Dans un mémoire de 14 pages présenté à la Ville, les trois principales entreprises préviennent que des dédommagements pourront être réclamés si les immenses publicités en bordure des routes sont bannies. Pour elles, mais aussi pour les nombreux propriétaires terriens louant de l'espace et tirant d'importants revenus de cette activité.
Dénonçant «avec vigueur» cette «limite sévère à la liberté d'expression», les compagnies Astral Média, Pattison et CBS espèrent toujours convaincre la Ville de revenir sur sa décision de bannir les panneaux-réclames d'ici 2014.
Elles refusent catégoriquement de voir leurs installations comme de la pollution visuelle. Au contraire, plaident-elles, leurs structures contribuent plutôt à embellir le paysage urbain.
«La présence dans un milieu urbain de panneaux-réclames est plutôt susceptible de contribuer à un embellissement du décor plutôt qu'à sa détérioration», estime le Regroupement de l'industrie de l'affichage formé au lendemain de l'annonce du nouveau règlement d'urbanisme.
S'estimant victime de «préjugés tenaces», l'industrie insiste pour dire que ses structures «rehaussent (le paysage urbain) en brisant la monotonie des lieux ou en cachant des éléments peu esthétiques». Sans elles, les murs aveugles ? sans fenêtre? et les stationnements offriraient un spectacle désolant, peut-on lire dans le mémoire du Regroupement.
Jugés comme des éléments de pollution visuelle par la Ville, les panneaux-réclames devraient plutôt être vus comme des oeuvres, soutient l'industrie. «Les messages affichés sur ces panneaux-réclames ajoutent souvent une touche artistique, qui est autrement presque totalement absente du décor urbain.»
Au-delà des critères esthétiques, le Regroupement anticipe évidemment des pertes d'emplois et de revenus. Question d'en avoir le coeur net, la coalition a d'ailleurs mandaté une firme pour chiffrer les pertes qu'entraînera le règlement d'urbanisme.
Elle propose à la Ville de partager les coûts de cette étude, déplorant au passage que Québec n'ait pas déjà réalisé un tel exercice avant de présenter les nouvelles règles.
Le mémoire soutient d'ailleurs que la Ville se trompe si elle pense voir l'industrie continuer à afficher dans des abribus après le démantèlement de ses immenses affiches.
Ces derniers «font partie d'une offre globale de produits et ne peuvent être maintenus artificiellement sans la rentabilité apportée par les panneaux-réclames».