Réflexion nécessaire pour le quai de Percé

La reconstruction du quai de Percé a été... (Collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

Agrandir

La reconstruction du quai de Percé a été reportée d'un an parce que la Ville de Percé et les propriétaires de bateaux d'excursions ne s'entendent pas, ou ne s'entendent plus, sur le montant qui doit être épargné annuellement pour entretenir le quai et assumer éventuellement, à long terme, une partie de sa reconstruction.

Collaboration spéciale Geneviève Gélinas

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

BILLET / Est-il raisonnable de transférer à une municipalité de 3300 habitants la propriété d'une infrastructure de 15 à 20millions $, peut-être plus, qui sera soumise à des intempéries dont la violence s'amplifiera au cours des prochaines années à cause du réchauffement planétaire?

C'est déraisonnable, mais c'est exactement ce qui se passera si le gouvernement fédéral persiste dans sa volonté de transférer son quai à la Ville de Percé, qui n'a de ville que le nom, puisqu'elle est constituée d'un regroupement de villages étalés sur une superficie de 550 kilomètres carrés.

Depuis 30 ans, le gouvernement fédéral a amorcé un large mouvement de largage de ses infrastructures maritimes. Il a d'abord laissé aller des quais dont l'entretien avait été négligé, puis il a tenté, parfois avec un certain succès, du moins de son côté de la lorgnette, de céder plusieurs des quais restants à des autorités locales. Ce mouvement a été mené tant par Pêches et Océans Canada, pour les quais de pêche et de plaisance, que par Transports Canada, pour les ports dits commerciaux.

Les budgets étaient en général nettement insuffisants pour mener cette initiative à terme. À l'aube d'un vaste programme d'infrastructures fédérales, il est permis de penser qu'ils sont mieux garnis.

Dans sa conception actuelle, la rétrocession risque de mettre sur la paille certaines communautés n'ayant pas les moyens d'entretenir de façon appropriée des quais et des brise-lames livrés à des événements climatiques de plus en plus forts. Si ces communautés ne se mettent pas sur la paille, elles devront faire des compromis sur la fonctionnalité des infrastructures, avec les risques de diminuer les retombées économiques en découlant.

Devant la menace de perdre son quai, le coeur de la communauté et son âme touristique, la Ville de Percé a entamé des discussions en 2014 avec Pêches et Océans Canada, réussissant même à convaincre l'ex-ministre conservatrice Gail Shea de la pertinence de le reconstruire, moyennant sa cession à un organisme local, municipal ou pas.

En plus de constituer depuis des décennies le principal pôle touristique de la Gaspésie, Percé représente un attrait pour l'ensemble du Québec et du Canada. Près de 25 % de la clientèle se rendant à Percé vient de l'extérieur du pays. Ces gens arrivent souvent au Québec en avion, ils louent des autos et visitent d'autres régions.

Des 500000 personnes passant à Percé annuellement, 60000 se rendent en mer sur l'un des bateaux d'excursions qui y sont basés. À peu près tous les autres visiteurs vont au moins marcher sur le quai, spontanément.

Le maintien du quai de Percé dépasse donc la portée d'un gouvernement local. C'est un dossier national.

Il y a quelques jours, sa reconstruction a été reportée d'un an parce que la Ville de Percé et les propriétaires de bateaux d'excursions ne s'entendent pas, ou ne s'entendent plus, sur le montant qui doit être épargné annuellement pour entretenir le quai et assumer éventuellement, à long terme, une partie de sa reconstruction. Le maire André Boudreau veut que les propriétaires de bateaux regroupent leur vente de billets, de façon à prélever une quote-part pour l'entretien. Ces propriétaires avancent que le quai proposé ne répond pas à leurs besoins, parce qu'il sera trop court.

Les deux parties évoquent des raisons légitimes pour justifier leur argumentaire. Toutefois, en toile de fond, il est illusoire de s'attendre à ce qu'une petite ville se responsabilise entièrement pour une infrastructure maritime située pratiquement en plein océan.

Que des autorités locales administrent un quai et son entretien saisonnier, soit! Les autorités fédérales, dans le contexte d'ouverture que Justin Trudeau dit vouloir créer, doivent toutefois analyser certains dossiers sous un angle différent. Certains lieux méritent un statut spécial. Le quai de Percé est l'un d'eux.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer