Le premier de classe

Élu lundi soir, Joel Lightbound devient une des... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Élu lundi soir, Joel Lightbound devient une des figures de proue du gouvernement Trudeau à Québec. Une étoile montante, passée sous les radars, mais dont on risque d'entendre parler davantage.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Il n'a que 27 ans, mais sentait l'urgence de la politique. Assez pour abandonner son travail dans un gros bureau d'avocats de Montréal pour être candidat chez lui, dans Louis-Hébert. Ayant résisté à la vague conservatrice qui a balayé la région de Québec, Joël Lightbound devient désormais une figure de proue du gouvernement Trudeau à Québec.

Une étoile montante passée à ce jour sous les radars, mais dont on va maintenant parler.

M. Lightbound incarne tout à fait le changement que propose son parti. Une vision d'un pays plus sensible à l'environnement, aux inégalités sociales et au rôle international du pays.

Je l'ai rencontré à son local de campagne lundi soir, avant que les premiers résultats commencent à sortir.

Je voulais comprendre sa rage à vouloir faire de la politique à un moment où d'autres regardent la chose avec cynisme et désabusement.

Il dit avoir été beaucoup motivé par les dernières années Harper et par la fin du cycle qu'il avait senti venir. Il estime avoir eu la chance d'être élevé dans «une société de compassion où l'ascenseur social marche».

«J'ai l'impression de voir la société qui m'a permis de devenir ce que je suis, disparaître. Je ressens une certaine urgence d'agir», avait-il expliqué dans une précédente entrevue.

Le jeune député croit aussi que «le Canada s'est éloigné de ce qu'il a toujours été». Il a pris ça personnel.

«T'es fou ou audacieux», lui ont lancé des collègues avocats. Mais lui dit croire que la politique peut changer les choses. 

Sa campagne, lancée en février 2014, n'a pas duré 78 jours mais 20 mois à ratisser le terrain, visiter des logements, des oeuvres communautaires, etc.

Il s'attendait à affronter «Goliath» à l'investiture du parti, mais a gagné sans opposition après avoir fait tripler le membership local. Il a été soutenu dans cette campagne par «l'establishment» des anciens députés (Dawson et Scherrer) et par la machine libérale provinciale. 

Né à Toronto, mais élevé sur le boulevard Neilson à Sainte-Foy par une mère monoparentale, Joël Lightbound a un profil de parfait premier de classe. L'arrogance en moins.

Il prend le temps de réfléchir un moment avant de répondre aux questions qu'il n'avait pas vu venir. Donne pour les autres des réponses studieuses.

Ses modèles en politique? Cory Booker, répond-il sans hésiter, disant avoir découvert ce sénateur démocrate dans un documentaire sur sa course perdue à la mairie de Newark. «Il va au-devant des gens» et est remarquable par son «authenticité».

Il nommera aussi Lester B. Pearson, pas seulement pour son rôle dans la création des casques bleus mais pour son détachement par rapport au pouvoir.

Joël Lightbound a été président de classe au primaire à l'école Coeur-Vaillant («Dans mon temps, c'était Notre-Dame-du-Sacré-Coeur», s'amuse-t-il), au PEI De Rochebelle, au Collège St. Lawrence.

Il a été admis et diplômé en droit à McGill, s'apprête à être admis au Barreau de l'État de New York.

Il envisageait un temps faire carrière à l'international, peut-être en diplomatie, mais l'appel de la politique fut plus fort.

«C'était Louis-Hébert, ou pas du tout. Je n'ai pas de réseau ailleurs.»

Ses proches, amis et anciens professeurs n'ont pas été surpris.

***

Pour la première fois depuis l'an 2000, Québec envoie des députés libéraux à Ottawa, ce qui marque la fin officielle du purgatoire des commandites.

Cela signifie aussi que la Rive-Nord de Québec revient au pouvoir après quatre ans dans l'opposition.

On a tendance à exagérer l'importance d'avoir des ministres locaux, car les régions orphelines finissent toujours par avoir une part de l'attention du gouvernement. Mais ça reste plus facile quand on a ses propres représentants au cabinet.

Les dernières projections laissaient croire à une carte arc-en-ciel pour la région de Québec. Comme souvent, on se sera trompé. 

Pour Louis-Hébert, la tradition d'infidélité se poursuit. Jamais depuis 2000 un député ou un parti sortant n'a été réélu.

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