Port-Alfred: une histoire de séduction

  • Le bardeau de cèdre était souvent utilisé comme parement. (Mélissa Bradette)

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    Le bardeau de cèdre était souvent utilisé comme parement.

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  • Édifice quatre logements. (Mélissa Bradette)

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    Édifice quatre logements.

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  • Jumelé pour ouvriers. (Mélissa Bradette)

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    Jumelé pour ouvriers.

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  • Un croisement d'Avenues (plus longues) et des rues/«street» (plus courtes) caractérise l'organisation spatiale. (Mélissa Bradette)

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    Un croisement d'Avenues (plus longues) et des rues/«street» (plus courtes) caractérise l'organisation spatiale.

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  • Les maisons de la 4e Avenue se distingue par leur escalier en façade menant jusqu'à la rue. (Mélissa Bradette)

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    Les maisons de la 4e Avenue se distingue par leur escalier en façade menant jusqu'à la rue.

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  • Maison de dirigeants. (Mélissa Bradette)

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    Maison de dirigeants.

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  • Les patrons étaient logés dans deux maisons de ce type. (Mélissa Bradette)

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    Les patrons étaient logés dans deux maisons de ce type.

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  • École Médéric-Gravel. (Mélissa Bradette)

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    École Médéric-Gravel.

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Le Quotidien

(Saguenay) Ville champignon créée pour les travailleurs de l'usine de pâte chimique de la Ha! Ha! Bay Sulfite Company, Port-Alfred repose sur une histoire de grande séduction. Séduction de la population Canadienne française, principal bassin de main-d'oeuvre, mais aussi des bailleurs de fonds de la Ha! Ha! Bay Sulfite Company Ltd. Car pour mettre en place cette usine Julien-Édouard-Alfred Dubuc dut recourir à des deniers étrangers, notamment britanniques.

Cette «grande séduction» se reflète notamment dans l'architecture des bâtiments d'importance, notamment l'église Saint-Édouard, de style gothique anglais.

«D'un côté, le curé Médéric Gravel, qui voulait plaire aux dirigeants anglais de la papetière et principaux bailleurs de fonds, choisit de mettre de l'avant l'architecture de style gothique pour son église. L'appellation de la paroisse reflète aussi ce désir de séduction. Le vocable Saint-Édouard se veut un hommage à Julien-Édouard-Alfred Dubuc, initiateur de la ville de compagnie de Port-Alfred. Ce nom évoque aussi le roi d'Angleterre, Édouard le confesseur», raconte l'historien Mario Lalancette.

«D'autre part, les dirigeants anglais avaient compris qu'ils devaient s'arrimer avec les villageois pour concrétiser leurs projets. Ils ont donc apporté leur contribution à l'édification de l'église, dont le coût de construction s'élève à 100 000 $. Par exemple, c'est M. Meckee, surintendant à l'usine, qui a payé les trois cloches de l'église. Autre point intéressant, le clocher était muni d'un mécanisme relié à l'usine de Port-Alfred et c'est le moulin qui actionnait les cloches de l'église.»

L'hôtel de ville de Port-Alfred est un autre bâtiment illustrant à la fois un désir de séduction et une certaine dualité entre culture canadienne-française et anglophone. En effet, l'imposant édifice conçu dans le style des châteaux de la Renaissance française (style classique français) contraste de façon remarquable avec le style gothique anglais de l'église, située à proximité.

Port-Alfred voit le jour

Julien-Edouard-Alfred Dubuc reçut les lettres patentes pour The Ha! Ha! Bay Sulfite Company Ltd en avril 1916.

On choisit le site de Port-Alfred pour ériger la ville et l'usine en raison de ses eaux profondes et de ses terrains vierges. On décida d'édifier la ville en même temps que l'usine, puisque la proximité des employés était prioritaire pour assurer une productivité rapide. Ainsi, un énorme chantier qui fut mis en place pour ériger les infrastructures. Au moment de la construction de l'usine, en juin 1916, 400 hommes et 12 chevaux travaillaient sur le chantier.

Port-Alfred connut une croissance rapide. En 1918, 240 âmes vivaient à Port-Alfred, dont 53 familles catholiques canadiennes-françaises. Dès 1919, Port-Alfred atteignait son statut de ville. En 1922, on recensait 1420 âmes, dont 20 étrangers. Selon les registres de l'époque, 300 enfants fréquentaient l'école. En 1924, 4250 personnes et beaucoup d'étrangers habitaient la ville de compagnie.

Une ville cosmopolite

En plus de l'usine, le port en eau profonde, d'où transigeaient de nombreuses marchandises a amené à Port-Alfred une grande diversité culturelle. En fait, Port-Alfred était une ville très cosmopolite. Les bateaux qui y jetaient l'ancre venaient d'aussi loin que la Chine. Italiens, Polonais, Scandinaves, Britanniques et chinois avaient élus domicile à Port-Alfred.

Une organisation spatiale très «nord-américaine»

Le plan de la ville a été préparé dans le bureau de l'ingénieur civil et arpenteur Rodolph-E. Joron de Chicoutimi. Ce dernier aurait possiblement été aidé ou conseillé par quelque «town  planner » étasunien (selon les documents d'archives de J.E.A Dubuc).

Le plan de développement basé sur le système quadrillé se distingue par la pente montant régulièrement de la baie vers les coteaux au sud. En ce qui a trait à l'organisation spatiale, on remarque un croisement d'Avenues (plus longues) et des rues/«street» (plus courtes); une caractéristique très nord-américaine. Sur le plan quadrillé, les rues sont horizontales et les avenues, verticales.

Autre trait distinctif les voies de circulation sont odonymes «amnésiques» - c'est-à-dire qu'elles ne portent pas de noms faisant référence aux qualités physiques des lieux ou à la mémoire de son occupation - et sont plutôt numérotées: 1re, 2e, 3e rue, 1re, 2e, 3e Avenue, et ainsi de suite.

Sur le plan de l'aménagement spatial, on constate aussi qu'il existe un clivage entre les dirigeants et les ouvriers. L'usine étant très chimique, polluante, bruyante et émettant des odeurs et des poussières, on logeait les ouvriers canadiens-français du côté des vents dominants, tandis que les patrons habitaient dans les hauteurs des coteaux, à l'abri des vents dominants.

Architecture anglaise et vernaculaire

Sur le plan architectural, on dénote une nette différence entre les maisons d'ouvriers et celles des cadres.

«Les maisons d'ouvriers étaient regroupées à proximité de l'usine. On y avait érigé des maisons unifamiliales, des jumelés et des logements multiples (quatre logements), un type d'habitation plutôt rare à l'époque. Les jumelés, réputés pour être les maisons des célibataires (trois hommes y habitaient et se partageaient la chambre en alternance selon leur quart de travail: 3 hommes, 3 chiffres, une chambre), étaient considérés comme les bâtiments les plus économiques à construire pour le moulin. Selon l'évaluation municipale, ces derniers coûtaient environ 7600$ à la compagnie», note Mario Lalancette.

«À partir de la quatrième rue, on remarque que plus on avance vers le golf, plus les maisons deviennent cossues. Il s'agit de maisons de cadres. Autre détail, les maisons de contremaître sont toutes situées du même côté et sur des coins de rue. Plusieurs maisons de cadres sont d'esprit Mansart adapté à l'anglaise. En ce qui a trait aux maisons des «boss», elles sont d'architecture normande. Lorsque la compagnie commença à vendre les maisons à ses employés, dans les années 1926 à 1930, les maisons des «boss» se vendaient 10 000 $, en 2005, les mêmes maisons se vendaient environ 140 000 $, en 2016, elles valent quelque 375 000 $, si on se fit aux prix de celles actuellement sur le marché de la vente.»

Un secteur à découvrir

L'usine de Port-Alfred n'existe peut-être plus, mais les maisons de la ville de compagnies sont encore là et elles sont remarquablement bien conservées. Profitez des belles journées d'automne pour faire un tour dans ce secteur!

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Eglise Saint-Édouard.

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Église Saint-Édouard

Édifice, datant de 1927, fait partie du site du patrimoine du Noyau-Institutionnel-de-Saint-Édouard-de-Port-Alfred (formé de l'église et de son presbytère, de l'école paroissiale devenue l'école Médéric-Gravel, de l'ancien hôtel de ville de Port-Alfred et du parc Ernest Bergeron). Il est aussi au nombre des bâtiments classés au Registre du patrimoine culturel.

L'hôtel de ville de Port-Alfred a été conçu... (Mélissa Bradette) - image 3.0

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L'hôtel de ville de Port-Alfred a été conçu dans le style des châteaux de la Renaissance française (style classique français).

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Hôtel de ville de Port-Alfred

C'est en 1931 que les plans de l'hôtel de ville de Port-Alfred furent déposés par les architectes La montagne et Gravel, associés à l'architecte Sylvio Brassard. L'architecture de l'imposant édifice de style classique français est inspirée de celle du Palais de justice de Québec.

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