Le choriste

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Jean-Yves Duclos a été nommé ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social.

La Presse Canadienne, Justin Tang

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(Québec) CHRONIQUE / Il était le grand derrière. Une voix de basse, posée et juste.

Un bon sens de la musique, mais c'est d'abord le sens de la famille qui a mené ce diplômé de la London School of Economics à la chorale des Petits Chanteurs de Charlesbourg.

Il manquait de voix de pères pour équilibrer celles des enfants. Jean-Yves Duclos a offert la sienne.

Ça lui permettait une «activité père-fils», se souvient l'ex-dg Stéphane Robitaille. «Il était là pour les bonnes raisons», avait-il perçu.

Il a souvent raté des répétitions à cause de son travail, mais compensait par sa «discipline» et son «sens du groupe».

Devenu président du C. A. des Petits Chanteurs, M. Duclos réglait les problèmes en «sage», rapporte Marcel Allaire, membre fondateur. Il était «à l'écoute... assez que des gens le trouvaient trop calme». Lui tenait à bien évaluer avant de décider.

Déjà accaparé par la campagne, il a fait la tournée en Europe avec les Petits Chanteurs cet été. Il avait fait la précédente avec son fils aîné; il tenait à la faire aussi avec son plus jeune.

Dans l'autobus, M. Duclos prenait le micro à l'approche d'une ville et distribuait des fiches techniques pour expliquer aux jeunes les faits historiques.

«Il était assez dynamique dans ses idées, avait une ouverture aux choses nouvelles et allait hors des sentiers battus, se souvient Yves Marceau, qui a suivi les cours du jeune prof Duclos au début des années 90.

M. Marceau lui a demandé de diriger sa maîtrise sur les coûts-bénéfices du projet olympique Québec 2002.

L'étudiant contestait les «multiplicateurs magiques de chiffres» des autres auteurs d'études de retombées. M. Duclos l'a encouragé. Il fallait mettre «l'accent sur les faits».

«Il donnait l'orientation générale et laissait ensuite place à l'autonomie», a constaté Nicholas-James Clavet, un étudiant au doctorat qui collabore depuis 10 ans aux travaux de M. Duclos.

Les profs bombardent souvent leurs étudiants de graphiques et de théories abstraites. Duclos préférait puiser dans l'actualité et cherchait des applications pratiques.

Cela ne l'a pas empêché d'être reconnu comme scholar (intellectuel de haut calibre), décrit son ami François Blais, ministre québécois de l'Éducation.

M. Blais se souvient de sa première conversation avec M. Duclos lors d'une randonnée pédestre au mont Katahdin, le plus haut sommet du Maine.

M. Duclos s'était présenté à lui. Ils avaient un intérêt commun pour les enjeux de pauvreté, d'inégalités et de revenu de citoyenneté. L'économiste et le philosophe travailleront plus tard ensemble.

M. Blais parle d'un collègue «affable, modeste et gentil» avec un «sens politique» qui va lui permettre de «comprendre les tensions».

«Les fonctionnaires risquent de bien l'aimer», prédit l'économiste de l'UQAM Pierre-Carl Michaud, qui présidait avec lui la Chaire de recherche sur les changements démographiques.

Avec M. Duclos, il n'y a «pas de dogmes et pas d'idéologie», dit-il. S'il y a un «désaccord académique», il reste «patient et ouvert» et propose de «creuser un peu plus».

Une de ses contributions à la science aura été son habileté à mesurer les inégalités économiques.

L'homme est à l'évidence méticuleux et systématique.

Sur le site de l'Université Laval, son cv fait 38 pages. Il y relate avec précision le sujet de chaque cour donné, chaque direction de maîtrise, conférence, publication ou entrevue à des médias.

Le ton était plus léger dans son cv de campagne où il confiait adorer le hockey, le camping et le ski. Jusqu'à récemment, il nourrissait sa page Facebook de photos et d'anecdotes de famille (il a trois enfants).

Il parle anglais et espagnol, a séjourné à l'étranger et a beaucoup voyagé.

Jean-Yves Duclos, sa conjointe Marie-Chantal Dumas et leurs... (Tirée de Facebook) - image 2.0

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Jean-Yves Duclos, sa conjointe Marie-Chantal Dumas et leurs enfants 

Tirée de Facebook

Né à Québec, il a gradué du Petit Séminaire, avant d'étudier en Alberta et à Londres. Il s'est installé il y a 11 ans dans le quartier Saint-Sacrement d'où il allait au travail à vélo ou en autobus.

Son voisin Luc Van Bavel parle d'un «homme très affable, très agréable et toujours de bonne humeur».

Il a été page à la Chambre des communes, mais n'avait jamais été membre d'un parti avant de briguer l'investiture libérale de Québec. Sa conjointe, Marie-Chantal Dumas, a alors été son agente financière.

Ce n'est pas le parti qui est venu le chercher. «Ça vient entièrement de moi, une démarche entièrement personnelle», avait-il expliqué. 

Beaucoup de ceux qui l'ont côtoyé, dont le ministre Blais, ont été surpris. Son désir de vouloir améliorer la société n'était cependant un secret pour personne.

Un homme parfait? Je n'ai trouvé personne pour me dire ne serait-ce qu'un mot contre le nouveau ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social.

À part ma coiffeuse qui trouve qu'il n'a pas beaucoup de cheveux, ce qui n'est pas bon pour son métier.

Autrement, rien. Un concert de louanges pour le choriste du nouveau cabinet Trudeau. Je me méfie toujours, mais on verra.

L'homme sait chanter le Requiem de Mozart, du gospel, de la pop et des cantiques de Noël. Les fausses notes seront cependant plus difficiles à éviter dans la partition éreintante de la vie politique.

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