Le cessez-le-feu

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(Québec) L'entente avec les pompiers marque la fin d'un cycle de relations hostiles qui aura duré près de 10 ans et coûté cher aux citoyens de Québec.

La facture est difficile à évaluer, mais c'est plus de 1,1 million $ en frais d'avocats pour l'arbitrage de la convention précédente;

300 000 $ en dommages pour la déclaration diffamante de l'ex-élu Richard Côté (la Ville a interjeté appel);

des énergies gaspillées en stratégies de guerre; une perte de «mobilisation» des employés; des griefs et des arbitrages; une demi-douzaine d'études sur le climat de travail; etc.

Le fond du baril a été atteint lors du tristement célèbre comité plénier d'avril 2012 où l'administration a «lynché» ses pompiers dans la salle du conseil.

Il y a des responsabilités des deux côtés lorsqu'un climat de travail se pourrit. La victime est cependant toujours la même : le citoyen qui paie.

L'entrée en scène du chef Christian Paradis, en octobre dernier, a été un tournant dans l'assainissement des relations de travail aux incendies.

On a perçu ces derniers mois que le ton avait changé et qu'une première entente en 10 ans devenait possible.

M. Paradis disait vouloir mettre de la «rigueur dans les prises de décision» et de «l'ouverture dans les relations humaines».

Il a aussi apporté du leadership, une lacune que le Vérificateur général de la Ville avait encore relevée dans son dernier rapport.

L'arrivée du chef Paradis fut déterminante, mais n'explique pas tout. Il fallait aussi un contexte et une volonté de régler.

À l'automne 2007, le syndicat des pompiers appréciait le nouveau chef qui entrait en fonction, mais a demandé l'arbitrage

quatre jours après son arrivée, sans même avoir essayé de négocier.

Le contexte était alors au resserrement des conventions.

L'ex-mairesse Andrée Boucher avait gagné la bataille de l'opinion publique contre les syndicats, et la tendance s'est maintenue à son décès. Les pompiers en ont déduit qu'ils n'avaient rien à espérer d'une négociation. Ils ont alors fermé la porte.

***

Depuis six mois, plusieurs irritants des relations Ville-pompiers ont été évacués.

En octobre, un arbitre a fixé les conditions de la convention 2007-2008-2009. Les pompiers qui n'avaient pas eu d'augmentation depuis 2006 ont pu toucher une «rétro».

Le mois suivant, la Cour supérieure a maintenu la condamnation contre la Ville pour propos diffamatoires.

L'adoption de la loi 3 sur les régimes de retraite a aussi calmé le jeu. Il devenait inutile de se fâcher contre la Ville, le gouvernement avait parlé.

La récente réintégration d'un chef de peloton «tassé» pour insubordination a levé un autre irritant.

Les ententes avec d'autres syndicats de la Ville de Québec, dont les policiers, ont ensuite créé un momentum que les pompiers ont fini par suivre.

***

L'entente de principe survenue mardi sera soumise aux membres demain.

Peut-être n'est-ce qu'une coïncidence, mais c'est demain aussi que la Commission des relations du travail doit rendre une décision sur la «désyndicalisation» de 76 postes de capitaines des pompiers.

L'affaire traîne devant les tribunaux depuis le printemps 2010. Le syndicat s'oppose à la «désyndicalisation» qui lui ferait perdre des membres et ajouterait des cadres.

Le flottement qui en a résulté a contribué aux difficultés organisationnelles du service des incendies.

J'ai peine à croire qu'un sujet aussi sensible n'ait pas été abordé à la table de négociation. Mais si c'est le cas, souhaitons que le verdict ne vienne pas bousiller le projet d'entente et ébranler le nouveau climat qui semble s'installer.

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