À Montréal, les feux d'artifice ont causé depuis 2002 des sommets de pollution qui peuvent s'avérer nuisibles pour les personnes qui souffrent de difficultés respiratoires (asthme, emphysème, etc.). Dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, on a mesuré des concentrations de particules fines jusqu'à 10 fois supérieures à la normale les soirs de feux.
Il n'y a pas de danger que ça se produise à Québec, estime Marco Thibault, porte-parole de la Direction de santé publique de la capitale. «Géographiquement, ce n'est pas du tout pareil.» La plupart du temps, explique-t-il, les émanations des pièces pyrotechniques se dispersent au-dessus du fleuve Saint-Laurent en raison des conditions climatiques particulières à la région.
Question préoccupante
Il s'agit d'une question «préoccupante», reconnaît Marcel Dallaire, le président-directeur général des Grands Feux Loto-Québec. Son organisation a d'ailleurs fait effectuer une étude sur la question, en collaboration avec les autorités gouvernementales. En raison de la chute et de la configuration du site naturel, il se forme un panache de fumée à l'est, où les concentrations de particules fines sont de 274 microgrammes par mètre cube d'air, 10 fois la moyenne annuelle à Québec.
M. Dallaire fait valoir que la fumée se disperse après environ une trentaine de minutes et qu'elle n'affecte pas les gens en santé.
Depuis huit ans, des écriteaux et trois annonces, chaque soir de feux, préviennent le public qui éprouve des difficultés respiratoires et suggèrent de se trouver un autre endroit.
Pas de danger pour l'eau
D'autres études ont permis de mesurer qu'il n'y a pas d'effet significatif sur l'eau de la rivière et sur les poissons les soirs de représentation. «On n'irait pas altérer ce site magnifique unique au monde pour l'art pyrotechnique. Ce serait se tirer dans le pied.»
André Bélisle, qui s'est penché sur la question de la pollution atmosphérique, fait remarquer que les quelques grammes de souffre et de produits chimiques contenus dans les cartouches ne sont rien au regard des centaines de milliers de tonnes de polluants déversés dans l'atmosphère chaque année. Il s'agit, somme toute, d'une pollution très relative. «C'est très polluant, mais ça dure trois heures par année. Ce n'est rien du tout comparé aux rejets industriels et à la pollution des transports que les gens endurent à l'année longue», nuance M. Bélisle, le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).
On sait que les vents dominants poussent en effet les émissions des grands centres urbains de la côte est américaine, du Midwest américain, des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. Celles-ci viennent parfois «mourir» au-dessus de Québec.
Chaque année, 400 habitants de la capitale meurent prématurément à cause de la pollution de l'air.
Ce n'est pas tout. La nature paye aussi un lourd tribut. «La pollution atmosphérique dégrade chaque écosystème d'importance du Nord-Est (en Amérique du Nord), endommageant les forêts, les lacs, les rivières, les milieux humides et les zones côtières», lit-on dans le rapport Threats from Above du Nature Conservancy dévoilé en début de semaine.