Migrants : la Croatie débordée à son tour

Certains migrants ont pu monter dans un train... (AFP, ELVIS BARUKCIC)

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Certains migrants ont pu monter dans un train à la petite gare de Tovarnik, ville croate proche de la frontière serbe, pour rejoindre Zagreb et poursuivre leur voyage.

AFP, ELVIS BARUKCIC

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Eric RANDOLPH, Isabelle LE PAGE
Agence France-Presse
TOVARNIK

Des milliers de migrants ont continué d'affluer jeudi en Croatie où les autorités avouent être débordées.

Au total, 6200 migrants se trouvaient jeudi sur le sol croate, a précisé Zagreb, qui s'attend à un afflux de plus de 20 000 personnes dans les deux semaines à venir et redoute une situation «hors de contrôle».

Ceux-ci ont continué jeudi d'affluer par milliers en Croatie, nouvelle route vers l'Europe occidentale après le verrouillage de la frontière serbo-hongroise, théâtre la veille d'affrontements entre migrants excédés et forces de l'ordre.

Dans la matinée, la petite gare de Tovarnik, ville croate proche de la frontière serbe, était envahie par les migrants qui cherchaient à monter dans des trains pour rejoindre Zagreb et poursuivre leur voyage.

«Il y a entre 4000 et 5000 personnes ici. Les trains arrivent mais ils ne peuvent pas prendre tous ces gens», a assuré un porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) Jan Kapic.

«Très dur»

Face à cet afflux «les choses sont dans une certaine mesure en train d'échapper à tout contrôle», s'est inquiétée la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic. «La Croatie a fait preuve d'humanité», mais «trop de réfugiés entrent sans contrôle», a-t-elle dit.

Des volontaires de la Croix-Rouge distribuaient eau et nourriture en priorité aux centaines d'enfants et de bébés. «C'est très dur ici. Il y a tellement de gens. Nous ne savons pas ce qui se passe», témoignait Hassan Cheikh-Hassan, un étudiant en droit syrien de 25 ans.

«Nous avons parlé avec la police et ils ne nous laissent pas partir», déplorait Abdullah Janabi, venu avec un groupe de jeunes Syriens originaires d'Alep. «Nous avons de l'argent et des passeports, mais nous sommes pris au piège ici.»

Pour passer

Le premier ministre croate, Zoran Milanovic, a réaffirmé que Zagreb voulait laisser passer les migrants vers d'autres pays. «Nous ne voulons ni ne pouvons les garder en Croatie. Personne ne peut nous y contraindre. Nos ressources sont limitées», a-t-il déclaré, cité par l'agence croate Hina.

À la frontière serbo-hongroise, au poste-frontière de Horgos-Röszke, environ 300 migrants étaient toujours massés sous un soleil de plomb. La tension est toutefois retombée après les violences de la veille, qui ont fait 14 blessés parmi les policiers, selon les autorités. Des migrants ont aussi fait état de blessés dans leurs rangs.

Parallèlement, en Turquie, des centaines de Syriens cherchent une porte d'entrée terrestre vers la Grèce pour rejoindre le flux des migrants sans passer par la mer où les naufrages meurtriers se succèdent. Plusieurs centaines de migrants continuaient jeudi de camper aux abords de la ville d'Edirne, frontalière de la Grèce et de la Bulgarie, bloqués par la police turque.

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