Une maison de 1864 retrouve sa jeunesse

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Claudie Laroche
Le Quotidien

(saguenay) M. Gagné, propriétaire d'une charmante petite maison du rang St-Paul, s'est lancé comme mission de restaurer une propriété âgée de 152 ans vouée à la démolition. Construction au revêtement de bardeau de cèdre appelé « écaille de poisson », elle a retrouvé son look d'antan grâce à cet homme qui n'a pas eu peur de l'ampleur du projet.

Un pur hasard

Pour ce propriétaire patient et passionné, le projet a vu le jour en 2006 lorsqu'il s'est présenté à la vente de garage située sur le terrain de cette vieille demeure. Il apprend alors qu'elle est disponible sur le marché de l'immobilier : « La maison aurait dû être démolie. Les autres acheteurs s'intéressaient seulement au terrain, moi c'était le projet de la rénover qui m'intéressait », explique M. Gagné.

Cette petite maison bleue émerge du lot puisqu'elle semble être la seule demeure âgée des alentours : « Des maisons aussi vieilles dans ce secteur, il n'y en a qu'une seule autre. Il faut dire qu'à cette époque, les propriétaires étaient fermiers, ils possédaient la terre du boulevard St-Paul jusqu'au boulevard Talbot ». D'ailleurs, le grenier servait à entreposer le grain, vestiges que M. Gagné a dû nettoyer lors de la rénovation intérieure. Selon ses recherches, celui-ci estime qu'à l'époque, il n'y avait qu'une cinquantaine de maisons au centre-ville de Chicoutimi.

La rénovation extérieure

Comme tout propriétaire de ce type de maison, M. Gagné planifie son projet afin de lui offrir une cure de jeunesse sans toutefois la dénaturer. C'est donc en s'intéressant à d'autres projets du même genre qu'il rencontre un artisan qui l'aidera dans ses travaux : « J'ai rencontré M. Louis Vincent alors qu'il décapait le presbytère de Laterrière. J'ai trouvé que sa technique était celle qu'il fallait pour ma maison. », relate-t-il. À la suite de cette rencontre, les deux hommes ont fait équipe et ont mis un été à refaire le revêtement extérieur.

Technique

M. Gagné explique que M. Vincent avait une technique bien particulière qui allait lui permettre de restaurer le revêtement de façon moins agressive que la technique au jet de sable. Ces deux passionnés de rénovations ont en fait utilisé un décapant sur toute la maison, avant de le laisser reposer pendant une nuit complète sous une toile de polythène. Ensuite, ils ont rincé le produit à l'eau afin d'enlever toute trace du produit. Une fois le bardeau séché, ils ont procédé au ponçage. Enfin, il ne restait plus qu'à tout peinturer, et ce, entièrement au pinceau. Un travail de longue haleine.

Verrière

Qui plus est, à l'arrière de la maison se trouvait un vieil abri d'auto en très mauvais état. M. Gagné, homme aux multiples projets, décide de la transformer en verrière, mais attention, cet homme passionné de restauration n'allait pas acheter de matériaux neufs. Par souci de conserver son aspect du 19e siècle, il se procure du bois d'une grange expropriée lors de la construction de l'autoroute 70. Le résultat saura en méprendre plus d'un : seul un oeil avisé saurait deviner que cette partie de la maison est une rallonge construite au 21e siècle.

M. Gagné aura dû faire affaire avec des ébénistes locaux afin de se faire fabriquer sur mesure des outils spéciaux. Certaines parties de la maison avaient besoin d'être remplacées et ce propriétaire rigoureux devait inévitablement reproduire les mêmes détails. Le titulaire de cette jolie maison bleue conseille aux autres passionnés de restauration de « prendre le temps de regarder toutes les possibilités et d'analyser les anciennes techniques utilisées dans ce genre de projet. J'ai fait plusieurs esquisses à la main avant de me lancer et je dirais que le plus gros du travail m'a pris environ un an et demi, avec de l'aide », conclut-il.

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