Visite inédite de la cathédrale de Chicoutimi

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Claudie Laroche
Le Quotidien

Religieux ou non, il faut reconnaître que les Églises font partie du patrimoine bâti des villes et villages du Québec. La plupart d'entre elles renferment des sculptures et oeuvres d'art phénoménales. À Chicoutimi, la cathédrale Saint-François-Xavier, surplombant la rue Racine, est sans contredit un monument architectural imposant comportant lui aussi son lot d'histoire. Le Toit & Moi a eu la chance d'avoir un accès privilégié à cette construction datant de 1922.

Deux incendies, trois cathédrales

La première cathédrale de Chicoutimi a été construite en 1878 selon les plans de l'architecte Joseph Ferdinand Peachy. Celle-ci n'avait qu'un seul clocher, au centre, et sa façade était tournée vers la rue Bégin de sorte qu'elle était orientée vers Jérusalem (vers l'est). Cette dernière fut détruite lors du Grand feu de Chicoutimi le 24 juin 1912 alors que l'incendie avait débuté dans la cuisine du Château Saguenay, coin Racine et Salaberry. Il s'étendit et détruit la Cathédrale, le Château Saguenay, l'Hôtel Chicoutimi, le Séminaire de Chicoutimi, le Couvent du Bon-Pasteur et une centaine de maisons. À l'époque, aucun décès n'avait été constaté, mais plus de 200 familles s'étaient retrouvées à la rue.

Puisque la cathédrale faisait la fierté de la ville et réunissait les fidèles, la construction d'une deuxième cathédrale était nécessaire. Oeuvre de l'architecte René Pamphile Lemay, elle est construite faisant face au nord, suivant un plan presque identique à celui de la cathédrale actuelle. Elle est inaugurée en 1915, mais brûlera à son tour le 16 février 1919.

C'est ainsi que naît la troisième cathédrale qui surplombe toujours la rue Racine à Chicoutimi. Récupérant les plans de René Pamphile Lemay, Armand Gravel et Alfred Lamontagne sont les architectes de cette nouvelle cathédrale qui sera inaugurée le 26 février 1922. De style néo-classique, son double clocher, sa façade de forme triangulaire sur base horizontale (à fronton), son parvis étagé, ses dorures et ses boiseries constituent ses principales caractéristiques architecturales.

La visite inédite

De l'extérieur, cette construction demeure impressionnante en grosseur et en hauteur. Sise sur les fondations de la deuxième cathédrale, elle comporte plusieurs particularités intéressantes qui la rendent unique.Seul un oeil attentif comme celui de M. Daniel Paiement, architecte, peut remarquer autant de détails. La brique ornant ce bâtiment est faite de pierre de granit, un matériau noble normalement dispendieux : « C'est probablement grâce au granit que la deuxième cathédrale a mieux résisté au feu. Ce matériau est beaucoup plus résistant et était présent en grande quantité dans la région à l'époque. Normalement, on retrouverait beaucoup plus de calcaire dans ce genre de construction », élabore l'architecte, qui fait remarquer en même temps une porte-fantôme sur le côté gauche de la cathédrale. « Elle menait à un escalier qui montait jusqu'au jubé. Aujourd'hui, elle ne mène nulle part », explique-t-il.

Une fois à l'intérieur, Daniel Paiement, en compagnie de sa conjointe, Maude Thériault, aussi architecte, et de l'abbé Jean Gagné, prêtre-modérateur de l'unité pastorale de Chicoutimi-Laterrière, guide le groupe dans un couloir sous-terrain menant à la crypte. Aménagée dans les années 60, celle-ci est un endroit où sont portés les corps des évêques du diocèse pour leur dernier repos. Les murs, faits de pierre de terre cuite, la lumière et l'ambiance font la particularité de ce lieu austère.

Toujours au sous-sol, Daniel Paiement fait remarquer, dans l'entrepôt de l'organisme de la Saint-Vincent-de-Paul, les vestiges de l'ancienne fondation de la deuxième cathédrale, qui a été réutilisée et solidifiée à l'aide de poutres.

M. Paiement tenait aussi à démontrer la solidité de la structure de la cathédrale. Il fait donc un détour vers les hauteurs du toit de la cathédrale pour faire sa démonstration.  En fait, les poutres métalliques qui soutiennent la cathédrale seraient bâties selon le même procédé que la construction du pont de Québec au début du 20e siècle. La technique est impressionnante.

Après avoir visité tous ces détails inusités, le groupe met les pieds dans la nef. Nul ne peut demeurer passif devant autant de détails, de travail et de somptuosité. Ne sachant plus où regarder, Mme Maude Thériault apporte des précisions quant au ciborium situé à l'arrière de l'autel. Cette construction avait été enlevée en 1968, sous prétexte d'adaptation liturgique. Ce n'est que pendant les années 90 que la firme Daniel Paiement Architecte a eu le mandat de la restaurer. Aujourd'hui, elle constitue un monument qui ne passe pas inaperçu.

D'autres sculptures et ornements font partie intégrante de ce monument de la rue Racine à Chicoutimi. Les détails sont d'une magnificence incontestable. Les fresques, les vitraux, les peintures et les sculptures ornementent murs et plafonds de cette somptueuse construction qui renferme encore des trésors incontestables de plusieurs époques confondues. Cette visite dans la cathédrale Saint-François-Xavier inusitée aurait pu durer des jours à contempler chaque oeuvre d'art avec soin.

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