Luca Fortin en nomination à l'Archiprix Hunter Douglas Awards

Luca Fortin, originaire d'Alma, a un parcours jalonné de succès. Talentueux et... (Courtoisie)

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Mélissa Bradette
Le Quotidien

Luca Fortin, originaire d'Alma, a un parcours jalonné de succès. Talentueux et créatif, cet artiste en art visuel et stagiaire en architecture a pour son dire que «l'art doit nourrir l'architecture et l'architecture nourrir l'art». C'est d'ailleurs ce mariage entre ces deux créneaux qui fait la distinction de ses projets. dailleurs ce trait particulier qui lui a valu de voir son travail récompensé à plusieurs reprises au cours de la dernière année.

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Le projet Le passage du Sault s'implante sur la rivière Montmorency, au site des installations du barrage hydro-électrique de la centrale des Marches-Naturelles.

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Exploitant le désir grandissant de personnalisation des rituels entourant la mort chez les contemporains, Le passage du Sault se veut un lieu dédié pour la dissipation des cendres humaines mettant de l'avant l'image onirique des eaux comme potentiel de signification.

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En mars dernier, Luca Fortin a participé à une résidence d'artiste à Beijing, en Chine. Puis en mai, le collectif Fontaine/Fortin/Labelle, dont il fait partie, s'est vu décerner un prestigieux prix au concours d'envergure internationale Architizer A+ Awards, à New-York, pour son installation «Petite Vie», réalisée dans le cadre du parcours d'art public Les Passages insolites. Cette oeuvre était installée dans le Vieux-Québec. Dernière distinction en lice, on apprenait cette semaine que Luca Fortin est nominé à l'Archiprix Hunter Douglas Awards pour son projet de fin d'étude à la maîtrise en architecture.

Son projet, intitulé Le passage du Sault : le lit de la rivière Montmorency pour reposer en paix, fait partie des 23 projets nominés parmi les 385 projets soumis. Le gagnant sera annoncé lors de la cérémonie du prix Ahmedabad, en Inde, le 10 février 2017. Le jury international de l'Archiprix 2017, événement biennal, est formé de Bimal Patel (Inde), Frida Escobedo (Mexique), Yttje Feddes (Pays-Bas), Marina Tabassum (Bangladesh) et Steven Smith (Grande-Bretagne), des personnalités de renoms dans le monde de l'architecture .

«Cette nomination est très motivante, d'autant plus que le concept de mon projet entoure un thème sensible, soit la mort. Je suis très fier que les membres du jury, qui proviennent de pays et de cultures diverses, aient choisi mon projet, puisque cela démontre que la qualité de ce dernier a permis d'outrepasser les frontières culturelles et religieuses quant au thème porteur : la mort», affirme le jeannois.

«Au delà de la reconnaissance, l'Archiprix constitue aussi une expérience fort enrichissante, puisque j'irai en Inde pour participer à un atelier de travail avec les 22 autres finalistes durant la semaine précédent la remise des prix. Ce sera l'occasion de côtoyer des personnes très talentueuses et de réfléchir ensemble à travers des projets collectifs.»

Le passage du Sault : le lit de la rivière Montmorency

Lorsqu'on demande à Luca d'où lui vient l'inspiration de son projet, ce dernier avoue qu'il y a longtemps que le thème de la mort exerce une certaine fascination chez lui. Le fait que la mort soit devenue une industrie lucrative l'interpellait aussi. Par son projet, il voulait créer un lieu gratuit qui profiterait à l'ensemble de la collectivité.

«Le choix de l'incinération comme principale méthode de dissipation des corps sur le marché funéraire québécois fait apparaitre une véritable industrie où l'importance du rituel a laissé sa place à des services personnalisés qui tentent de faire un peu de sens là où il semble ne plus en avoir pour personne. En cette période de sécularisation, les nouvelles pratiques de deuil confrontent les tensions opposant l'expérience de la mort pour le disparu et l'expérience du deuil pour ceux qui restent. C'est pourquoi il s'avère nécessaire de repenser la place des morts au sein de la ville contemporaine à travers ces enjeux que sont le singulier et l'universel, le présent et l'immortel ainsi que l'individuel et le collectif. Exploitant ce désir grandissant de personnalisation des rituels entourant la mort chez les contemporains, Le passage du Sault se veut un lieu dédié pour la dissipation des cendres humaines mettant de l'avant l'image onirique des eaux comme potentiel de signification. Voyage intemporel, on s'y rencontre mais ni l'un ni l'autre n'y reste. Pour les vivants, il s'agit d'un lieu d'arrêt. Pour les morts, il s'agit d'un lieu de départ. Un lieu où les chemins maintenant séparés se rencontrent, mais ne se croisent jamais. Il s'agit d'une invitation à l'émersion des souvenirs ainsi qu'un appel du cycle de la vie auquel nous appartenons», explique le stagiaire en architecture.

«J'ai choisi d'implanter le projet sur la rivière Montmorency, au site des installations du barrage hydroélectrique de la centrale des Marches-Naturelles. Il s'agit d'un site intime situé en amont et à proximité des célèbres chutes Montmorency, permettant à l'eau de la rivière de rejoindre le fleuve Saint-Laurent. Le site présentant dans sa forme actuelle plusieurs qualités, il fallait trouver un équilibre entre intervenir et ne pas intervenir. Ma stratégie fut de tout mettre ce que j'avais en tête pour parvenir ensuite à conserver l'essentiel.»

Un nom à retenir

Luca Fortin, qui est diplômé de l'école d'architecture de l'Université Laval, travaille actuellement pour BlackOut Design, cette firme de Québec se spécialise en idéation et conception d'éclairage et d'effets visuels. Il poursuit aussi sa carrière en arts visuels, où il connaît aussi beaucoup de succès. Depuis maintenant 5 ans, son travail est présenté dans des centres d'artistes et certaines de ses oeuvres font parties de collections importantes, comme celle de Loto-Québec. À l'automne 2017, Luca effectuera un retour en terre jeannoise alors qu'il réalisera une première exposition solo, au Centre Sagami d'Alma.

Luca Fortin est assurément voué à un avenir prometteur. Retenez bien ce nom, vous risquez de l'entendre à nouveau!

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