Dans la marmite du PPU de Sillery

C'est devant une salle bondée que la Ville... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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C'est devant une salle bondée que la Ville a présenté aux Sillerois, mardi, son projet de PPU, et sa vision pour la falaise et le «centre-ville» de Sillery.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Forte réaction au projet de PPU à Sillery. Six cents citoyens, la plupart opposés à la vision de la Ville pour les falaises et le «centre-ville» de Sillery.

Ils reprochent à l'administration d'abandonner le sol aux promoteurs, au mépris du patrimoine et de leur qualité de vie. 

La consultation sur le Programme particulier d'urbanisme (PPU) se poursuivra le 19 juin.

Cette mobilisation rappelle celle de Sainte-Foy lorsque 800 citoyens ont assisté aux consultations sur le PPU.

Mais là s'arrête la comparaison.

1. Le débat à Sillery porte (en partie) sur la protection du patrimoine et du paysage. Ce n'était pas le cas en 2012. 

2. À Sainte-Foy, le débat s'est fait en deux temps, un pour le PPU et un autre pour la réglementation.

On veut cette fois faire les deux en même temps, ce qui complique la discussion. On discute de grands enjeux pendant que d'autres sont déjà dans les virgules.

3. Les attitudes ne sont pas les mêmes. La consultation à Sainte-Foy avait permis plusieurs compromis, parfois proposés par les citoyens.

Près de 200 amendements ont ainsi été apportés entre le PPU initial et sa version finale.

Je n'ai pas senti qu'on allait dans cette direction à Sillery. Nombre de citoyens s'opposent à l'idée même de nouveaux bâtiments sur les propriétés religieuses.

Ils voudraient les conserver intactes pour en faire des parcs ou des promenades publiques.

Leur seule concession est sur le recyclage des bâtiments existants où ils sont prêts à «tolérer»des condos.

Cela ne laisse pas beaucoup d'espace pour la recherche de compromis.

***

La Ville dit vouloir protéger les bâtiments patrimoniaux, les  boisés, les grandes prairies et les percées visuelles. On dit bravo.

Sauf que les plans qui accompagnent le PPU ne disent pas toujours la même chose. Ils permettent de construire sur un «boisé d'intérêt» du domaine Benmore et sur les prairies des Augustines. 

C'est, dans les deux cas, contraire aux objectifs annoncés. Il est à souhaiter que la Ville corrige ces «lapsus».

***

Le débat sur l'avenir du faubourg Saint-Michel, près de l'aréna de Sillery, est d'une nature différente.

On parle moins ici de patrimoine religieux que de débat sur la densification et le maintien de services de proximité.

L'administration Labeaume souhaite démolir l'aréna, lotir le stationnement devant et des terrains derrière, en contrebas du Collège Jésus-Marie.

De nombreux citoyens sont venus expliquer que le parvis de l'aréna et le stationnement sont le coeur du quartier. Un espace de jeu et de rassemblement qui va au-delà d'un simple parking.

Cela mérite réflexion. Serait-il possible de conserver un espace public significatif avec un lotissement moins ambitieux? Ça pourrait se discuter.

Quant à l'aréna, difficile d'avoir l'heure juste sur les coûts de rénovation. On peut cependant réfléchir à l'importance d'un aréna pour un quartier.

Je comprends qu'il soit agréable et pratique pour des voisins de s'y rendre à pied, mais est-ce un service de proximité aussi essentiel qu'un parc, une épicerie ou une pharmacie? Je n'en suis pas convaincu.

Si on démolit, il faudra s'assurer de la disponibilité d'heures de glace à distance raisonnable, une démonstration que la Ville tarde à faire.

***

La démarche menant à un PPU permet de réfléchir à l'avenir d'un quartier et d'ouvrir un dialogue en évitant le braquage sur des projets particuliers.

C'est en théorie une belle application démocratique. Encore faut-il être de bonne foi et prendre le temps d'entendre les citoyens.

Ce n'est pas ce qui s'est passé mardi soir.

La présidente d'assemblée a agi en maîtresse d'école déplaisante, faisant la leçon aux citoyens et débattant avec eux plutôt que de rester au-dessus de la mêlée. C'est contre-productif.

On a pu mesurer par ailleurs les limites du pouvoir (ou de la volonté) de la vice-présidente de l'exécutif, Julie Lemieux.

Constatant qu'il serait impossible d'entendre tous les citoyens le même soir, elle n'a pas osé s'engager à continuer un autre jour. Pas sans en avoir demandé la permission à ses collègues (ou au maire?).

Franchement. Personne ne lui demandait d'aller contre la Ville. Seulement de rassurer les citoyens. Cela aurait épargné des frustrations supplémentaires dans une salle où il y en avait déjà beaucoup.

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