• Le Soleil 
  • > Les alumineries coûtent cher à Hydro-Québec: plus de 3 milliards$ 

Les alumineries coûtent cher à Hydro-Québec: plus de 3 milliards$

(Québec) Les contrats secrets signés avec quatre grandes alumineries il y a plus de 20 ans continuent de coûter cher à Hydro-Québec. On parle maintenant d'un man­que à gagner d'au moins 3 milliards $ dans les coffres de la société d'État.

Les données compilées par Le Soleil démontrent surtout qu'Hydro-Québec n'a jamais pu tirer profit de ces ententes dites à partage de risques.

Selon Hydro-Québec, le manque à gagner de ces contrats particuliers signés avec ces gros clients énergivores s'est élevé à 81 millions $ au cours des six premiers mois de 2008.

L'an dernier, Hydro-Québec a vu ces contrats rapporter 54 mil­lions $ de moins que prévu. En 2006, le manque à gagner s'est chiffré à 33 millions $ et à 94 millions $ en 2005.

En vigueur depuis 1987, ces contrats (dont la formule de prix varie selon le prix mondial de l'aluminium et le dollar canadien) sont libellés en dollars américains.

Le manque à gagner se veut la différence entre les revenus réels encaissés des quatre alumineries et les revenus générés par Hydro-Québec si elle avait appliqué le tarif L.

À l'origine, les ententes offraient des tarifs très bas aux alumineries. Avec le temps, les prix devaient toutefois rejoindre le tarif industriel régulier d'Hydro-Québec, le tarif L. Or, après 21 ans, force est de constater que les contrats signés par Hydro-Québec n'ont jamais été rentables.

«Cela a été très profitable pour nous, reconnaît Christian Van Houtte, porte-parole de l'Association de l'aluminium du Canada (AAQ). Mais que voulez-vous, c'est l'histoire d'un contrat à partage de risques.»

Depuis le 1er avril, le tarif L se situe à 4,26 ¢ le kilowattheure pour les clients de grandes puissances. Les clients résidentiels d'Hydro-Québec paient quant à eux 7,33 ¢ du kilowattheure.

Ententes négociées de bonne foi

Chez Hydro-Québec, on soutient que les ententes avec les alumineries devaient au départ être pa­yan­tes sur une durée de 24 ans, avec un prix d'aluminium moyen de 75 ¢ US la livre. À ce prix, les alumineries auraient été facturées au tarif L. «L'idée était de faire de l'argent avec ces contrats», indique le chef financier de la société d'État, Daniel Garant.

Mais voilà, comme l'économie canadienne en est une de ressources naturelles, notre huard a tendance à prendre de l'altitude lorsque les prix des matières premières s'enflamment.

Selon Daniel Garant, la formule parfaite pour la société d'État aurait été d'observer un prix élevé de l'aluminium combiné à un dollar canadien faible par rapport au billet vert. Ce qui ne s'est pas produit.

Depuis la signature de ces con­trats au milieu des années 80, les clauses sont ajustées tous les six ans. Depuis la dernière révision survenue en 2003, le tarif L a été haussé à sept reprises.

Christian Van Houtte avance que le Québec n'a toutefois pas perdu beaucoup au change avec ces contrats. «Depuis 1985, nos investissements dépassent les 17 milliards $ ici, alors que les alumineries impliquées dans ces contrats emploient plus de 4500 personnes. Ce n'est pas rien.»

Le professeur d'économie et spécialiste des questions énergétiques de l'Université Laval, Jean-Thomas Bernard, n'est toutefois pas de cet avis.

D'après lui, le même kilowattheure vendu ici à la grande industrie à près de 4 ¢ le kilowattheure vaudrait jusqu'à 9 ¢ sur le marché de l'électricité aux États-Unis. «À ce compte-là, on est mieux de vendre notre électricité aux Américains, l'aventure risque d'être davantage rentable», fait-il valoir.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer