Kénogami: une ville de compagnie qui a marqué l'histoire

  • La maison de ferme Lévesque, construite vers 1911-1912. (Centre d'histoire Sir William Price)

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    La maison de ferme Lévesque, construite vers 1911-1912.

    Centre d'histoire Sir William Price

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  • La maison de ferme Lévesque, située au 3672 rue Viens, est un beau vestige de ce passé rural du secteur de Kénogami (anciennement le 3e rang de la paroisse de Jonquière). Ccette résidence arbore les principales caractéristiques de la maison rurale québécoise: toiture à deux versants, espace de comble habité, rehaussement du sol important. (Mélissa Bradette)

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    La maison de ferme Lévesque, située au 3672 rue Viens, est un beau vestige de ce passé rural du secteur de Kénogami (anciennement le 3e rang de la paroisse de Jonquière). Ccette résidence arbore les principales caractéristiques de la maison rurale québécoise: toiture à deux versants, espace de comble habité, rehaussement du sol important.

    Mélissa Bradette

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  • Secteur du parc Alonzo-Gravel, quartier des Anglais. (Mélissa Bradette)

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    Secteur du parc Alonzo-Gravel, quartier des Anglais.

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  • Maison de cadres, quartier des Anglais. (Mélissa Bradette)

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    Maison de cadres, quartier des Anglais.

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  • Maison de style néo-Tudor. (Mélissa Bradette)

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    Maison de style néo-Tudor.

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  • La Villa Price, la «guest house» de la compagnie, était à l'origine la maison du gérant de la papeterie, le Major Edward Flynn. Aujourd'hui, ce chef-d'oeuvre architectural mariant architecture normande et style Néo-Tudor abrite le restaurant Villa Pachon. (Mélissa Bradette)

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    La Villa Price, la «guest house» de la compagnie, était à l'origine la maison du gérant de la papeterie, le Major Edward Flynn. Aujourd'hui, ce chef-d'oeuvre architectural mariant architecture normande et style Néo-Tudor abrite le restaurant Villa Pachon.

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  • Maison de la rue Perron, quartier des Anglais. (Mélissa Bradette)

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    Maison de la rue Perron, quartier des Anglais.

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  • Les maisons en bardeau de cèdre rappellent quelque peu l'architecture américaine contemporaine (shingle style). (Mélissa Bradette)

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    Les maisons en bardeau de cèdre rappellent quelque peu l'architecture américaine contemporaine (shingle style).

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  • Les maisons en bardeau de cèdre rappellent quelque peu l'architecture américaine contemporaine (shingle style). (Mélissa Bradette)

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    Les maisons en bardeau de cèdre rappellent quelque peu l'architecture américaine contemporaine (shingle style).

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  • Les chaînages d'angle contre le stuc et les chevrons apparents de cette maison de la rue Perron rappellent les manoirs et les fermes de campagne anglaise. (Mélissa Bradette)

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    Les chaînages d'angle contre le stuc et les chevrons apparents de cette maison de la rue Perron rappellent les manoirs et les fermes de campagne anglaise.

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  • Maisons d'ouvriers. (Mélissa Bradette)

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    Maisons d'ouvriers.

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  • Jumelés du quartier ouvrier. (Mélissa Bradette)

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    Jumelés du quartier ouvrier.

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  • L'hôtel de ville de Kénogami fut érigé en 1917. Puis, on procéda à l'agrandissement du bâtiment en 1921. L'apparence actuelle de l'édifice date de 1932. (Mélissa Bradette)

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    L'hôtel de ville de Kénogami fut érigé en 1917. Puis, on procéda à l'agrandissement du bâtiment en 1921. L'apparence actuelle de l'édifice date de 1932.

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  • Construit en 1927, le bureau de poste porte la signature de l'architecte Alfred Lamontagne. (Mélissa Bradette)

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    Construit en 1927, le bureau de poste porte la signature de l'architecte Alfred Lamontagne.

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Mélissa Bradette
Le Quotidien

(saguenay) Kénogami, ville de compagnie fondée par Sir William Price, possède une histoire et un patrimoine bâti d'une grande richesse. Cette ville, dont l'aménagement et le développement spatial ont été planifiés par la Price Brothers, au début du Xxe siècle, constitue un modèle d'urbanisme.

Tant au niveau des plans des rues, que de l'architecture des maisons, tout a été pensé dans le but de créer un tissu urbain et un milieu de vie harmonisé.

Un site stratégique

Homme d'affaires très avisé, Sir William Price (le troisième du nom) était âgé d'une vingtaine d'années, lorsqu'il décida de se lancer dans l'ambitieux projet d'implanter une papeterie d'envergure au Saguenay.

Les terres qui servirent à établir la municipalité de Kénogami furent acquises en 1909. Celles-ci étaient rattachées à la paroisse de Jonquière et appartenaient aux familles Angers, Bergeron, Bouchard, Simard, Fortin et Harvey. Ces gens habitaient tous le 3e rang.

Sir William Price choisit d'établir sa ville et son usine sur ce terrain au nord du Canton de Jonquière, parce que ce site comportait de nombreux avantages: le terrain était relativement plat, il était situé à proximité de deux cours d'eau ayant accès aux concessions forestières de la compagnie, soit la rivière aux Sables et la rivière Shipshaw et la Chute-à-Bésy offrait la force motrice nécessaire pour actionner les meules. De plus, l'endroit était situé à proximité de l'usine de Jonquière, qui depuis 1909, possédait la première machine à papier de la région.

La construction de la ville-compagnie débuta officiellement en juin 1911. L'élément qui donna l'axe à tout le chantier de construction fut le chemin de fer. Il s'agit du premier élément qui fut construit. La voie ferrée relie Kénogami à Jonquière, où elle vient se joindre à celle du Canadien National. La voie ferrée menant à l'usine agit aussi comme une «frontière» dans la ville de Kénogami, puisqu'elle sépare le quartier ouvrier et le quartier des Anglais.

On confia la réalisation des plans de l'usine à l'architecte new-yorkais Georges F. Hardy, tandis que le plan d'arpentage de Kénogami fut dessiné par l'arpenteur Elzéar Boivin, qui s'inspira du modèle des villes de compagnies traditionnel, soit le plan quadrillé (en damier). Ainsi, lorsqu'il créa le plan de la ville, l'arpenteur prit soin de créer des espaces clos, des réservoirs d'ouvriers, où tout se trouvait à proximité et choisit des tracés qui se voulaient utilitaires et fonctionnels. L'objectif d'un tel aménagement de l'espace était de créer une ville impersonnelle, mais très fonctionnelle et maximisant la gloire du pouvoir dirigeant. On remarque aussi que l'artère commerciale, soit la rue Sainte-Famille, sépare la ville d'est en ouest et qu'elle rejoint la rue Saint-Dominique, l'axe commercial de Jonquière.

Autre détail, à l'origine, les rues dans l'axe Nord/Sud portaient des noms d'arbres et dans l'axe est-ouest des noms de grands personnages historiques. Malheureusement, de nos jours les noms d'arbres ont disparu, à la suite d'une campagne de francisation des noms de rues.

Une ville entièrement dirigée par la Price Brothers et ses filiales

C'est la Kenogami Loan, une filiale de la compagnie Price Brothers, qui fut chargée d'organiser le lotissement urbain du quartier ouvrier. Cette dernière agissait aussi à titre de «prêteur» officiel de la ville à vocation industrielle. En fait, c'est cette filiale de la Price Brothers qui prêtait aux employés de la compagnie qui s'établissaient sur son territoire.

La compagnie Price assurait le développement de la ville de Kénogami dans sa totalité, même les matériaux servant à l'édification des maisons et autres bâtiments provenaient de ses filiales. Ainsi, le bois utilisé pour construire les maisons provenait des scieries de la compagnie. Tandis que les portes, les fenêtres et les moulures des résidences de la ville de compagnie furent fournies par la Kenogami Sash and Door Factory.

Deux quartiers distincts

Kénogami se divise en deux quartiers distincts : le secteur des francophones (ouvriers) et celui des Anglais.

Quartier ouvrier

À l'Est se trouve le quartier des ouvriers, où habitaient les francophones catholiques. Les rues Lapointe et Bergeron (appelées Spruce et Birch, à cette époque) formaient le noyau initial du quartier ouvrier.

C'est dans ce secteur que vinrent s'établir, en 1912, les premiers ouvriers et leurs familles. Pour les accueillir, une quarantaine de maisons furent érigées sur les rues Bergeron, Lapointe et Price.

L'architecture d'inspiration anglaise du quartier ouvrier se veut vernaculaire. Les styles y sont beaucoup plus éclectiques que dans le quartier des notables, soit le quartier des Anglais.

Quartier des Anglais

Le quartier des Anglais est situé à l'Ouest. C'est à cet endroit que résidaient les cadres et les dirigeants de la compagnie. La majorité de ces habitants étaient de religion protestante, ce qui explique la présence de l'Église St-James the Apostle dans ce secteur.

Lorsqu'on arpente les rues Perron, de l'Acadie et Alonzo-Gravel, on remarque que l'architecture est d'influence anglaise.

Les cossus bâtiments évoquent le confort des anciens manoirs de campagnes britanniques. On y retrouve également plusieurs maisons de style néo-Tudor, style qui se caractérise par ses toits à plusieurs versants, l'usage de colombage décoratif, ses ornements artisanaux (plutôt que manufacturés), ses corbeaux (généralement faits main), ses cheminées hautes et l'usage de stuc.

Les résidences les plus luxueuses sont principalement concentrées autour du parc (rue Alonzo-Gravel).

La cité-jardin de Sir William Price

Kénogami se distinguait par son architecture, mais aussi par ses nombreux jardins résidentiels et publics. La ville de Kénogami remporta même un prix pour ses beaux jardins. On dit d'ailleurs que Aujourd'hui encore, les parcs de Kénogami (parc Price, parc Ball et parc Alonzo-Gravel) offrent des coins de verdure où il fait bon se promener et relaxer.

Plusieurs propriétaires de maisons, notamment dans le quartier des Anglais, perpétuent aussi la tradition de fleurir abondamment les terrains; ce qui contribue à conserver le cachet de campagne anglaise de ce secteur, qui fait aujourd'hui partie de la Ville de Saguenay.

Circuit patrimonial

La Ville de Saguenay a mis sur pied un circuit patrimonial permettant de découvrir toute la richesse historique et architecturale de la ville de compagnie de Kénogami. Pour en savoir davantage sur ce circuit, visitez le www.tourisme.saguenay.ca/fr/activites-et-attraits/circuits-et-tours-guides/circuits-patrimoniaux

Sources:

Dany Côté, « Kénogami: camériste de l'industrie 1912-1975, Chicoutimi (Québec), Société historique du Saguenay, Publication No. 52, 159 pages.

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