auprès des visiteurs?

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer