Chauveau et Jean-Talon: la boîte à surprises des partielles

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(Québec) Ce devait être des partielles sans histoire ni conséquence tant l'issue semblait connue d'avance. La Coalition avenir Québec (CAQ) garderait Chauveau, son château fort; les libéraux, Jean-Talon, comme toujours depuis qu'une circonscription porte ce nom, et le Parti québécois (PQ), qui en arrache à Québec, resterait sur la touche.

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Les élections partielles dans Chauveau et dans Jean-Talon s'annonçaient sans histoire, mais la venue de candidats connus et la présence fréquente des chefs de parti pendant la campagne auront changé la donne, rendant le résultat du vote de lundi imprévisible.

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Ça ne s'est pas passé comme on l'aurait cru. Les résultats sont devenus imprévisibles, et les conséquences, plus significatives qu'on le pensait.

Il ne s'agit plus seulement d'envoyer un message au gouvernement comme souvent dans les partielles. C'est tout le rapport de force des partis qui est en jeu.

Ça explique l'omniprésence des trois chefs sur le terrain. Un rythme jamais vu à mon souvenir. C'est sans doute plus facile quand l'Assemblée siège et que les chefs doivent déjà être à Québec, mais ça reste exceptionnel.

On pourrait résumer les choses ainsi : les libéraux ont tout à gagner, le PQ, rien à perdre, et la CAQ, tout à perdre.

Une défaite dans Chauveau serait une catastrophe pour le parti de François Legault, déjà en recul dans les sondages.

C'est que le gouvernement libéral gruge dans son programme et le PQ dans ses appuis nationalistes.

Avec la polarisation qui s'annonce sur l'enjeu de la souveraineté aux prochaines élections générales, il pourrait ne pas rester beaucoup d'espace pour la CAQ.

La récente déclaration de M. Legault voulant que l'option politique de PKP nuise au retour des Nordiques en dit long sur son désarroi. Et sur l'importance symbolique de garder Chauveau.

La CAQ en était consciente et avait recruté une candidate vedette, la journaliste Jocelyne Cazin. Un bon coup. Sauf qu'en ouvrant son jeu la première, la CAQ a permis aux autres de le parer.

Les libéraux lui ont opposé une autre journaliste, Véronyque Tremblay, tout aussi connue, plus souriante et, de surcroît, résidente de la circonscription.

Une candidate avec assez de front pour dire publiquement qu'elle avait voté pour Gérard Deltell aux dernières élections. Un coup de circuit.

Ça s'est poursuivi pendant la campagne. Lorsque Mme Cazin a réclamé une urgence 24 heures à l'hôpital Chauveau, le gouvernement a rappelé que même M. Deltell ne le demandait pas, le besoin étant plutôt pour des médecins de famille.

À quatre jours du vote, le gouvernement vient d'annoncer quatre GMF (groupes de médecine familiale) et une superclinique dans Chauveau. Une annonce opportuniste, mais comment être contre?

Dans cette élection où tous les candidats ont vanté les mérites du député sortant, le résultat est devenu imprévisible.

La CAQ a gagné par près de 10000 voix en 2014, mise sur une grosse machine électorale et a beaucoup dépensé en publicité.

Les libéraux pensent pourtant avoir leurs chances. S'ils l'emportent, ils y verront un appui au déficit zéro et une absolution pour les promesses de campagne non tenues.

***

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Le PQ, qu'on comptait pour quantité négligeable, a affiché une vigueur inattendue. Il présente aussi un journaliste, Sébastien Couture. Décidément.

Dès son élection, le nouveau chef a multiplié les sorties dans Chauveau et sa conjointe, Julie Snyder, est débarquée en renfort cette semaine. 

Le message aux militants et aux citoyens est clair : le PQ de Péladeau va se battre, peu importe le contexte.

Le PQ ne gagnera pas Chauveau, mais tout progrès sera spinné comme une victoire. Ça ne devrait pas être trop difficile quand on part de 12 %. 

Et si le PQ ne progresse pas, il pourra toujours prétendre qu'il n'y avait rien à faire et que son nouveau chef est arrivé trop tard dans la campagne pour en infléchir le cours.

L'argument vaudra aussi pour Jean-Talon, où le PQ a fait deuxième en 2014 avec 22,5 %, loin derrière Yves Bolduc à 44,5 %.

Le PQ mise à nouveau sur l'homme d'affaires Clément Laberge, qui est peu connu, mais profite d'une meilleure conjoncture qu'en 2014.

La vedette d'alors pour les libéraux, le ministre Yves Bolduc, est depuis partie en disgrâce et a aggravé les choses en empochant ses indemnités de départ dans la désapprobation générale. Des électeurs pourraient avoir le goût de punir son parti à défaut de pouvoir punir M. Bolduc. 

Le hasard vient aussi de ramener dans l'actualité brûlante deux débats «locaux» qui pourraient profiter au PQ : l'avenir des propriétés religieuses de Sillery et l'expansion du Port de Québec. 

M. Laberge avait déjà cherché à faire de Sillery un enjeu des dernières élections. Le contexte du programme particulier d'urbanisme (PPU) lui donne des munitions et lui permettre de profiter de la forte mobilisation des citoyens.

M. Laberge s'oppose à la démolition de l'aréna de Sillery et au projet actuel de PPU. Il interpelle la ministre de la Culture.

L'homme d'affaires Alain Fecteau, candidat de la CAQ, s'oppose lui aussi à la démolition de l'aréna. Il appuie cependant la densification des domaines religieux que propose la Ville.

Le candidat libéral Sébastien Proulx, un proche du premier ministre Couillard, s'est longtemps tenu loin de ce débat, estimant qu'il s'agit d'un enjeu municipal. Il a fini par s'y montrer sensible, sans cependant prendre d'engagement. 

M. Laberge émet par ailleurs des inquiétudes sur l'agrandissement du Port et le transport éventuel d'hydrocarbures sur une voie ferrée jouxtant un quartier résidentiel.

Le Parti libéral partage cette inquiétude et veut lui aussi assujettir le projet à des audiences du BAPE. 

La CAQ est plus pressée. Le parti de François Legault croit qu'il s'agit d'un «beau et bon projet» et reproche aux libéraux de le bloquer.

***

Le décès de Jacques Parizeau et le rappel de sa contribution à l'État québécois en général et à la capitale en particulier peut-il avoir une incidence sur les partielles? 

Le nouveau chef du PQ l'a maladroitement évoqué cette semaine. Ce sont des choses qu'on peut penser, mais qu'il est délicat de dire. 

De toute façon, ça semble peu probable. Il n'y a pas eu d'effet PKP à Québec en 2014. Ni d'effet «capitale nationale», comme l'aurait souhaité le PQ. 

Mais, sait-on jamais. M. Péladeau n'était pas alors le chef du PQ. Et il ne venait pas d'annoncer son mariage avec Québec (et avec Julie Snyder) à la chapelle du Musée de l'Amérique française.

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